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66% des entreprises feront moins appel à l'apprentissage cette année

Formation - Écoles - lundi 10 janvier 2011 11:11
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Une enquête Ipsos-Apprentis d’Auteuil révèle que 7 chefs d’entreprises sur 10 ont l’intention d’avoir moins recours à l’apprentissage en 2011. Les réactions de Régis Marcon, dont la mission sur l'alternance et l'apprentissage se poursuit activement.



L’Hôtellerie-Restauration : Comment analysez-vous ce résultat ?
Régis Marcon : Je ressens un certain découragement dans la profession et plus particulièrement chez les 2 et 3 étoiles. Et cella m’effraie un peu. Ce n’est pas simple, les familles ont du mal avec les contraintes horaires, vous avez aussi des jeunes qui sont sans repères familiaux ou qui viennent dans le secteur par défaut. L’absentéisme est un vrai souci. D’autre part, je pense que l’abandon de l’agrément d’apprentissage a été une erreur. Vous avez des apprentis qui se retrouvent dans des établissements où l’on ne travaille pas la matière et cela contribue à ternir l’image du métier.

Cette étude met aussi l'accent sur l'inadaptation de l'offre de l'apprentissage aux attentes et aux besoins des chefs d'entreprises ?
R. M. : Je ne suis pas d’accord avec ce raisonnement. En revanche, cela démontre le manque d’informations dont dispose l’entreprise. L’information est pourtant diffusée mais la diversité des métiers, des publics et des dispositifs fait que cela devient complexe. Les professionnels se perdent un peu dans les différents dispositifs. On caricature facilement le système de formation en se renvoyant les responsabilités vous savez…

Les dirigeants d’entreprise reconnaissent toutefois dans l’apprentissage un outil de lutte contre le chômage et d’insertion sociale…
R. M. D’où la nécessité de mieux faire connaître en amont les dispositifs, les fonctions et les attraits des différents métiers. Nous y travaillons dans le cadre de la mission. Nous sommes, aussi, par exemple, favorables à une période de pré-apprentissage pour éviter que les jeunes viennent par défaut dans notre secteur d’activité. Parmi les solutions, il y a les développeurs d’apprentissage, ce sont des personnes qui dépendent des CCI et qui vont expliquer aux entreprises les dispositifs. Nous allons mettre en place des opérations pilotes dans trois régions. Nous voulons que chaque contrat soit associé à un engagement signé par le maître d’apprentissage, l’apprenti ou ses parents et le formateur. Il faut que chacun se sente responsabilisé. Les formateurs doivent aussi êtres formés. Et puis, il est important qu’il y ait des accompagnements individualisés des jeunes pour limiter les ruptures. Nous devons également adapter des parcours d’apprentissage pour les jeunes qui en réorientation.

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Propos recueillis par Sylvie Soubes

L'enquête Ipsos-Apprentis d’Auteuil sur les chefs d’entreprise et l’apprentissage en 2011
Plus d’un chef d’entreprise sur 2 (64 %) affirme avoir déjà eu recours à l’apprentissage (fréquemment 30% ou parfois 19%) mais près de 7 chefs d’entreprise sur 10 (66%) estiment qu’ils auront moins recours à l’apprentissage en 2011. Parmi eux, 38% affirment même qu’ils signeront "beaucoup" moins de contrats d’apprentissage l’année prochaine. Ces résultats illustrent pour une part les difficultés rencontrées par de très nombreux dirigeants de PME et l’impact de la crise économique.
Les patrons de PME ont le sentiment que les formations et les profils des apprentis ne sont pas encore suffisamment en lien avec leurs besoins. La crise a très probablement accentué cette tendance et la nécessité de trouver rapidement des profils stables et adaptés. Au premier rang des freins, les chefs d’entreprises citent d’abord l’insuffisante adaptation des apprentis au monde de l’entreprise (19%) devant la méconnaissance qu’ils ont de ce dispositif, la charge salariale et la complexité administrative des formalités. Leurs difficultés pratiques lorsque leur entreprise cherche à avoir recours à des apprentis, tiennent majoritairement au fait de trouver le profil dont ils ont besoin pour 40%, bien avant la complexité des démarches administratives pour avoir recours à un apprenti (27%) et la connaissance des aides (25%). A contrario, ils considèrent que pour renforcer l’attractivité de l’apprentissage, il faudrait d’abord des formations plus en lien avec leurs besoins (30%) et une présélection du profil des apprentis que leur entreprise attend (29%).
Le manque d’information semble également être responsable de la désaffection des chefs d’entreprises pour l’apprentissage. Ils sont, de leur propre aveu, 51% à confondre le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. La méconnaissance du dispositif de l’apprentissage arrive en 2ème position des freins qui expliquent que les entreprises n’aient pas plus recours à l’apprentissage et les chefs d'entreprises sont 40% à juger que leur information est insuffisante sur les dispositifs d'aide en vigueur.

Sondage réalisé par téléphone entre le 30 novembre et le 13 décembre 2010 auprès de 301 dirigeants de PME de 10 à 499 salariés.