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Les Grandes Tables du Monde font leur mue

Restauration - mardi 25 octobre 2011 15:00
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Epernay (51) Le congrès 2011, qui vient de se dérouler à Epernay, en Champagne, marque un tournant dans l'histoire de l'association : révolution internet et volonté affirmée de se faire connaître notamment grâce au petit écran.



Les membres des Grandes Tables du Monde chez Moët et Chandon à Epernay, qui accueillait le congrès et le dîner de gala orchestré par Arnaud Lallement (L'Assiette Champenoise) et Philippe Mille (Les Crayères).
Les membres des Grandes Tables du Monde chez Moët et Chandon à Epernay, qui accueillait le congrès et le dîner de gala orchestré par Arnaud Lallement (L'Assiette Champenoise) et Philippe Mille (Les Crayères).

En deux jours, début août, plus de 8 millions de téléspectateurs ont vu à l'oeuvre les membres des Grandes Tables du Monde lors de la finale du Dîner presque Parfait sur M6. Immédiatement, le site internet de l'association a enregistré un pic de fréquentation. Le pouvoir de la télé a encore frappé. « ça nous a procuré une visibilité auprès du grand public », estime Marc Haeberlin, président depuis 10 ans. Moins de trois mois après l'évènement, les membres sont plus que contents de ce coup de pub magistral qui ne leur a pas coûté grand-chose sinon de monter à Paris, au Bristol, pour faire corps et désigner la meilleure équipe de France au moment où l'audience est à son comble. Un bon feeling avec les producteurs du programme ont permis ce rapprochement gagnant-gagnant. Ces derniers ne s'y sont pas trompés. La caution des Grandes Tables du monde est une aubaine. Elle a été appréciée des téléspectateurs et sera reconduite dès l'année prochaine.

Le congrès annuel, accueilli cette année en Champagne, a été l'occasion de faire le point sur les actions entreprises les douze derniers mois et cette médiatisation était au coeur des discussions. Pourquoi ? Parce que jusqu'ici, l'association était plus que discrète. Les 144 membres, entraînés par cette soudaine médiatisation, ont pu apprécier son intérêt, et comptent bien continuer sur leur lancée. Faire partie des Grandes Tables du Monde, un nom qui porte, n'est pas donné à tout le monde. L'ex-association Tradition et Qualité (dénomination qui ne perdurera désormais que dans le logo) demande 2 étoiles Michelin minimum ou son équivalent dans les pays non couverts par le guide rouge. « Oui, nous ne sommes pas des découvreurs de talent. C'est plutôt la récompense. Ce sont les guides qui donnent leurs appréciations. Nous ne faisons pas d'audit et je ne me vois pas envoyer des inspecteurs chez mes collègues. On est déjà bien assez jugés comme ça », lance Marc Haeberlin. Ensuite, il faut être parrainé par 3 membres de l'association. Sinon, avec une adhésion qui s'élève à 1000 euros l'année et 1200 euros les 1000 guides facturés à prix coûtant, l'investissement est vécu comme tout à fait raisonnable. Une vingtaine de candidats ont postulé cette année. 11 ont été acceptés par le conseil d'administration et leur adhésion a été validée lors du congrès. Les membres ont le droit de manifester leur désaccord à cette occasion. C'est le moment des discussions.

Une fois encore, la question du rapprochement avec les Relais et Châteaux a été abordée. Un dossier sensible « mis en sourdine, mais cela ne nous empêche pas de collaborer ensemble comme par exemple pour le dîner pour le Japon », précise Marc Haeberlin à l'issue du congrès. 80% des membres des Grandes Tables du Monde font partie des Relais et Châteaux. Pourtant, l'éventuelle fusion fait peur à ceux qui revendiquent l'identité forte des Grandes Tables du monde, élitiste et fière de l'être. Avec, bien sûr, une histoire, plus de 60 années partagées, sur lesquelles les membres ne veulent pas tirer un trait. Et ils sont persuadés que cette adhésion leur apporte un plus. « Les Grandes Tables du monde ne touchent pas exactement la même clientèle que les Relais et Châteaux, c'est aussi pourquoi nous sommes adhérents aux deux depuis plus de dix ans », explique Massimiliano Alajmo, chef-patron du 3 étoiles Le Calandre à Sarmeola du Rubano en Italie.

Les 11 nouveaux membres sont aussi un sujet de satisfaction. Des tables doublement étoilés avec de jeunes chefs qui se pressent pour intégrer l'association.  « Il y a beaucoup de professionnels qui veulent y entrer, c'est un signe », souligne Eric Pras, Lameloise à Chagny. Les Grandes Tables du monde réunissent l'élite de la cuisine et c'est valorisant d'en faire partie. Et puis, l'association est en train de bouger ». « Nous, on choisit la reconnaissance de la maison et de l'être humain. C'est une famille. Quand à 28 ans, Paul Bocuse, Michel Guérard et Jean-Pierre Haeberlin m'ont demandé de rejoindre Tradition et Qualité, c'est une belle chose. Tu reçois la reconnaissance de ton maître dont tu deviens l'égal. On se sent protégé. D'ailleurs, c'est inscrit dans les statuts, on ne te lâche pas et on va tout faire pour t'aider », témoigne Jacques Chibois.

Pour Mathieu Viannay, La Mère Brazier à Lyon, intégré en 2007, l'appartenance lui a apporté une « vraie plus-value au niveau de la région », au-delà de la fierté d'en faire partie. « Et c'est une association exclusivement consacrée aux cuisiniers qui met en avant aussi bien le travail de la cuisine, de la sommellerie et de la salle. Depuis longtemps, le nom, le logo avec le coq dessiné par Cocteau, ça me faisait rêver ». Pour Eric Frechon, l'adhésion procure « une visibilité accrue dans le milieu professionnel et à l'international, le plaisir de s'associer à un nom aussi prestigieux que les Grandes Tables du Monde et enfin le partage des mêmes valeurs avec les membres de l'association. Marc Haeberlin, notre président, représente une belle image de la profession. On est fier d'être représenté par lui ».

Le président a annoncé également la refonte du site internet qui va intégrer une dimension interactive. « Nous serons aussi en lien avec les réseaux sociaux, sur Facebook ou encore twitter. On aura la possibilité de mettre en avant les offres des établissements », explique Marc Haeberlin. Le site des Grandes Tables du monde fera office de portail renvoyant les clients vers les sites des membres. Autre innovation, un logiciel permettra à chacun de gérer en direct les achats de bons cadeaux à télécharger sur le site. Sans d'intermédiaire donc sans commission. La motion a été adoptée. Les membres pourront faire le point sur ces nouveautés lors du prochain congrès qui aura lieu dans un an à Lausanne, en Suisse.
Nadine Lemoine