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Cliché gagnant pour Sylvain Sendra et Carrie Solomon au 3e festival international de la photographie culinaire d’Oloron Sainte-Marie

Restauration - mardi 21 septembre 2010 16:26
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Oloron-Sainte-marie (64) Le jeune chef du restaurant Itinéraires à Paris et sa photographe ont conquis le jury présidé par Frédéric Anton.




C’est au cœur du Béarn, à Oloron-Sainte-Marie, au lycée Tristan Derème, que 17 binômes composés d’un cuisinier et d’un photographe se sont succédé dimanche 19 et lundi 20 septembre, avec comme impératif : deux heures pour réaliser une photo. Le jury n’est pas présent. Il juge exclusivement le résultat final. C’est la Salade d’huîtres dans sa coquille sur une idée de l’okonomyaki japonais avec l’œuf de caille de Sylvain Sendra photographiée par Carrie Solomon qui est sortie vainqueur des délibérations. Un chèque de 6 000 euros à la clef.

“C’est un plat d’une pureté totale et d’une grande simplicité. La photo est remarquable”, affirme Frédéric Anton, lors de la remise des prix lundi soir. Sylvain Sendra, qui connaissait bien la photographe avec laquelle il a réalisé le livre La Cuisine du thé (Agnès Viénot Editions), n’avait fait qu’un essai avant de venir. “C’est un travail en commun. Nous avions trouvé le thème de la recette et l’idée de mise en scène. On a peaufiné sur place en gardant à l’esprit qu’on voulait une photo lisible. C’est l’œuvre artistique d’un photographe”, souligne le vainqueur.

Cette 3e édition du festival était sous le signe de ‘Masterchef’, l’émission de TF1 avec le trio Frédéric Anton, Sébastien Demorand et Yves Camdeborde. Ce dernier, candidat avec Laurent Séminel, a remporté le 2e prix, Trophée pur beurre. Un prix coup de cœur a également été attribué à Gwendal Le Ruyet, Le Céleste à Prague (République tchèque) et Dan Vojtech.

 

De nombreuses stratégies

Pendant ces deux jours de compétition, on a pu observer une belle diversité de stratégies. Ceux qui arrivaient avec un photographe avec lequel ils ont déjà collaboré, comme Michel Portos. Le chef 2 étoiles du Saint-James à Bouliac (33), qui sort son premier livre en février, a travaillé ces derniers mois avec ce photographe. “J’ai choisi une recette du livre, Canelloni de cèpes-aubergines lancée de ciboulette, que l’on a encore retravaillé, mais qui est aussi à la carte du restaurant.”

D’autres ont fait connaissance de leur photographe peu de temps avant, comme Christophe Bacquié, du restaurant Monte Cristo, Hôtel du Castellet (83), 2 étoiles Michelin : “Nous nous sommes rencontrés une fois. Mon plat, Langoustines marinées à l’huile d’olive-citron vert et condiments, fine tranche de pain au beurre d’herbes, petites girolles marinées à l’huile de noisette, était calé. Un travail millimétré que j’ai reproduit sur place. Mon objectif, c’était de réaliser une photo qui donne envie de manger ce plat.”

Pour Jean-Marie Baudic (Youpala à Saint-Brieuc, 22) et son ‘Encornet à croquer’, le photographe était aussi un inconnu. “On s’est un peu entraîné, mais je garde toujours un part d’improvisation, de spontanéité. C’est ça qui est beau. Je raconte une histoire. On rentre dans le produit. Les couleurs parlent. Demain, avec les mêmes produits, la photo serait différente.”

La plupart des chefs arrivent avec les éléments déjà prêts à être assemblés. D’autres, comme Simone Zanoni, 2 étoiles Michelin au Trianon Palace à Versailles, ont cuisiné sur place. Sur les deux heures imparties, la première heure a servi à cuire le Cochonnet du Larzac rôti au miel du potager du Roi et la petite tarte de légumes d’antan. Il reste 30 minutes pour le shooting et le reste est consacré au travail de la photo sur ordinateur. Le chef italien, ex-second de Gordon Ramsay au restaurant 3 étoiles de Londres, a choisi une jeune photographe de mode japonaise. “Je ne voulais pas une photo de livre culinaire. Elle a un œil neuf, habitué aux gens qui bougent, aux couleurs intenses”.

Pour Jean Sulpice, l’Oxalys à Val Thorens, c’était un autre challenge. Il avait choisi de mettre en scène “une queue de langoustine qui vole au dessus de l’eau et qui donne envie de l’attraper pour la manger”. Un travail d’équilibriste, la langoustine attachée à un fil de nylon avec sa brunoise de pomme et betterave chioggia sur le dos. Chaque photo est une histoire qui la cuisine du chef mais aussi sa personnalité. Le festival d’Oloron a une nouvelle fois inspiré les créatifs derrière l’objectif.

Nadine Lemoine

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