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La profession est confrontée à de réelles incertitudes fiscales pour Jacques Barré, président du GNC

Vie professionnelle - mardi 1 février 2011 11:46
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75 - Paris Dans une interview exclusive, Jacques Barré, président du Groupement national des chaînes hôtelières (GNC), nous livre son sentiment sur le secteur et ce qui l'attend. Montée de la fiscalité, textes de loi inapplicables...



Jacques Barré, président du GNC.
Jacques Barré, président du GNC.

L'Hôtellerie-Restauration : Quel est le poids du GNC aujourd'hui en terme économique et comment vous situez-vous par rapport aux indépendants ?

Jacques Barré : Le GNC regroupe la quasi-totalité des chaînes hôtelières intégrées. Nous pesons 7 milliards de chiffre d’affaires et représentons 40% des chambres des hôtels classés tourisme. Et, appendice qu’on oublie aujourd’hui, plus de 50% des établissements sont indépendants. La franchise tient une place importante. Les chaînes ont le souci constant de la qualité du  dialogue et des échanges avec les indépendants. Celles-ci ont peut-être, à une époque, fait preuve d’une certaine arrogance avec les indépendants mais les choses changent. En témoigne, Accor, Louvre ou les dernières orientations de B&B décidés à accroître les  franchises. Le mode opératoire est en train de fondamentalement évoluer.

Comment fonctionnez-vous avec l’Umih ?

J. B. : Nos relations avec l’Umih datent de1994. A cette époque, les structures ont compris que se rapprocher avait un sens. Le GNC est déployé en 22 régions. Nos relais sont très proches des Umih locales, qu’il s’agisse de formation, des rapports avec l’administration, des décideurs locaux … Nous avons énormément de sujets communs et peu de divergence.  Lorsque nous nous sommes rapprochés, il y avait cinq syndicats représentatifs. Le GNC et l’Umih réunis pesaient 70% de la branche HCR. Avec le SNRTC aujourd’hui représentatif et l’Umih avec lesquels nous partageons nombre d’objectifs communs, nous représentons 80% de la branche HCR. Des positions communes ont été arrêtées, notamment lors des dernières commissions mixtes paritaires.  

Votre regard sur le secteur hôtelier en France ?

J. B. : L’hôtellerie est une source d’emplois importante. C’est 7% du PIB du tourisme. C’est un secteur qui contribue à la vie locale, qui participe à l’équilibre du territoire. Il faut prendre gare à préserver cette hôtellerie et l’aider à répondre aux contraintes réglementaires (sécurité, accessibilité…) Prenez une bonne partie des établissements qui sont au bas de l’échelle et qui sont pénalisés par les lois incendies et handicapes, quand ils vont s’arrêter, il n’y aura plus rien après eux. L’hôtellerie, c’est aussi une activité « exportatrice » : 30 à 40% de la clientèle vient de l’international, on est dans une forme d’export !

Quels sont les dossiers immédiats du GNC ?

J. B. : L’emploi et tout ce qui peut simplifier l’accès à l’emploi doivent être favorisés. Prenons la formation. Il faut absolument trouver le moyen de simplifier les choses. C’est très compliqué la formation. Tout est complexe, l’accès, les voies, les aides, les perspectives. Le secrétaire d’Etat au tourisme, Frédéric Lefebvre, en est conscient. Notre préoccupation la plus immédiate, c’est l’accessibilité. L’hôtellerie est confrontée aux nouvelles normes, à de nouvelles lois sur la sécurité et le handicap. Nous ne sommes pas en train de dire qu’il ne faut pas faire,  mais le faire avec raison. Il conviendrait de coordonner sur un même calendrier, normes, sécurité et accessibilité. Les investissements nécessaires sont très importants, et peuvent être pour certains indépendants inaccessibles..  Certaines exigences techniques s’avèrent impossibles à réaliser dans beaucoup d’hôtels. La possibilité légale ou règlementaire de retenir des mesures alternatives de substitution serait opportune plutôt que d’entrer dans un foisonnement de dérogations sans cohérence. L’objectif devant
être : les hôtels accueillent tous les handicaps.

Comment voyez-vous la suite du Contrat d'avenir ?

J. B. : Nous sommes dans une totale insécurité fiscale. Les chaînes ont respecté et au-delà les engagements du Contrat d’avenir. Nous avons baissé les prix, nous avons mis en place la mutuelle, la prime tva, la grille salariale... Toutes ces mesures s’appliquent à l’ensemble du personnel hôtelier, secteur qui contrairement à la restauration n’a pas bénéficié d’une baisse de tva. L’annualisation des aides Fillon sur les bas salaires et la suppression de l’exonération des charges sociales sur les repas sont venus alourdir les coûts salariaux. Ces éléments témoignent de l’instabilité fiscale dans laquelle nous sommes et qui ne concourent pas à favoriser l’investissement même si les chaines pour leur part continuent annuellement à investir 4 à 6% de leur CA. Reste que des incertitudes pèsent toujours sur le taux de TVA de la restauration dont il ne serait pas souhaitable que nous revivions les surenchères parlementaires formulées lors du projet de loi de finances 2011.

Vous pointez du doigt d’autres problématiques d’ordre fiscal, comme la taxe de séjour...

J. B. : Le montant de la taxe de séjour est associé au nombre d’étoiles de l’hôtel. La nouvelle classification va mécaniquement entraîner des augmentations. Bien sûr, c’est un problème qui doit se régler agglomération par agglomération mais il est loin d’être neutre. Certains établissements vont changer de catégorie sans aucune modification de confort ni de prix. Mais nous allons nous retrouver avec des augmentations de la taxe de séjour pouvant atteindre 30 à 40% dans certains endroits. Autre incertitude, les valeurs locatives locales qui vont être révisées dans le cadre de la CET, qui remplace la taxe professionnelle. Nous sommes sur des valeurs locatives qui datent des années 70.  Elles devraient prendre effet en 2014. L’Etat dit là encore que dans l’ensemble ce sera neutre, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’importantes augmentations en fonction de l’emplacement. Des tests vont démarrer dès février 2011 sur cinq départements : l’Hérault, le Pas de Calais, la Haute-Vienne, le Bas-Rhin et Paris. Nous devons être très vigilants par ce qui va être mis en place. L’hôtellerie est toujours très affectée par tout ce qui touche l’immobilier.

Vous sentez-vous concerné par la multiplication des chambres d’hôtes ?

J. B. : Le développement des chambres d’hôtes mérite d’être maîtrisé, sauf à déséquilibrer certains marchés hôteliers.Quand j’entends dire que certains départements ont plus de chambres d’hôtes que d’hôtels, cela me gène. Le développement des chambres d’hôtes dans la capitale ma paraît tout aussi préoccupant.
Propos recueillis par Sylvie Soubes