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Une médiation pour aider la petite hôtellerie des Antilles

Hôtellerie - jeudi 28 juillet 2011 11:04
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Les hôteliers de Martinique et de Guadeloupe vont peut-être enfin voir le bout du tunnel. La mission d’Alain Bodon, médiateur de la République est sur le point de s’achever ; elle aura permis de mieux cerner les attentes des entreprises et de mettre en place une structure de dialogue et d’échange entre les hôteliers et les administrations.



En Guadeloupe, il ne resterait que 3 000 chambres, soit moins que dans une ville comme Biarritz.
En Guadeloupe, il ne resterait que 3 000 chambres, soit moins que dans une ville comme Biarritz.

L’hôtellerie dans les Antilles françaises a beaucoup souffert ces dernières années. Entre la crise économique, les crises sanitaires et les cyclones, la situation de la petite hôtellerie s’y est beaucoup détériorée. 50 % des hôtels de Guadeloupe ont disparu en trois ans, déclare Alain Bodon, le médiateur de la République. Les hôtels, qui ont déjà de lourdes dettes, doivent en outre se mettre aux normes de sécurité et d’accessibilité, ce qui nécessite de lourds travaux à engager, alors même que beaucoup d’entre eux sont toujours endettés et qu’ils ne disposent pas de fonds propres. Depuis 2010, ils espèrent pouvoir obtenir l’effacement de leurs dettes (30 millions d’euros de dettes fiscales et sociales enregistrées dans l’hôtellerie des Antilles), une situation qui nest pas réaliste ni même prévue par la loi”, d’après le médiateur, qui préconise plutôt des aides au cas par cas. Du sur-mesure, en quelque sorte.

Pour aboutir à cette solution, Alain Bodon, dont la mission s’est étalée sur six mois, a pris le temps de visiter la plupart des hôtels de Martinique et de Guadeloupe. Pour chaque hôtel, la situation financière, fiscale et sociale de l’entreprise a été analysée à partir des documents comptables : bilans, comptes de résultats, projets de développement et besoins de financement. Tous les dossiers qui font l’objet d’une demande seront étudiés dans le cadre de tables ronde réunissant les banques et les partenaires institutionnels (Sécurité sociale, Agence française de développement - AFD -, Caisse des dépôts, Région, Atout France…). Les avis seront donnés au cas par cas, qu’il s’agisse de la suppression de tout ou partie de la dette fiscale ou sociale, de l’accord d’une subvention éventuelle pour les rénovations ou les mises aux normes, de l’accord de prêt éventuel accordé par les banques dans le cadre du financement des projets et/ou de l’augmentation des fonds propres. Dans tous les cas, les décisions seront systématiquement corrélées au projet d’entreprise présenté par l’hôtelier, à sa dynamique et à sa capacité à faire face à ses obligations. Les subventions, par ailleurs, restent toujours limitées. Ainsi celle de l’État et du Fonds européen de développement régional ne doivent pas, à elles deux, dépasser 60 % du montant de financement (70 % pour les petites entreprises). Les demandes actuelles sont très variables et oscillent entre 100 000 € et 15 M€.

Pour le médiateur, l’organisation de ces tables rondes représente déjà un succès, car elles ont permis aux hôteliers de faire le point sur leur propre situation financière (souvent méconnue), de les informer des aides disponibles et d’amorcer le dialogue ou de le rétablir avec les administrations. Enfin, cette méthode a eu le triple avantage d’accélérer les processus, d’informer les entreprises sur leurs droits, et d’inciter les hôtels à demander un moratoire, indispensable pour obtenir une aide de l’État.

Des difficultés structurelles subsistent

Les difficultés de la petite hôtellerie aux Antilles sont aussi d’ordre structurel. Les entreprises sont souvent très petites (moins de 40 chambres, souvent une dizaine) et ne peuvent mobiliser de fonds propres. C’est ce qui explique la disparition d’un grand nombre d’hôtels. En Guadeloupe, par exemple, il ne resterait que 3 000 chambres, soit moins qu’à Biarritz. Là encore, les institutionnels (Région, AFD, Oséo…) proposent des solutions individualisées pour aider ces hôteliers à assurer les travaux de mises aux normes et résoudre leur problèmes de fonds propres.

Alain Bodon estime que le sauvetage de la petite hôtellerie dans les Antilles doit s’accompagner de mesures en matière de commercialisation.  Prises par les entreprises elles- mêmes, mais aussi par la Région. Un gros progrès est déjà attendu avec la desserte hebdomadaire des Antilles par Air France qui va pouvoir au travers du hub de Roissy attirer la clientèle européenne. De son côté, la Région va renforcer ses actions de promotion, et valoriser l’image de la destination en évoquant le patrimoine français, la gastronomie, l’authenticité, la sécurité publique, le bon état des routes, des locations de voitures en toute sécurité… Toutes initiatives permettant de contrer la concurrence de Saint-Domingue ou de Cuba. “Il faut valoriser l’image des Antilles, et accepter qu’il y ait un prix à payer pour ça”, déclare Alain Bodon.

Fréquentation en hausse

Alors que la mission s’achèvera mi -septembre, les premiers projets aidés et financés par les nouvelles mesures commencent à apparaître. D’ores et déjà, un projet de 15 chambres a reçu 120 000 € de l’AFD et 2 M€ en prêts entre la Région et les banques, confirme le médiateur. Preuve que cela marche. Pourtant, souligne Alain Bodon, “tous les hôtels ne seront pas sauvés. Seules les entreprises ayant un vrai projet et un programme de commercialisation seront aidées, tout comme celles qui présenteront de réelles capacités en management et en gestion.”  En attendant, les Antilles ont passé une saison d’hiver 2011 meilleure qu’en 2010, avec des taux d’occupation à 80 % (contre 70 % l’an dernier) et les perspectives pour 2012 sont très encourageantes.

Évelyne de Bast