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Comment augmenter le tourisme d’affaires sur Paris ? Les préconisations de Gilles Pélisson

Hôtellerie - vendredi 8 juillet 2011 10:43
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Qui pourrait être mieux placé qu’un ex grand patron de l’hôtellerie, utilisateur régulier de l’hôtellerie d’affaires, pour en discerner les failles ? Le rapport rendu par Gilles Pélisson aborde l’enjeu que représente le tourisme d’affaires pour le Grand Paris, à travers vingt recommandations très concrètes.



“Paris a un vrai savoir-faire', estime Gilles Pélisson dans son rapport.
“Paris a un vrai savoir-faire', estime Gilles Pélisson dans son rapport.

Si le sujet du tourisme d’affaires dans le Grand Paris passionne tant, c’est qu’il représente un enjeu considérable. Selon le comité régional du Tourisme, la clientèle d’affaires a généré en Ile-de-France 3,3 milliards d’euros de dépenses en 2010, rapporte Gilles Pélisson dans le rapport qu'il vient de rendre au ministère de l'Économie, “sachant que les congressistes dépensent toujours 3 à 5 fois plus que le tourisme traditionnel et que 75 % des visiteurs y associent un séjour culturel.” Mais ce trésor de guerre sur lequel est assise la capitale française serait bien en train de s’effriter. “Aujourd’hui, Paris ne se place qu’en 3e position pour l’organisation des congrès, derrière Singapour et Bruxelles. En revanche, au niveau des salons, la France est leader, mais ses équipements sont aujourd’hui saturés, ce qui ne lui permet que difficilement de gagner de nouveaux marchés.” Quelles mesures prendre pour rendre la France encore plus compétitive et attractive ? Comment retenir les salons et les congrès actuels, et comment faire en sorte que les nouveaux choisissent Paris ?
Le rapport Pélisson apporte des pistes de réflexion concrètes au travers de vingt recommandations. Celles-ci se divisent en quatre grands thèmes - les transports, l’équipement, l’accueil, l’organisation - et en abordent un cinquième, non moins important : la fiscalité.

“La voie express est une condition indispensable”
C’est néanmoins dans le domaine des transports que figure l’une de ses recommandations principales puisque Gilles Pélisson préconise l’ouverture d’un ligne express Roissy-Paris, celle-ci devant arriver dans la capitale par la gare de l’Est. Remise en cause par les perspectives de travaux du Grand Paris, Gilles Pélisson suggère qu’elle revienne à l’ordre du jour. Elle permettrait aux hommes d’affaires d’atteindre le cœur de Paris le plus rapidement possible sans attendre le RER B, omnibus qui s’arrête à toutes les stations. “La voie express est une condition indispensable pour améliorer le tourisme d’affaires, même si son coût, évalué entre 700 à 800 M€ rend le financement difficile.” Du côté des taxis, le rapport prône la création sur l’autoroute des voies dynamiques (qui s’ouvrent et se ferment en fonction des heures de la journée) ou l’utilisation des cartes bleues dans les taxis (avec prélèvement d’un euro sur les factures pour financer la TPE).

“Des équipements insuffisants”

Mais Paris n’est pas non plus à la fête au niveau de ses équipements. Un ou deux espace polyvalents d’une capacité de 2 000 à 3 000 places seraient souhaitables, estime Gilles Pélisson, “sachant que des lieux dédiés comme le palais des congrès de Paris sont multi-activités. Cette absence de sites de 2 000 à 3 000 places nous pénalise”. Par ailleurs, “les structures d’hébergement sont aussi nettement insuffisantes Il manque selon lui 32 000 chambres à Paris. Il manque sur Paris un gros porteur d’environ 1 000 chambres”, regrette-t-il. Un paradoxe alors que le Pullmann Sèvres va être reconverti en bureau. “Et de fait, les hôtels enregistrent des records de taux d’occupation, 90 % sur 200 jours dans l’année” souligne-t-il, ajoutant qu’“hormis deux ou trois gros porteurs, les projets sont par ailleurs souvent de petite capacité et de type midscale ou économique”. Le rapport déplore également la vétusté des équipements de la porte de Versailles, “moins compétitifs par rapport à d’autres grandes villes européennes”.
Dans le domaine de l’accueil, les pistes d’amélioration sont tout aussi nombreuses. Le rapport recommande d’ajouter 100 à 200 fonctionnaires pour la Police de l’Air et des Frontières à Roissy afin de désengorger le Terminal 2, et d’augmenter le nombre d’automates pour délivrer les billets de transport sur Villepinte, afin d’améliorer la circulation des flux de visiteurs sortant du parc des expositions. Enfin, il souligne le manque de coordination et de concertation entre institutionnels du tourisme - office du tourisme et des congrès de Paris et comité régional du tourisme, notamment -, qui pénalise la mise en place d’une véritable politique d’accueil du tourisme d’affaires sur Paris.

Faire une fiscalité incitative

Dernier volet du rapport, et non des moindres, une fiscalité avantageuse pour le tourisme d’affaires doit être mise en place. Elle doit être plus incitative pour les organisateurs de congrès et proposer, entre autres, l’exonération de taxation lors d’affichage pour la publicité de congrès, l’exonération de la taxe sur les cadeaux (considérés comme des avantages en nature), et l’instauration d’une politique fiscale identique à celle des équipements culturels pour les équipements dédiés aux salons et salles de congrès.

À l’heure où se discute le choix de la ville devant accueillir le salon mondial du mobile, le GSMA - un enjeu majeur pour la ville de Paris qui lui permettrait de devancer Barcelone -, Gilles Pélisson rappelle que Paris malgré ses atouts doit faire face à concurrence aiguë d’autres villes européennes, mieux organisées. “Paris a un vrai savoir-faire. Nous organisons des salons qui ont une réputation mondiale comme Maison et Objet, le SIAL ou Batimat. Si nous voulons gagner les appels d’offres, pour l’organisation de grands évènements ou de salons internationaux, nous devons convaincre les politiques de s’investir.”

Évelyne de Bast