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Ça vous est arrivé : Épuisé par les problèmes de personnel

Restauration - mercredi 26 août 2015 15:18
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Albert a longtemps enchaîné les extras et les saisons avant de passer de l'autre côté du comptoir pour devenir patron en 1996. Quatorze ans plus tard, le bail non renouvelé provoquait la fin d'activité mais le soulageait de nombreux problèmes.



'Si le respect est non négociable, il m'est vite apparu qu'une trop grande proximité nuisait au management', constate Albert.
© Thinkstock
'Si le respect est non négociable, il m'est vite apparu qu'une trop grande proximité nuisait au management', constate Albert.

Il n'y a pas de mauvais employé ni de mauvais patron, il y a juste de mauvaises personnes. C'est sans doute la pensée d'Albert (qui tient à rester anonyme), 53 ans, qui a connu plus jeune la répartition injuste des pourboires, les logements indécents et parfois même les traitements inhumains, "que je n'ai jamais voulus pour mon personnel", confie-t-il. À 34 ans, il quitte le statut d'employé pour se confronter à la gérance d'un restaurant. Ce sera à Courchevel (Savoie). "J'ai d'abord travaillé avec des amis, ce qui a été difficile car mes consignes étaient contestées. J'ai ensuite fait des erreurs, comme manger avec le personnel ou le tutoyer. Si le respect est non négociable, il m'est vite apparu qu'une trop grande proximité nuisait au management", constate le quinquagénaire. En quatorze ans de gérance, l'homme a connu de grands bonheurs mais aussi de sérieuses déconvenues de la part du personnel, que ce soit de la malveillance, des événements tragiques ou même des soucis logistiques :"J'étais lassé de chercher du personnel que je n'étais pas en mesure de loger. À chaque saison, je passais un temps fou à dénicher des logements médiocres à 1 000 € mensuels."

"Je me suis fait berner"

"Tous ceux qui ont eu des responsabilités chez moi sont aujourd'hui à la tête de leur entreprise", clame le restaurateur qui n'aura pas toujours connu la gratitude. "J'employais trois ou quatre personnes pour la saison, plus des extras. Je pourrais écrire une histoire sur chacun. En 2009, j'ai embauché dans l'urgence un chef de 40 ans. Je l'ai rencontré à Toulouse, il avait un bon discours, il venait de chez Troisgros... J'étais passé par une coûteuse agence de placement. Il est arrivé en cuisine avec la toque, la tenue impeccable et les stylos à la boutonnière. Mais je me suis fait berner, il n'a pas tenu dix jours, se souvient Albert. Du coup, je suis allé à Grenoble rencontrer 'un type bien', plein d'idées qui sortait de chez Pic et que je voulais embaucher à la place de l'usurpateur. Mon nouveau chef et le second, qui était arrivé lui aussi en remplacement d'un autre cuisinier très porté sur la bouteille , partageaient le même logement. Le premier est parti du jour au lendemain suite à une mésentente avec le second. Deux jours après, j'ai reçu une lettre recommandée de six pages. Tout était ficelé, prêt pour les prud'hommes. Il me réclamait le paiement d'heures supplémentaires. Mon avocat m'a dit qu'au vu des éléments produits dans le courrier, avant même d'entrer dans l'entreprise, il avait mis en place la machination. Je suis tombé de haut. J'ai été meurtri humainement car nous nous étions très bien entendus", s'étrangle le professionnel, qui dirige aujourd'hui une maison d'hôte dans le Lot.

Et puis, il y a aussi eu des drames que l'on doit à la fatalité, comme le décès de ce cuisinier le dernier jour de la saison dans l'explosion de son véhicule "à cause d'un chauffage d'appoint défectueux". Ou encore la perte de celui qu'il considérait comme son ombre : "Pierre est rentré chez moi en extra. La troisième année, je l'ai embauché à temps complet. Il était mon responsable de salle et occupait même les lieux pendant la fermeture estivale. Il boursicotait avec l'objectif d'être rentier à 45 ans. Des copains lui ont prêté de l'argent. La crise des subprimes est arrivée. Il s'est pendu dans l'entreprise."


Francois Pont
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