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L'Air du Temps : une architecte d'intérieur se met au service d'un chef

Gestion et marketing - lundi 6 août 2018 15:30
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Paris (75) Charlotte Esquenet, designer et architecte d'intérieur, vient de rénover et agrandir L'Air du Temps, établissement du chef étoilé Sang-Hoon Degeimbre, dans la campagne belge. Le duo a oeuvré de concert, sans fausse note. Démonstration.



"Je suis intervenue en un mois seulement, après huit mois de gros oeuvre mené par un architecte. Le coeur de mon travail a été de m'adapter aux besoins des équipes. C'est d'ailleurs ce que je fais pour chacun de mes projets." Designer, architecte d'intérieur et fondatrice de la société Exsud, Charlotte Esquenet résume ainsi son intervention au sein de L'Air du Temps, hôtel et restaurant du chef doublement étoilé Sang-Hoon Degeimbre. Caché à Liernu, au beau milieu de la campagne belge, à une demi-heure de route de Bruxelles, cet établissement est une ancienne ferme, qui compte désormais quatre corps de bâtiment et 5 hectares de jardin potager. La cuisine du chef étant principalement inspirée par la nature - 80 % de ses plats sont végétaux -, il a souhaité que ce parti pris se retrouve dans tout son établissement. Ce choix a donc nécessité une étroite collaboration et la poursuite d'une complicité avec l'architecte d'intérieur, qui a déjà réalisé les trois restaurants urbains du chef, issus d'un même concept qu'il a baptisé San.

Savoir s'adapter. Charlotte Esquenet a écouté le chef, mais aussi ses équipes en salle et en cuisine. Et ce d'autant qu'à L'Air du Temps, certains cuisiniers servent aussi en salle. "Je me suis adaptée à leurs attentes en terme de circulation et d'organisation", explique-t-elle. Résultat : le long mur, qui sépare la salle des cuisines, est paré de tiroirs, rangements, tablettes, tous tapissés pour éviter les bruits inutiles. L'ensemble s'ouvre et se referme en silence également. Ce qui facilite les nombreuses manipulations et sollicitations.

Privilégier la vue. Les immenses baies vitrées qui bordent la salle de restaurant donnent l'impression de passer à table dans le jardin. Une façon originale de faire écho à la cuisine de Sang-Hoon Degeimbre, qu'il définit lui-même telle "une fenêtre ouverte sur le monde".

Inviter la nature. Dans un lieu qui propose de "manger le jardin", il y avait une logique à faire entrer des matériaux tels la pierre, le bois ou la patine de chaux dans la salle de restaurant, comme dans les 6 nouvelles chambres - qui s'ajoutent aux 5 déjà existantes. Quant aux 1 300 pièces de vaisselle, elles ont été confiées aux ateliers Bibenbou, qui ont créé céramiques et porcelaines à partir de la terre même du domaine de L'Air du Temps.

Inciter au silence. Enfin, l'épaisse moquette qui recouvre le sol de la salle de restaurant a été choisie par le duo Esquenet-Degeimbre pour son moelleux et ses qualités d'isolant phonique. Au moment du service, aucun bruit de pas ne vient perturber le repas des clients.


Anne Eveillard
Son et lumière
Le chef Sang-Hoon Degeimbre et l'architecte d'intérieur Charlotte Esquenet ont poussé leur collaboration jusqu'aux design sonore et éclairage du restaurant L'Air du Temps. Côté son, pas de musique. Juste le chant des oiseaux du jardin, enregistré en journée et le soir, qui passe respectivement en fond sonore au déjeuner et au dîner. Côté lumière, rien d'agressif. De l'indirect, le jour. Du tamisé, le soir, avec le jardin qui s'éclaire dès que la nuit tombe.