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Au Japon, angoisse et attente

Restauration - mardi 15 mars 2011 16:52
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JAPON Les chefs français installés majoritairement à Tokyo n’ont à déplorer que des dégâts matériels peu importants, mais beaucoup d’entre eux ont fermé leur établissement dans la crainte d’un prochain séisme voire d’un tsunami. Après le choc du premier tremblement de terre, c’est l’appréhension qui domine.



 « La situation est inquiétante, notamment les risques nucléaires, dit Joël Robuchon, parmi les pionniers des chefs français au Japon. J'affectionne tellement le peuple japonais que je suis très peiné par cette catastrophe. Il n’y a pas eu de problème concernant mes équipes. Les restaurants (un restaurant 3 étoiles, La table et l’Atelier de Joël Robuchon ont 2 étoiles) ont été fermés mais réouverts dès dimanche. Seulement de la casse de vaisselle et de verres ! ». En revanche, les deux restaurants gérés par le groupe Alain Ducasse à Tokyo, Benoît et Beige sont fermés. Quelques dégâts chez Benoît ont été immédiatement réparés à la suite du premier séisme. Alain Ducasse et Laurent Plantier reste en liaison permanente avec leurs collaborateurs.
Un Pré Verre à Paris et un second à Tokyo depuis 2007, Philippe Delacourcelle est aussi en contact étroit par skype et par téléphone avec son équipe composée de 8 personnes. « Heureusement, nous sommes au cœur de Tokyo dans un immeuble antisismique dernier cri. Il n’y a pas de blessés mais tout le monde est très choqué. Il faut savoir qu’à chaque secousse, il faut couper le gaz et l’électricité et se glisser sous les tables. Nous y sommes habitués, mais cette fois, les coupures d’électricité rendent le travail très compliqué ». Il devient franchement aléatoire de fournir une prestation convenable. « Nous allons fermer une journée et voir l’évolution de la situation ».
De plus, le personnel comme beaucoup de salariés tokyoïtes habitent loin du centre. Et les transports fonctionnent de façon sporadique. Le personnel comme la clientèle a du mal à rejoindre son lieu de travail. Et ceux qui ont repris le travail rentrent chez eux le plus vite possible. Dîner au restaurant n’est pas la priorité. Reste le déjeuner où quelques clients montrent à nouveau le bout du nez.
Qui dit problème de transport, dit difficultés d'approvisionnement. C'est le deuxième écueil pour les professionnels. Comme le souligne Philippe Delacourcelle, c'est justement de la zone sinistrée de Sendai, ravagée par le tsunami, que provient majoritairement le poisson.

Fermer ou rester ouvert

Dominique Corby, installé au Japon depuis près de 20 ans, a préféré fermer son restaurant étoilé, le Sixième Sens, et la brasserie attenante qui ensemble emploient 25 personnes. « Dès la première secousse, nous avons évacué les clients et fermé le restaurant. Il y a quelques fissures dans les murs et des dalles ont bougé. Nous allons attendre pour faire des travaux, mais j’espère bien rouvrir la semaine prochaine. Je suis en contact avec des collègues. Beaucoup ont fait le même choix, fermer l’établissement et certains ont même préféré s’éloigner de Tokyo. Ceux qui sont ouverts, reçoivent très peu de clients. On nous a avertis que d’autres secousses pourraient intervenir dans les heures qui viennent. Nous attendons les yeux rivés sur les écrans télé, en écoutant la radio et en s’appelant les uns les autres », confie Dominique Corby, un habitué de la centaine de secousses qui ressenties chaque année dans la capitale nippone. « Je sais que certains Français ont déjà décidé de quitter définitivement le Japon. Pour ma part, quoi qu’il arrive, je resterai ».

Nadine Lemoine