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Les capitaux étrangers sont-ils les sauveurs du patrimoine hôtelier ?

Hôtellerie - mardi 3 mai 2011 17:11
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Dans l’hôtellerie française, l’arrivée de nouveaux propriétaires pose la question de la pérennité du patrimoine. Car le paysage a été considérablement modifié ces dernières années.



En 1978, la famille allemande Oetker rachète à la famille Jammet le Bristol, pour un montant d’environ 100 millions de francs, une somme exorbitante pour l’époque. Suit une vague d’investisseurs venus du Proche et Moyen-Orient : en 1979, l’hôtel Ritz est racheté par l’Égyptien Mohammed Al Fayed. Puis, le Four Seasons George V est vendu au prince saoudien Al Walid, en 1996. L’année suivante, l’hôtels Meurice est vendu au sultan de Brunei, qui rachètera également le Plaza Athénée -  les murs en 1997 et le fonds en 2003.

 

L’arrivée des fonds d’investissements et la vente des murs d’hôtels

Quand intervient une deuxième vague de transactions, entre 2005 et 2008, les actifs appartenant à des investisseurs institutionnels se font rares. La vente la plus médiatique est celle du portefeuille d’actifs de la famille Taittinger à Starwood Capital, comprenant des hôtels aussi prestigieux que le Crillon, le Lutetia ou l’Hôtel du Louvre, une vente qui ne sera pas suivie par les travaux attendus. Dans la même période, interviennent la vente de l’hôtel de La Trémoille au cheikh Al-Jaber par la famille Costes, l’opération de construction de l’hôtel Lucien Barrière avec la famille princière du Koweit et la vente de l’hôtel Prince de Galles à la famille Moussalem. Quant au Royal Monceau, il ne fait que passer des mains d’un propriétaire syrien à celle d’un fonds souverain du Qatar, une transaction entre investisseurs privés.

Parallèlement, l’arrivée de trois enseignes portées en majorité par des capitaux chinois - Shangri-La, Mandarin Oriental et Peninsula - va créer l’événement dans la capitale. Car ces enseignes font du neuf. Elles vont donc transférer des bâtiments appartenant à l’État ou à des institutionnels en hôtels. À ce jour, seul le Mandarin Oriental appartient toujours à un institutionnel, ses murs étant la propriété de la Foncière Lyonnaise.

En 2010 et 2011, plusieurs actifs, rénovés ou non, ont été revendus. Ainsi, deux hôtels non rénovés sont sortis du portefeuille de Starwood Capital : le Crillon, vendu 250 M€ à la famille royale saoudienne, avec une enveloppe de 100 M€ prévue pour les travaux, et le Lutetia, vendu au groupe israélien Alrov pour 145 M€ avec un montant prévisionnel pour les travaux non précisé. Enfin, le Marriott Champs-Élysées, totalement rénové en 2009, est vendu 215 M€ à Adia, le fonds souverain d’Abou Dabi.

Aujourd’hui, d’après Jean-Marc Andreola, directeur du cabinet Imhotel, “les hôtels dont les murs appartiennent à des institutionnels sont devenus l’exception. On peut encore citer le Novotel Paris Tour Eiffel - ex-hôtel Nikko - dont les murs appartiennent encore à la ville de Paris, ou la Villa Modigliani, 4 étoiles situé rue Delambre et qui appartient au groupe Audiens”. Car la hausse des valeurs immobilières à Paris est telle qu’il est aujourd’hui plus avantageux, du point de vue patrimonial, d’acheter les murs. D’autant que d’importants travaux de rénovation et/ou de mise aux normes sont en général à prévoir. Mais, la Ville lumière étant une référence pour bon nombre d’hôteliers dans le monde, la question n’est pas d’y rentabiliser ses actifs mais d’y être, tout simplement.

Évelyne de Bast

Quelques-uns des plus prestigieux hôtels à Paris

 


Nom

1re ouverture

Précédent propriétaire des murs / fonds

Propriétaire actuel

Gestion

Date et montant de l’achat

Date des travaux

Montant des travaux

Meurice

1835

Aga Khan

Sultan de Brunei

Groupe Dorchester

45 M€ en 1996

1905

1947

1998

2007

14 M€ en 2007 / 4 M€ en 2011

Ritz

1898

Charles Ritz

Mohamed Al Fayed

 

1979

Importants travaux à l’achat

Non communiqués

Crillon

1909

Famille Taittinger – 2005 - Starwood Capital

Famille royale saoudienne

Concorde Hotels

250 M€ en 2011

2012 ?

100 M€

Plaza Athénée

1913

UAP / Charles Forte

Sultan de Brunei

Groupe Dorchester

420 MF (60 M€) en 1997 : Fonds acheté 73 M€ en 2003

2008

2011

1,5 M€ par an depuis 1997

Bristol

1925

Famille Jammet

Famille Oetker

Oetker Collection

80 à 100 MF (14 à 15 M€) en 1978

2009

2010

2011 

60 M€

10 M€

25 M€

Four Seasons George V

1928

Trust House Rocco

Prince Al Walid

Four Seasons

900 MF (150 M€) en 1998

1998

2011

120 MF

28 M€

Fouquet’s

2006

Intérêts privés dont la famille royale du Koweit

Groupe Lucien Barrière

Groupe Lucien Barrière

nouvelle construction

 

 

Royal Monceau Raffles

octobre 2010

Osmane Aïdi

Fonds Qatari Diar

Raffles

nouvelle construction

 

120 M€

Shangri-La

décembre 2010

État

Famille Kuok

Shangri-La

nouvelle construction

 

270 M€

Mandarin Oriental

Juillet 2011

Foncière Lyonnaise

Mandarin Oriental

Mandarin Oriental

nouvelle construction

 

70 M€ annoncés

Peninsula

Fin 2012

État

Fonds Qatari Diar

Peninsula

100 M€

 

 

Prince de Galles

2008

Caisse des Mines / Marriott

Famille Moussalem

Starwood Capital- Luxury Coll

2007 : 141 M€

 

 

Costes

1995

Allianz

Famille Costes

Costes

1995

 

 

Park Hyatt

2002

Banque

Famille Pritzker

Hyatt

nouvelle construction

 

 

Hotel Lutetia

1910

Famille Taittinger – 2005 Starwood Capital

Alrov - israélien

Concorde Hotels

2009 : 145 M€

Prévus en 2012

Non communiqués

Hotel La Trémoille

2005

Trust House Forte - Costes

Cheikh Al-Jaber

 

2007 :41 M€

 

 

Radisson Blu Ambassador

2008

Famille Taittinger - 2005 - Starwood Capital

Westmont

Radisson BLU

2007 :150 M€

 

 

Hotel Burgundy

2011

Particulier

Famille Dursort et Hennessy

 

20 M€ pour les travaux

 

 

Marriott Champs-Élysees

 

Unimmo Europa

Adia

Marriott

215 M€

2009

Non communiqués

Hotel Raphael

1925

Léonard Tauber

Famille Baverez

Famille Baverez

 

2008

Non communiqués
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