Actualités
Accueil > Actualités > Hôtellerie

Les smartphones vont-ils révolutionner l’hôtellerie ?

Hôtellerie - mercredi 30 mars 2011 15:57
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question / Ajouter un commentaire Partager :

Les réservations via applications mobiles ou sites optimisés sont un enjeu d’avenir pour les hôteliers.



Icone de l'application Hotelforyou de Louvre Hotels.
Icone de l'application Hotelforyou de Louvre Hotels.

En France, le marché des smartphones (téléphones portables disposant d’une connexion internet) représentait en 2010 environ 15 millions de terminaux dont les 80 % d’iPhone, sur un parc global de 61 millions de mobiles. Un support qui ne peut laisser indifférent les hôteliers, qui y ont vu à juste titre un bon moyen de faciliter leurs modes de réservation.

Que le client puisse effectuer une réservation simple et rapide, même à la dernière minute, est un enjeu majeur pour les hôteliers. Aujourd’hui, la majorité des réservations se font désormais par internet, sur les sites des établissements, des groupes, ou des agences en ligne. Or, l’internet mobile prend de plus en plus d’importance. Dans cinq ans, prophétise Frédéric Adda, directeur des opérations e-commerce du groupe Accor, le trafic sur le web mobile va dépasser celui du web classique.” Si le phénomène est en plein essor, il est difficile de se faire connaître dans ce marché foisonnant. L’App Store d’Apple recense pas moins de 300 000 applications, par exemple. Et ce n’est pas la seule plateforme. Android, Blackberry ou Windows Mobile, on les leurs propres. “Le système est tellement touffu que certaines applications ne durent que quatre mois”, confie un responsable de Sentinelo, société spécialisée dans la communication web mobile.

Du côté des hôteliers, Louvre Hotels a été l’un des premiers à lancer une application sur i-Phone en 2008, suivi par Accor. Les essais ont été faits en partenariat avec Apple. Depuis, les groupes hôteliers multiplient les moyens d’attirer les clients mobile vers leurs hôtels, tel IHG, qui propose plusieurs formes de réservations adaptées aux mobiles : un site web mobile, une application spécifique pour la carte de fidélité Priorité Club et un guide ‘concierge’ siglé InterContinental pour trouver tous les bons coins autour de l’hôtel. Certaines chaînes volontaires comme la Société européenne d’hôtellerie (ex-Inter Hotel) ont suivi le mouvement, en développant leurs propres applications pour i-Phone. D’autres, Best Western par exemple, préfèrent utiliser les applications de sites internationaux de réservations et ne renvoyer vers leur propre site que pour la réservation finale.

Des applications pour les indépendants

Aujourd’hui, des solutions sont même proposées aux indépendants : la société WebCom propose ainsi aux hôteliers de créer leur propre application sur l’App Store, Android Market et Blackberry App World. “Nous proposons une configuration rapide et ludique, ergonomique et intuitive”, précise son directeur David Robin. Pour lui, l’intérêt pour l’hôtelier est d’être présent, dès aujourd’hui sur le marché mobile avec son application sur mesure, proposant géolocalisation, meilleur tarif disponible, intégration d’une vidéo, et d’être surtout présent avant les autres”. Pour obtenir une meilleure visibilité de l’hôtel, WebCom utilise tous les leviers technologiques d’internet : Facebook, Twitter, blog, référencement naturel... À ce jour, seuls une poignée d’hôtels indépendants sont proposés dans l’App Store.

Les investissements pour développer une application qui intègre un système de réservation sont peu élevés. La fourchette se situe entre 6 000 € et 30 000 € en fonction des éléments à intégrer dans l’application. Accor a fait évoluer plusieurs fois son application pour laquelle elle a investi environ 100 000 €. Elle permet, en quelques clics, d’effectuer une réservation, de localiser l’hôtel, d’avoir un itinéraire, de proposer la carte de fidélité du groupe. Chez IHG, l’application Priority Club Rewards (PCR) est spécifiquement destinée aux adhérents du programme de fidélité du groupe. Starwood ou Hilton en ont fait de même.

Au-delà de leur intérêt immédiat, les applications accroissent le chiffre d’affaires des groupes. Accor est passé de 8 000 nuitées réservées par le biais de son application smartphone en 2009 à 100 000 en 2010 et projette 260 000 nuitées en 2011. Louvre Hotels, dont le système a été lancé en 2008, affiche à ce jour 2 M€ de chiffre d’affaires et 2 500 réservations par mois”, assure Thierry Guiraudios, vice-président des systèmes d’information du groupe. Les fournisseurs de logiciels comme Sentinelo se rémunèrent principalement avec des commissions sur les réservations, mais beaucoup moins chers que les agences en ligne”, déclare-t-on chez Sentinelo. Apple, de son côté, demande un droit d’entrée d’environ 100 € pour figurer dans son App Store et “se rémunère sur la notoriété des marques”, précise-t-on chez Accor.

Au-delà des réservations, c’est tout un système de pré-commande, la gestion des check in et check out, des services de conciergerie qui sont en jeu. Tout en autonomisant son possesseur, le smartphone occtroit des gains de temps considérables, un bien rare pour des hommes d’affaires toujours pressés.

Évelyne de Bast

Journal & Magazine
Services