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Les restaurants ouvriers sont-ils victimes d'acharnement ?

Restauration - mercredi 20 juin 2018 15:46
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29 - Finistère L'application depuis 2015, par l'Urssaf, d'un décret datant de 2003, vide les restaurants ouvriers. La révolte gronde en Bretagne, une région attachée à ce type de restauration et où l'administration se montrerait particulièrement tatillonne.



L'hôtel Saint Melaine à Morlaix.
© C. Galichet
L'hôtel Saint Melaine à Morlaix.

"Pourquoi les restaurants ouvriers sont-ils si nombreux en Bretagne ? Peut-être parce que nous sommes une région frondeuse et expérimentale", tentait Catherine Galichet, co-gérante avec son compagnon de l'hôtel-restaurant Saint Melaine à Morlaix (Finistère). Ce petit établissement de 9 chambres et 70 places au restaurant accuse une baisse de 30 % de la fréquentation de sa table depuis que l'Urssaf redresse avec sévérité sa clientèle ouvrière. Une équipe de France Télévisions est même venue sur place se rendre compte du désastre. "Le décret en cause interdit aux entreprises d'offrir le repas (exonéré de charges) à ses employés si le siège de la société est à moins de 5 km du restaurant. Je simplifie car, en réalité, c'est bien plus complexe. Certes le texte existait depuis 2003, mais pourquoi l'appliquer aussi durement depuis 2015 ?", s'interroge la restauratrice qui participa, du début de la fronde, avec 25 autres personnes, à une réunion organisée à l'initiative du sénateur Jean-Luc Fichet. Un élu sensibilisé au problème par une restauratrice de la commune de Lanmeur qui souhaite rester discrète par crainte des contrôles de l'administration, mais confirme le problème. 

Le retour de la gamelle et des restaurants vides

"Ce fut d'abord l'entreprise locale de bâtiment Le Normand qui fit les frais d'un gros redressement de la part de l'Urssaf car ses salariés fréquentaient, tous les jours, mon restaurant qui se trouve à moins de 5 km de leur siège. Évidemment lorsque des travailleurs sont sur un chantier et que l'entreprise ne dispose pas de cuisine, il est du simple bon sens de se restaurer à côté. Du jour au lendemain, ils sont allés manger chez des confrères éloignés ou ont simplement repris leur 'gamelle'. J'ai saisi le sénateur-maire de ma commune qui a fait une lettre ouverte au Sénat. Jean-Luc Fichet a provoqué une réunion en présence des deux patrons de l'Urssaf de la région et de restaurateurs. Le texte est tellement complexe que les fonctionnaires n'étaient pas en mesure de l'expliquer. Son application, à la bonne grâce de l'inspecteur, est ressentie par la profession comme une sanction 'à la tête du client'. Suite à cette réunion, la pression sur notre clientèle ouvrière a baissé quelques mois pour reprendre de plus belle. Il faut dire que notre sénateur a quitté ses fonctions entre-temps", ne décolère pas la restauratrice de Lanmeur. Elle concède pourtant s'en sortir après une période difficile, d'abord en raison de la réputation de son établissement, mais aussi d'un système de vase communicant : "Les ouvriers de la commune font désormais des kilomètres pour aller déjeuner 'à l'extérieur' alors que les entreprises éloignées font le chemin inverse pour venir chez nous. Mais les confrères qui travaillent dans des communes isolées en campagne n'ont pas de bassin de remplacement !"

 
Du côté de Morlaix, Catherine Galichet s'indigne du traitement appliqué à ses clients ouvriers partagés entre devoir faire faire 30 km pour se restaurer convenablement ou manger un sandwich dans leur camionnette. La restauratrice se réjouit, en tout cas, du retour de Jean-Luc Frichet au Palais du Luxembourg, le 25 septembre dernier, en remplacement de François Marc, démissionnaire de son mandat : "Je l'ai rencontré vendredi 1er juin avec ma collègue de la Potinière afin de relancer ce problème, resté au point mort. Notre sénateur envisage à la fois de reprendre contact avec l'Urssaf de Quimper et même de poser une question au gouvernement sur ce thème ! "


Francois Pont
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