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Bac Pro en 3 ans: Pour Michel Bédu et Christian Navet, "Le Gouvernement se moque de l'insertion"

Formation - Écoles - jeudi 20 janvier 2011 17:06
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75 - Paris La dernière réunion de la 17ème commission paritaire consultative (CPC) sur le Bac Pro en 3 ans a tourné court. L’administration refuse d’écouter la profession qui réclame des aménagements sur quatre points précis : la certification intermédiaire, la pratique de deux langues étrangères, la notion de poly-compétences et les formations en milieu professionnel. Michel Bédu et Christian Navet estiment que le référentiel actuel est inapplicable en apprentissage.



De gauche à droite : Michel Bédu et Christian Navet.
De gauche à droite : Michel Bédu et Christian Navet.

Janvier 2011 devait être la dernière ligne droite pour le Bac pro en 3 ans, mais avec, du côté des professionnels, des ajustements de bon sens… Il semble qu’il n’en soit rien et que la Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO) ait déjà décidé de la finalité à donner au dossier. En tout cas, c’est ce qu’il ressort de la dernière réunion de la 17ème CPC, commission présidée par Christian Navet, également président de l’Union patronale d’Ile de France (Umih) à laquelle participaient les représentants des organisations de salariés, d’employeurs, des professeurs et du Ministère de l’Education nationale. “Nous tenons d’abord à rendre hommage aux inspecteurs de l’Education nationale et à l’inspecteur général Christian Petitcolas, qui ont toujours recherché ce qui était le mieux pour les jeunes” commentent d’une seule voix Christian Navet et Michel Bédu, en charge de la formation au sein de l’Umih, avant de s’insurger. “Ce ne sont pas eux mais bien l’administration et le ministère qui ont refusé de nous écouter” vitupèrent les deux hommes qui s’élèvent contre un possible ‘passage en force’. “Au ministère, c’est l’économie qui prime et pas la formation. On a vraiment l’impression qu’ils se moquent totalement de l’insertion alors que c’est pourtant une priorité du gouvernement. Il y a 4 points essentiels à nos yeux à revoir si on veut que ce bac porte ses fruits. De toute façon, en l'état, le référentiel n'est pas applicable dans l'apprentissage.”

Certificat de compétences professionnelles intermédiaire


La profession estime que “donner comme certification intermédiaire un CAP ou un BEP pourrait induire en erreur le jeune et sa famille, mais aussi les professionnels sachant que l’objet de la formation est d’obtenir un bac pro et non un autre diplôme à valeur indéterminée”. Elle se dit aujourd’hui favorable à un certificat de compétences professionnelles intermédiaires (CCIP) et pas à autre chose. Deux autres pierres d’achoppement : “ce bac recouvre deux diplômes (un dédié à la salle, l’autre à la cuisine à dont l’un ne permettra pas au jeune d’apprendre deux langues étrangères. Nous souhaitons que les jeunes puissent bénéficier des deux langues, dans les deux cas. A l’origine, les cursus BEP et Bac pro permettaient aux jeunes de découvrir différentes compétences et notamment celles des métiers de service et de cuisine. Dans le cadre des travaux menés, nous avons opté pour la création de deux diplômes distincts au travers du bac, afin que les jeunes puissent se consacrer pleinement  à un enseignement précis. Néanmoins, chacun s’accorde à penser que la première année les élèves doivent pouvoir découvrir la diversité de nos métiers avant de finaliser leur choix pour les deux années suivantes. Nous souhaitons que soient revues les modalités de déroulement de l’enseignement avec une première période commune, idéalement durant le premier trimestre.” Dernier sujet qui fâche : “il est actuellement prévu que les formations en milieu professionnel soient réalisées pour 2/3 dans la restauration commerciale et pour 1/3 dans la restauration collective, et ceci pour les deux diplômes. Cette répartition dans les lieux de stage est peu réaliste, restrictive et met à nouveau en opposition deux formes de restauration supposées. Il serait préférable de demander à ce que les périodes de formation en milieu professionnel soient réalisées dans des environnements ou des formes de restauration différents sans imposer de contingentement. Un jeune qui a choisi le service et se retrouve dans la collective aura beaucoup de mal appréhender à la réalité du service…” Au terme de cette réunion, les référentiels cuisine et service en restauration ont été mis au vote. Les représentants des organisations salariales et employeurs ont voté contre, les professeurs se sont abstenus et les représentants du ministère ont voté pour... “Ca fait plus d’un an que la commission travaille et ce que nous demandons est tout à fait faisable et nous le répétons, frappé au coin du bon sens. Tous les représentants de la profession sont d'accord et pourtant le ministère n'en fait qu'à sa tête” terminent Christian Navet et Michel Bédu. Gros orage dans l’air.

Sylvie Soubes