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Frédéric Lefebvre : la baisse de la TVA a donné d'excellents résultats en période de crise

Vie professionnelle - mercredi 19 janvier 2011 13:24
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Interview exclusive du Secrétaire d'Etat au tourisme, Frédéric Lefebvre.



Frédéric Lefebvre, Secrétaire d'Etat au tourisme.
Mention obligatoire - © MINEIE/Ph.Ricard
Frédéric Lefebvre, Secrétaire d'Etat au tourisme.

L’Hôtellerie-Restauration : Le repas gastronomique des français est désormais inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. C’est la pratique sociale du grand repas et le cérémonial qui l’accompagne qui ont été retenus. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Frédéric Lefebvre : C’est un honneur pour notre pays. Nous sommes les premiers à recevoir cette reconnaissance qui récompense la qualité des produits, le savoir-faire des professionnels mais aussi la diversité de la gastronomie : fête, casse-croûte, apéritif à la française… Il est important que nous fassions de cette distinction une chance pour les professionnels de la restauration et des métiers de bouche, mais également un atout d’attractivité pour le tourisme. Si le président de la République, Nicolas Sarkozy a tenu à porter lui-même cette candidature, c’est parce qu’il sait parfaitement que l’identité de notre pays, c’est aussi notre gastronomie, nos produits du terroir, tous les métiers d’art et du patrimoine vivant qui s’y rattachent, dont certains sont apparus avant la naissance de la République ! L’identité de la France à l’étranger passe par ces métiers et ces artisans à fort enracinement.

Le 23 septembre, 1er jour de l’automne, aura lieu, à votre initiative, la Fête de la gastronomie française. Qu’attendez-vous de cet événement ?
F. L. : D’abord, je constate et je me félicite que cette proposition ait fait l’unanimité des organisations professionnelles. Il y a un vrai enjeu pour tous ces métiers. J’ai pensé que la Fête de la musique lancée par Jacques Lang, chaque 1er jour de l’été, pouvait servir de modèle. N’oublions pas qu’elle rayonne aujourd’hui dans le monde entier. La Fête de la gastronomie française doit être un  rendez-vous populaire et convivial, un temps d’échanges entre les professionnels et la population française, entre les français tout simplement. La recette de la grand-mère contre celle innovante du jeune apprenti qui veut faire de la restauration son métier... Le professionnel qui accueille dans sa cuisine ou que l’on reçoit chez soi… D’autres rendez-vous existent déjà,  comme « Tous au restaurant », « cuisines en fêtes » et, bien sur la semaine du goût, emmenée par le savoureux Jean-Luc Petitrenaud qui fait notamment découvrir aux jeunes écoliers la qualité et la diversité des produits depuis plus de 20 ans. Pierre Lellouche proposera également des événements dans plusieurs pays pour soutenir l’exportation des produits français liés à la gastronomie. Nous sommes décidés, ministres et professionnels, à additionner nos moyens pour valoriser encore davantage l’art culinaire français. Les professionnels m’ont demandé de présider un comité de pilotage qui a pour objet de coordonner toutes ces initiatives, mes collègues du gouvernement y seront présents ou représentés. Je pense bien sûr à Bruno Lemaire ou Frédéric Mitterand qui se sont, dès le départ, investis pour soutenir la candidature du repas gastronomique français à l’Unesco. J’ai également demandé à Luc Chatel et Nadine Morano de participer. Tous les métiers de bouche, les producteurs de vin, les acteurs du secteur seront là.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, vient d’annoncer qu’il souhaitait donner aux départements d’outre-mer l’attractivité touristique qu’ils méritent. Votre sentiment ?
F. L. : Le constat sur l’activité touristique aux Antilles, Martinique et Guadeloupe, nous impose d’agir. En Martinique, nous allons travailler avec la région et le département à un plan d’actions global en faveur du tourisme. Cette impulsion nouvelle, l’Etat ne pouvait la donner qu’à partir du moment où les populations et les élus de l’Ile décidaient d’en faire une priorité. C’est aujourd’hui le cas. Le président de la République a eu l’occasion de dire lors de son déplacement en Martinique, et sous les applaudissements de milliers d’acteurs du tourisme, que “servir, ce n’est pas s’asservir”. En dix ans, la Martinique a vu le nombre de ses touristes divisé par deux. On est passé d’1 million à 500 000. Le marché des croisiéristes a été divisé par 5. Sur 403 000 habitants, 4 500 personnes seulement travaillent dans le secteur du tourisme, cherchez l’erreur. Aujourd’hui, la Martinique a pris conscience que le tourisme pouvait être moteur de croissance et de développement. Le président de la République a obtenu qu’Air France rouvre des lignes régulières entre Roissy et Fort de France, comme entre Roissy et Pointe-à-Pitre pour la Guadeloupe. Il faut maintenant nous mobiliser pour que ces avions soient remplis. Les martiniquais sont décidés à faire de la Fête de la gastronomie française un moment privilégié où ils iront chercher les clients new-yorkais, qui aiment la cuisine française et sont à 4h30 de chez eux, sans aucun décalage horaire  De même, le président de la République a décidé, alors que tout, auparavant, était fait pour investir dans les murs avec des dispositifs fiscaux, d’investir dans les hommes et en particulier dans la formation. Le CFA Médéric, à Paris, a accepté de signer un partenariat avec des écoles de Martinique. Lors de ma visite à Rungis le 19 janvier, un jeune chef martiniquais est venu  vanter la qualité des produits ‘bio’. 

