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Pierre-Yves Adam, des Vosges à Kaboul

Restauration - mardi 3 octobre 2017 15:52
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Saint-Dié-des-Vosges (88) Le seul Maître cuisinier de France en Afghanistan est le chef de l'ambassade de France dans le pays. Rencontre.



À chaque fois que "ça pète", le même rituel revient. Pierre-Yves Adam appelle immédiatement sa famille, "pour les rassurer tout-de-suite". Le 31 mai dernier, ses proches ont eu de quoi s'inquiéter. Dans le quartier diplomatique de Kaboul (Afghanistan) où il officie comme cuisinier de l'ambassadeur de France, un camion piégé explose au premier check point. Bilan : 150 morts, 300 blessés. L'attaque kamikaze la plus meurtrière depuis 2001, date de l'intervention internationale dans le pays. "Heureusement, le camion n'a pas réussi à vraiment entrer dans le quartier des ambassades, sinon il aurait fait encore plus de dégâts !, reconnaît-il. De toute façon ici, ça explose tous les jours. Il vaut mieux ne pas y penser."

Cela fait deux ans que Pierre-Yves Adam ravit les papilles de l'ambassadeur de France en Afghanistan et de ses invités, avec les moyens du bord. "Des fruits et légumes arrivent presque quotidiennement du Pakistan, détaille-t-il. Les viandes sont moins variées. Je travaille beaucoup la volaille, j'évite l'agneau car il n'est pas terrible. Ici, il n'y a pas de fromage ou de produits laitiers. Ni de poisson et crustacés. Dommage, c'était une de mes spécialités ! Mes préparations sont proches de la cuisine de nos grands-mères : plats en sauce, terrines, blanquettes... J'arrive à des résultats intéressants avec les épices."

Bougeotte

Originaire de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), le chef de 49 ans à la barbe grisonnante n'en est pas à son premier déplacement. Fils d'un transporteur routier, Pierre-Yves Adam a habité notamment à Lyon, puis Paris. En 1984, il intègre l'école Tecomah de Jouy-en-Josas (Yvelines) pour un CAP cuisine. Dans les années 1990, il rentre à Saint-Dié pour ouvrir le restaurant Le Flam, en famille, mais il finit par fermer. "Mon père commençait à prendre de l'âge et je ne me sentais pas de rester dans les Vosges", raconte-t-il.

En 1997, il répond à une annonce du ministère des Affaires étrangères et s'envole pour New York, où il travaille au consulat puis à la Mission française auprès des Nations-Unies. Il rentre en France fin 2001 pour ouvrir La Cuisine, à Paris, avec une ancienne DRH du George V. En 2006, il entre chez le traiteur Potel & Chabot, ce qui lui offre l'opportunité de voyager en Serbie, en République tchèque, en Russie... En 2007, il devient chef de cuisine du haut fonctionnaire Francis Delon, au service du Premier ministre, puis passe au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avant d'accepter une mission à Kaboul en 2015. La même année, il est également intronisé Maître cuisinier de France, parrainé par Guillaume Gomez, chef des cuisines de l'Élysée.

Deux ou trois roquettes par mois

Son rythme étant calqué sur celui de l'ambassadeur, Pierre-Yves Adam ne rentre en France que tous les deux mois et demi. Impossible de voir plus souvent ses trois enfants. Pourtant, sa vie semble lui convenir, tout comme l'ancien container de l'OTAN de 12 m² qui lui sert de chambre ou la vie au quartier des ambassades. "On reçoit deux ou trois tirs de roquettes par mois, explique-t-il. Les types visent les ambassades depuis les collines. En général, ils ne font pas de victimes, mais pas mal de dégâts." Pas perturbé par cet inquiétant voisinage, Pierre-Yves Adam a signé au printemps pour passer un an de plus à Kaboul. Peut-être que, quand vos gardes du corps à chaque sortie sont les membres du RAID, il y a de quoi se sentir en sécurité. "On s'habitue à tout", assure-t-il.

Lucie De Gusseme
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