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Comment réenchanter votre entreprise, pour vos clients, pour vos salariés, pour vous ?

Gestion et marketing - lundi 19 juillet 2021 15:05
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Transformer l'organisation du travail dans son entreprise, libérer le potentiel des salariés... Olivier Milinaire, codirecteur de L'Hôtellerie Restauration, avec la participation d'Isaac Getz, auteur de L'Entreprise libérée, répondent aux questions qu'une telle transformation soulève. Sixième partie de la série de questions-réponses.



© DR


L'Hôtellerie Restauration : Après avoir vu dans le précédent article de la série (voir L’Hôtellerie Restauration n° 3742), la manière dont le groupe peut travailler ensemble, quel est le rôle des ressources humaines (RH) dans l’organisation du travail d’une entreprise libérée et qui innove ?
Les RH, en tant qu’experts du processus de recrutement, d’intégration, etc. ont un rôle à jouer, mais comme pour tous, leur rôle évolue aussi dans l’entreprise libérée. Par exemple, dans certaines entreprises, les équipes ont demandé à être partie prenante du recrutement de leurs coéquipiers, ce qui est du bon sens. Ils ont proposé de s’occuper de leur intégration en tant que parrains ou marraines, etc. Les RH ont agi alors en tant que coach/consultants internes pour co-construire avec les équipes ces nouveaux processus. Dans d’autres entreprises encore, la notion de poste donné par le patron avec une case dans l’organigramme est remplacée par un engagement librement consenti par un salarié, une activité qu’il propose de mener pendant une période pour contribuer au projet de l’entreprise. Par exemple, une équipe ‘expérience collaborateurs’ d’une entreprise s’est engagée à rendre leur expérience exceptionnelle, comme l’espace d’accueil, les collations et les repas, le courrier et les coursiers, la propreté et l’hygiène, etc. Dans l’entreprise traditionnelle, cela donnerait lieu à autant de services et cases, mais ici, il s’agit d’une seule équipe qui assure tout cela. D’ailleurs, ils ont décidé que chaque membre maîtriserait au moins deux activités. Ainsi, une dame de l’accueil le matin peut nettoyer l’après-midi, le monsieur du courrier du matin va servir les plateaux-repas du midi. Ce sont eux qui font le planning. Ce qui explique pourquoi vous trouvez des salariés d’entreprises libérées qui gardent le sourire malgré leurs tâches parfois ingrates. Les RH, dans ces entreprises, se rebaptisent parfois en ‘rendre heureux’. Ils sont donc, comme la direction, au service des équipiers.

Et quel est le rôle des managers, que vous appelez leaders, dans une entreprise libérée ?
Leur rôle consiste à se mettre au service de leurs collaborateurs pour que ceux-ci puissent assumer l’autonomie et la responsabilité que l’entreprise leur donne. Certains managers parviennent à le faire spontanément, d’autres ont besoin d’être formés ou coachés, d’autres enfin ne sont pas intéressés par ce rôle, et dans ce cas-là, l’entreprise travaille avec eux pour voir comment ils peuvent contribuer au mieux sans devenir manager.
Il est également possible que les équipiers cooptent leur leader (une cooptation est une élection sans candidats). Dans ce cas, le leader n’est pas un ancien manager mais émerge naturellement dans l’équipe.

Dans tous les cas que vous décrivez, le chef d’entreprise met en place une démarche de libération d’entreprise. Qu’en est-il si l’impulsion vient d’une sous-partie de l’entreprise : la cuisine, la salle, la réception ?
C’est déjà arrivé. Les collaborateurs peuvent amener l’idée de libération dans leur entreprise et le faire savoir aux autres, y compris au directeur. En revanche, ils ne peuvent pas déclencher cette démarche car seul le n° 1 a le mandat pour transformer l’entreprise.

En plus de déclencher la libération, quel est le rôle du directeur/leader de l’entreprise ?
Son rôle est de piloter la co-construction de l’entreprise libérée avec les salariés, puis de maintenir cet environnement organisationnel de confiance, de développement personnel et d’auto-direction. Il doit aussi incarner cet environnement en faisant confiance à ses équipes pour l’opérationnel. C’est ainsi que d’autres managers verront que ce comportement s’applique à tous les niveaux. Dans l’hôtellerie-restauration où les petites entreprises sont nombreuses, il est courant que le directeur/leader s’occupe de l’opérationnel (chef de cuisine ou directeur de salle par exemple). À lui de veiller à ce que l’opérationnel ne submerge pas l’évolution de ses managers vers le rôle de leader, transférant graduellement la responsabilité opérationnelle à leurs équipes.
Pour résumer, le leader est celui qui déclenche, puis pilote la co-construction de l’entreprise libérée et devient ensuite le gardien de ce temple de la responsabilité et de la liberté de chaque collaborateur d’agir pour la vision partagée de l’entreprise. Il est éducateur, il transmet les connaissances, il en assure la compréhension, il remonte les tendances de l’extérieur vers l’entreprise.

#isaacgetz

Olivier Milinaire