On parle d’une révision du calendrier scolaire. Votre position ?
F. L. : Je tiens à tordre le cou à l’idée que l’intérêt des enfants et des familles divergerait  de celui des professionnels de l’accueil et du tourisme. Tous les enfants et leurs parents, quelque soient leurs revenus ont droit à des vacances dans de bonnes conditions. Il ne faut pas que ce soit le privilège des plus aisés. Luc Chatel, qui a lui-même été passionné par le tourisme lorsqu’il en était en charge, est parfaitement conscient qu’il faut aboutir à un résultat gagnant/gagnant. L’étalement des vacances d’été est impératif autant pour les consommateurs que pour les professionnels du tourisme. Dans le cadre de ma mission, je me mets du côté des français, de tous les français, avec l’objectif, chaque jour, d’apporter des solutions pour améliorer leur quotidien.

Etes-vous convaincu par la baisse de la TVA à 5,5% en restauration ?
F. L. : Le président de la République l’a arrachée à une Europe qui était réticente. Ce n’est pas un cadeau fait à la profession, mais le rétablissement d’un équilibre. Ce taux réduit, contrairement à ce qu’on a pu croire à un certain moment, a donné d’excellents résultats en période de crise. On a réduit de 17% les faillites et créé dans le même temps 30 000 emplois, là où les objectifs étaient de 20 000. La situation des salariés a été améliorée autant pour les salaires que pour la protection sociale. Je salue d’ailleurs le nouvel accord salarial conclu mercredi 12 janvier en souhaitant qu’il soit approuvé le plus largement par les organisations professionnelles. Récemment, un patron d’un restaurant m’a rappelé qu’il payait tout son personnel au dessus du Smic. Depuis le 1er janvier, la profession s’est dotée d’une mutuelle obligatoire en faveur de ses salariés. Tous ces progrès c’est parce que la restauration a joué le jeu qu’ils ont été possibles. Je veux aujourd’hui que ce qui a servi d’amortisseur pendant la crise serve d’accélérateur de la reprise. Je vais revoir tous les acteurs de la profession pour fixer avec eux de nouveaux objectifs, d’abord en matière d’investissement. N’oublions pas qu’investir, c’est préparer demain, et générer de la croissance et de l’emploi. Par ailleurs, si on est capable en période de crise d’être très bon,  je pense qu’on doit être encore plus ambitieux en sortie de crise. Si les professionnels sont désireux de s’engager, l’Etat l’est aussi.

Comment voyez-vous l’avenir de l’investissement hôtelier ?
F. L. : Le nouveau classement hôtelier est essentiel et il nous appartient de favoriser la mobilisation des outils comme Oséo, même si celui-ci n’est pas perçu comme suffisamment réactif actuellement. Cet accompagnement à la modernisation indispensable du secteur fait partie des sujets dont nous discuterons en amont de la signature du nouvel avenant au contrat d’avenir. Je dois rencontrer Frédéric Mitterand. Nous voulons, l’un et l’autre, valoriser le patrimoine français en y développant de nouveaux établissements, dans l’esprit des paradores en Espagne, par exemple. Je crois aussi que nous devons réfléchir à la réduction ISF pour l’investissement et l’utiliser dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine au profit des petits commerces. C’est un moyen de rapprocher utilement les banques, les contribuables, les TPE et les PME à l’échelon local.

L’application des normes incendie va-t-elle pouvoir être repoussée à 2015, comme le demande la profession ?
F. L. : Je suis favorable à un alignement sur l’accessibilité, à condition que les préfets et leurs services fassent le tour des établissements et imposent, dans un premier temps, à tous ceux qui présenteraient des risques immédiats, de conduire les travaux en urgence. On ne peut pas jouer avec la sécurité des personnes. Ce sujet fait l’objet actuellement de discussions interministérielles. Concernant l’accessibilité, nous devons arriver à 5% des chambres accessibles aux handicapés en incitant le plus grand nombre à avoir très rapidement au moins une chambre aux normes. Dans certains lieux ou village, là où il y a de tous petits établissements, je pense qu’il faut regarder comment il est possible d’inciter, dès maintenant, à l’aménagement progressif  des établissements afin qu’une offre locale d’hébergement adaptée soit disponible avant 2015. On peut aussi  mutualiser les engagements. C’est-à-dire, répartir l’offre sur plusieurs établissements. C’est une proposition que je suis en train de faire au Ministère de l’Intérieur.
Propos recueillis par Sylvie Soubes