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À Lille, trois hôtels au coeur de la tourmente judiciaire

Hôtellerie - mardi 18 octobre 2011 15:11
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Lille (59) Jours d'angoisse pour les salariés de trois établissements lillois. Depuis le placement en détention provisoire de leurs dirigeants, le 4 octobre dernier, dans le cadre d'une enquête pour proxénétisme, le personnel fait front et assure l'accueil des clients, malgré la menace d'une fermeture judiciaire.



Rassurer et gérer la crise, tels sont les mots d'ordre à l'accueil de trois hôtels lillois, le Carlton (4 étoiles), l'hôtel des Tours (3 étoiles) et l'Hôtel Alizé Opéra (2 étoiles). Les trois établissements sont au coeur d'un tourbillon médiatique et judiciaire depuis que leurs dirigeants ont été mis en examen. Le 4 octobre dernier, Francis Henrion, directeur du Carlton et propriétaire des deux autres établissements, René Kojfer, responsable des relations publiques et Hervé Franchois, propriétaire du Carlton, ont été placés en détention provisoire et sont poursuivis pour proxénétisme aggravé en bande organisée par les juges d'instruction Stéphanie Ausbart et Mathieu Vignau. Un chef d'entreprise et un avocat lillois ont également été mis en examen. Des policiers locaux, ainsi qu'un homme politique parisien sont également évoqués dans une affaire qui trouve son origine en  Belgique frontalière, où les 'maisons de tolérance' et autres 'bars spécialisés' sont autorisés.

Vendredi, c'est un coup supplémentaire qui a été assené aux établissements concernés avec l'annonce de leur fermeture judiciaire. "Vendredi midi, un officier de la PJ nous a appelés pour nous signifier qu'il faudrait  vider l'hôtel lundi matin à 6 heures, que l'électricité serait coupée et qu'on apposerait les scellés", témoigne Emilie Lucchini, assistante de direction de l'hôtel des Tours. Dans la foulée, Mes Berton, Soulier et Desurmont, les avocats des dirigeants et actionnaires de la holding qui gère les trois établissements, faisaient appel de la décision des juges.

Dans l'expectative

Lundi matin cependant, les hôtels continuaient de fonctionner et, à 6 heures, seule une poignée de salariés, venus manifester leur inquiétude sur le perron du Carlton, troublait le réveil des Lillois. La journée s'est écoulée dans l'expectative, sous la pression des médias venus aux nouvelles. Les salariés, fidèles au poste, ne cachaient cependant pas leur inquiétude. "On ne comprend pas ce qui arrive, commente Paul Meritani, agent d'entretien. On tombe des nues. On n'a rien vu dans l'hôtel." C'est en effet dans les journaux qu'ils ont appris la décision de justice, qui ne leur a été ni signifiée ni motivée, puisque couverte par le secret de l'instruction.

"Nous sommes livrés à nous-mêmes, témoigne Sandie Saeij, assistante commerciale du Carlton. On essaie d'informer les clients au mieux, mais ce n'est pas facile." Si fermeture il y a, la cinquantaine d'employés concernés peut au moins compter sur un maintien des salaires, comme l'a confirmé lundi un inspecteur du travail venu rassurer le personnel. Et sur la fidélité de la clientèle. "Nous avons reçu des messages de soutien des habitués. Les trois quarts des clients nous font confiance", confirme Emilie Lucchini.

 

"Une décision invraisemblable"

Initialement attendue au plus tard mercredi matin, l'application de la fermeture, qui ne concerne que le Carlton et l'hôtel des Tours, a finalement été repoussée. Dans l'attente, semble-t-il, de son réexamen, suite à l'appel (non suspensif) déposé par les avocats. Me Desurmont a ainsi constitué, lundi matin, un mémoire déposé le jour même sur le bureau du juge d'instruction évaluant le préjudice économique qu'occasionnerait la fermeture. "Ces établissements ont une activité hôtelière, pas délinquante : à preuve, les 5 000 réservations enregistrées sur les trois hôtels d'ici à la fin de l'année." Pas une seule n'émane de prostituées citées dans le dossier, note l'avocat… "On ferme un établissement quand il commet des infractions. À ma connaissance, ce n'est pas le cas ici. Si cette décision est prévue dans le code pénal, elle est critiquable en termes d'opportunité. Cela s'apparente à une sanction. Fermer un établissement trois mois, c'est le condamner au dépôt de bilan. C'est économiquement, humainement et socialement invraisemblable."

Pour l'heure, le fonctionnement des établissements, malgré la détention des dirigeants, n'est pas perturbé. Les réservations des 165 chambres que comptent au total les trois hôtels sont donc maintenues jusqu'à nouvel ordre. "Le personnel d'encadrement s'autogère, confirme Me Desurmont. Et les associés minoritaires se sont réunis pour pallier l'indisponibilité des dirigeants. Ils ont proposé une mesure provisoire pour assurer la direction des établissements." Toutes les conditions sont donc réunies pour maintenir la continuité du service.

Marie-Laure Fréchet