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Retour d'expérience : "J'ai organisé un vide-hôtel"

Gestion et marketing - lundi 1 juillet 2019 10:53
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À l'aube de travaux, certains établissements procèdent à un vaste déballage, à l'image des vide-greniers. Comment mettre en place un vide-hôtel ? Deux professionnels témoignent.




Armoires bretonnes, fauteuils clubs, rideaux, literie, vaisselle… Durant deux week-ends du mois de mars dernier, la vaste salle de restaurant du Grand Hôtel de Trestraou - le plus vieil établissement de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor) -, s’est transformée en une sorte de marché aux puces. L’intégralité du mobilier et des objets de cet hôtel mythique, qui a accueilli des célébrités comme Edith Piaf ou Sidney Bechet, était en effet mise à la vente. “Le groupe Kasinos Bretagne, qui a racheté l’établissement en 2018, prévoit un chantier de réhabilitation de 10 M€. Nous avons décidé de ne garder que les lustres en cristal de la grande salle”, explique Émilie Martin, responsable marketing du casino de Trestraou.

L’opération, relayée par les médias locaux, fait grand bruit. “1 500 personnes étaient présentes le premier jour, 3 000 au total. On en a profité pour parler du futur projet, glisse-t-elle. Professionnels de la restauration, brocanteurs ou particuliers sont au rendez-vous. “Tout est parti, même des choses auxquelles on n’avait pas pensé, comme le parquet de la grande salle !”, poursuit-elle. Les prix, entre 10 et 400 €, sont fixés selon ceux observés sur internet (par exemple, un sommier et son matelas de 160 cm pour 160 €). “Ça a été une opération très lucrative”, admet Émilie Martin, tout en taisant le montant exact des ventes. Les équipements de cuisine, quant à eux, sont liquidés grâce au bouche à oreille.

 

"Beaucoup de personnel et de temps"

Pour mener à bien ce vide-hôtel, aucune autorisation spécifique n’est demandée, mais l’organisation, elle, doit être rigoureuse. En amont, une dizaine d’employés ont été sollicités pour vider la cinquantaine de chambres. “On a préféré tout rassembler au rez-de-chaussée et condamner les étages pour éviter tout accident et tout vol. Cela a nécessité beaucoup de personnel et de temps, sachant qu’il y a quatre étages à descendre et juste un petit ascenseur”, note-t-elle.

Le jour J, six personnes sont chargées de “gérer les flux”. “Il y avait quelqu’un à l’entrée et à la sortie, du personnel en salle pour renseigner, faire des bons de commande et aider à porter, et quelqu’un en caisse. Un logiciel permettait d’éditer des tickets de caisse. La personne à la sortie cochait ce que le client emportait, mais celui-ci pouvait revenir chercher les grosses pièces plus tard, avec sa voiture. Il faut prévoir des accès faciles et être bien organisé, sinon les gens pourraient s’arracher les choses !”, observe-t-elle.

 

Attention aux vols

Dans le Jura, Nicolas Zugno, à la tête de la Maison Zugno (l’ex-Hostellerie des monts de Vaux), à Barretaine, a adopté la même démarche. “On a acheté en juillet 2016 une très vieille bâtisse, entièrement meublée. Mais on voulait changer totalement de style”, déclare-t-il. Trois mois plus tard, alors que les travaux ont débuté, l’hôtelier fait venir des brocanteurs pour une première évaluation, puis expose dans la cour tout ce qui habillait les deux salles de restaurant, les trois salons et les seize chambres.

En un seul samedi, un millier de personnes dévalise l’hôtel, au sens propre et figuré. “Quand on a ouvert les portes le matin, il y avait déjà 200 personnes ! Certaines se sont servies et sont parties… On était six et on était débordés. Quand on a vu ça, on a fermé les portails et on a vite mis en place un système de bons à présenter pour sortir”, raconte-t-il.

Malgré tout, le vide-hôtel demeure une bonne expérience. "L’aspect financier n’était pas notre priorité : nous avons affiché des prix dérisoires.  Ce vide-hôtel nous a permis de casser un peu cette image d’établissement inaccessible auprès des locaux, et c’est ce qu’on voulait ! Ca peut aussi être un bon moyen de communiquer : on aurait pu indiquer sur les bons notre compte facebook, la date d’ouverture estimée et un petit résumé du projet. Bref, commencer à se faire une clientèle en amont”, constate-t-il.

Néanmoins, une telle opération ne serait pas forcément judicieuse sur tous les segments hôteliers, juge Nicolas Zugno : “Les gens étaient vraiment intéressés par ce qui était ancien, et notre hôtel - un ancien Relais & Châteaux - est une référence dans la région. Ce serait sans doute moins intéressant dans le cas d’un hôtel d’affaires des années 1990.”

 


Violaine Brissart
Journal & Magazine
SOS Experts
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