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Olivier Nasti et Laurent Seminel, vainqueurs du prix international de la photo culinaire

Restauration - mardi 13 septembre 2011 02:34
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Oloron Sainte-Marie (64) La photo du chef du Chambard à Kaysersberg et de l'éditeur Laurent Seminel a séduit le jury présidé par Michel Troisgros. Ils remportent un chèque de 6000 euros signé par la maison Rougié.



Cette quatrième édition marque un tournant dans l'histoire de cette manifestation. Ce sont désormais deux concours qui se déroulent en parallèle, soit le double de participants. Le premier, épreuve traditionnelle, sans thème imposé, envoie les chefs et leur photographe en studio, au Lycée Antonin Carême d'Oloron-Sainte-Marie. En deux heures, le duo doit se mettre en place, réaliser la prise de vue, travailler la photo. A priori, tous les duos se sont entraînés et viennent reproduire ici leur travail, ce qui n'excluent ni les aléas ni les changements de dernière minute. Le jury a départagé 17 photos. Les délibérations ont été « animées et vivantes », a précisé le chef de Roanne. Olivier Nasti et Laurent Seminel ont raflé la mise. « On a l'impression d'un tour de passe-passe, commente Michel Troisgros, précisant que « les pommes soufflées étaient extrêmement bien réalisées ». L'amateur d'art contemporain est rattrapé par le cuisinier. Les photos sont jugées sur des critères techniques et esthétiques, mais aussi sur la gourmandise qu'elles suscitent. Pari réussi. Un prix était attribué par 'Le beurre provocateur du goût'. Il a récompensé Yannick Delpech, L'Amphitryon à Colomiers, dont l'établissement a brûlé il y a quelques jours en raison d'un système de climatisation défectueux. Très affecté, le jeune chef a tenu à honorer ses engagements malgré tout.
Et coup de chapeau aux organisateurs pour la création d'un concours inter-lycées avec des duos apprentis pâtissiers et apprentis photographe. Anaïs Gaspard du Lycée de Biarritz est la première lauréate.

Un road food movie plein d'humour

Le second concours, inauguré cette année, relève lui de l'improvisation. Le duo chef/photographe se voit attribuer un produit de la région, l'adresse d'un producteur, une voiture avec GPS pour s'y rendre. Sur place, ils doivent réaliser une photo mettant en scène le chef et le producteur avec son produit dans son décor naturel. Patrick Jeffroy, hôtel-restaurant Patrick Jeffroy à Carantec, loin de ses poissons et crustacés de prédilection, a mis en scène la poularde. Le chef du Ritz Paris, Michel Roth, a fini dans un bateau faisant semblant de pêcher une boîte de caviar d'Aquitaine. Arnaud Lallement, L'Assiette Champenoise à Tinqueux, escalade la montagne accroché à un agneau de lait. Mauro Colagreco, Le Mirazur à Menton, est parti dans les pâturages au milieu des brebis (pour le fromage) afin de reconstituer une composition inspirée du tableau de Manet, le déjeuner sur l'herbe. Sur place, avec son photographe, ils ont convenu de faire un deuxième cliché totalement différent. C'est ce dernier qui fut présenté au jury. Le soir venu, chaque tandem remettait sa photo aux organisateurs. Ici le jury était composé exclusivement des photographes qui jugeaient mutuellement leur travail. Michel Portos et Hervé Lefebvre ont convaincu leurs concurrents. « Mettre en avant les produits, c'est notre travail de tous les jours », a souligné le chef du Saint-James, ravi comme ses confrères d'avoir sillonné les routes de la région à la rencontre de producteurs passionnés. L'épreuve a inspiré les binômes. Lors de la soirée de remise des prix, conduite par Philippe Boé, le public a pu découvrir des images décalées, pleines d'humour et de talent. Le road food movie semble avoir de beaux jours devant lui.

Autre point fort de la manifestation, le sens de l'amitié qui lie les participants. Sur scène, on a pu assister à une démonstration sur le thème de l'oeuf réalisée par Stéphane Jégo, L'Ami Jean, Yves Camdeborde, Le Comptoir du Relais et Christian Constant, Le Violon d'Ingres, tout trois à Paris. Le premier est l'élève du second qui est celui du troisième. Au piano, ils incarnaient la transmission et le respect de ses pairs. Chacun rendant hommage à son 'maître' ou son 'élève' avec l'humour qui sied à la pudeur et où l'on l'entend d'abord l'admiration réciproque. Le trio a donné sa version de l'oeuf. « La recette finale est différente mais la philosophie est identique. Notre devoir est de transmettre ce que nos maîtres nous ont transmis », souligne Yves Camdeborde. MasterChef (Camdeborde) contre Top Chef (Constant), le match n'aura pas lieu. Là encore, ils sont sur la même longueur d'ondes. « Si des émissions peuvent inciter les gens à aller au restaurant et à faire notre métier, la télé fait avancer les choses », dit Christian Constant sous le regard approbateur d'Yves Camdeborde. A Oloron, le public était conquis. Le mot de la fin revient au petit dernier. Pour Stéphane Jégo, dont c'était la première participation, « On sent un esprit particulier dans cette manifestation. Elle a une âme ».

 
Nadine Lemoine