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Affaire Veyrat-Michelin : le tribunal rendra sa décision le 31 décembre

Restauration - mercredi 27 novembre 2019 17:57
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Le 27 novembre, au tribunal de grande instance de Nanterre, les avocats du chef Marc Veyrat et celui du guide Michelin ont plaidé. Le président du tribunal a reporté sa décision au 31 décembre prochain.



Le tribunal de grande instance de Nanterre, cadre de la première joute entre Marc Veyrat et le guide Michelin.
Le tribunal de grande instance de Nanterre, cadre de la première joute entre Marc Veyrat et le guide Michelin.

La perte de sa 3ème étoile pour La Maison des Bois à Manigod, un an après l’avoir obtenue, a été un grand choc pour Marc Veyrat. Le chef savoyard s’est interrogé et a demandé à rencontrer Gwendal Poullennec, directeur des guides Michelin : les inspecteurs sont-ils passés ? Qu’ont-ils observé qui méritait la perte de la 3ème étoile ? La rencontre du 12 mars dernier a été houleuse et les deux parties n'en fournissent pas la même version. Marc Veyrat prétend que Gwendal Poullennec a invoqué une saint-jacques cotonneuse et la présence de cheddar dans l’une de ses spécialités. « Le fond de l’action est simple, le guide Michelin a dit à Marc Veyrat, on vous a enlevé la 3ème étoile à cause d’une saint-jacques alors que c’était un foie de lotte du Lac Léman et nous avons été heurtés de trouver du cheddar tandis que c’était une recette complexe à base de tomme, de reblochon et de beaufort », lance Emmanuel Ravanas, avocat de Marc Veyrat, qui demande « les causes réelles de la rétrogradation avec la présentation de l’intégralité des documents justifiant du passage des inspecteurs ainsi que l’intégralité des éléments sur la base desquels a été décidé de lui retirer la 3ème étoile ». Il demande également les noms des inspecteurs, diplômes et expériences professionnelles en matière culinaire et de gastronomie ayant participé aux guides 2018 et 2019 pour la recommandation de l’établissement. De plus, Marc Veyrat réitère sa demande de ne plus être référencé dans le guide Michelin.

Côté Michelin, on réfute les propos rapportés par Marc Veyrat quant à l’entretien du 12 mars dernier. On invoque la protection de l’anonymat des inspecteurs qui garantit une évaluation dans les conditions du client. Aussi, la production des documents demandés ferait sauter l’anonymat des inspecteurs. Par ailleurs, Richard Melka, l’avocat du guide, souligne qu’"il n’existe pas de procès verbaux de toutes les réunions qui aboutissent à l’évaluation de milliers d’établissements ». Donc même avec la meilleure volonté, certaines pièces demandées par le chef savoyard ne pourraient lui être transmises.

"Monsieur Veyrat n’a jamais remis en cause l’attribution des étoiles quand il en bénéficiait et soudainement, quand il en a une de moins, il fait des procès. Serait-il un mauvais perdant ?, s'interroge Richard Melka,  Ou peut-être les étoiles qu’ils avaient avant n’avaient-elles aucune valeur puisqu’il remet en cause les critères d’attribution".

Pour l’avocat de Michelin, Richard Melka, l’action du chef ne vise qu’à « interdire à un critique de recommander tel ou tel établissement dès lors que son propriétaire ne le souhaiterait pas », ce qui correspondrait à une « extraordinaire restriction de la liberté d’expression ». Cela ouvrirait « un droit à tout auteur de films, livres, d’œuvres ou de créations quelconques de s’extraire du champ de la critique et des recommandations au public ». « Monsieur Veyrat cherche à remettre en cause un principe de libre critique, de liberté d’expression. On a le droit d’exprimer un avis, une opinion. Le guide Michelin n’a fait que dire que Monsieur Veyrat est excellent plus que génial. Monsieur Veyrat ne l’accepte pas".

Les deux parties avaient bien fourbi leurs armes et arguments. C'est au tribunal de trancher. Il va falloir attendre la prochaine audience prévue le 31 décembre 2019. Et il y a fort à parier que l'affaire connaîtra des rebondissements en 2020. 

 

#michelin #veyrat

 


Nadine Lemoine
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