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McDonald's mise sur la validation des acquis de l'expérience

Emploi - vendredi 17 juin 2011 11:55
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75 - Paris Pour Hubert Mongon, vice-président des ressources humaines de McDonald's France et Europe du Sud, si le dispositif de la VAE n'a pas conçu comme un tremplin pour la carrière des salariés de l'enseigne, il constitue une source de motivation déterminante pour évoluer dans le groupe.



'Notre objectif est de permettre à 1 000 équipiers de décrocher ce diplôme dans les trois ans qui viennent', affirme Hubert Mongon, vice-président des ressources humaines de McDonald's France et Europe du Sud.
'Notre objectif est de permettre à 1 000 équipiers de décrocher ce diplôme dans les trois ans qui viennent', affirme Hubert Mongon, vice-président des ressources humaines de McDonald's France et Europe du Sud.

L'Hôtellerie Restauration : Le 22 mars dernier, McDonald's France a signé avec le ministère de l'Éducation nationale un accord-cadre autour de la mise en oeuvre de la validation des acquis de l'expérience (VAE). Quels sont vos dispositifs de VAE et vos projets en la matière ?

Hubert Mongon : En 2004, nous avions lancé un projet de VAE à l'attention de nos directeurs de restaurant. En effet, dans nos métiers, la promotion est essentiellement interne et plus de 80 % de nos directeurs ont commencé comme équipiers. Et parmi eux, certains n'ont pas leur bac. Leurs responsabilités sont pourtant importantes. Ils animent des équipes pouvant aller jusqu'à 200 personnes - comme dans le restaurant des Champs-Élysées, à Paris - et gèrent des chiffres d'affaires de plusieurs millions d'euros. En cinq ou dix ans d'expérience, ils ont progressé à ces postes clés. La VAE leur apporte la reconnaissance d'un diplôme (niveau bachelor).

Pour beaucoup, cette reconnaissance est d'abord personnelle avant d'être un nouvel atout professionnel. Ce programme dure six mois dont six journées théoriques en groupe. Ils sont aidés et accompagnés pendant ce parcours. Aujourd'hui, 123 directeurs de restaurants ont ainsi obtenu leur diplôme. Un taux de réussite de 94 % ! Seuls trois d'entre eux ont quitté McDonald's, dont deux pour créer leur propre entreprise. Si, dans l'esprit, la VAE n'est pas conçue comme un tremplin pour la carrière, il se trouve que cette nouvelle étape dans le parcours de formation des salariés peut faire naître une motivation supplémentaire et donc provoquer parfois une promotion ou une augmentation de salaire. Le bilan est donc positif sur tous les plans. Ce dispositif coûte à l'employeur environ 3 000 €.

Depuis trois ans, nous avons travaillé avec le ministère de l'Éducation nationale pour mettre en place un nouveau programme de VAE, cette fois destiné aux équipiers, avec pour débouché le CAP d'agent polyvalent de la restauration. L'accord-cadre, signé le 22 mars dernier, nous permet désormais d'ouvrir la VAE à tous les équipiers qui en expriment le désir. Ces derniers sont entourés et guidés, non seulement en interne mais aussi par les structures de l'Éducation nationale de toutes les académies. Notre objectif est de permettre à 1 000 équipiers de décrocher ce diplôme dans les trois ans qui viennent. Nous espérons un taux de réussite très élevé. Nous avons déjà des demandes qui remontent de nos franchisés. Les études se déroulent sur quatre à cinq mois avec trois ou quatre journées théoriques. Elles donnent lieu à la rédaction d'un rapport sur leur activité et leur expérience professionnelle, puis à une soutenance devant un jury de professionnels et d'enseignants. Le coût de ce programme s'élève à environ 1 200 €. Nous aimerions maintenant poursuivre cette démarche en faveur de nos managers en leur proposant, toujours par la VAE, un BTS de management des unités commerciales.

 

Quelles actions RH avez-vous mises en place afin de professionnaliser les recrutements ?

Le moteur de notre entreprise repose sur la qualité de service. Nos équipes, dont la moyenne d'âge est de 22 ans, sont les acteurs principaux de notre business. Avec un rythme annuel de 40 000 recrutements et de 3 000 créations d'emplois, nous devons renforcer et enrichir en permanence nos méthodes de sélection et d'intégration. Plusieurs centres de l'emploi et des métiers, ont ainsi été créés, à Paris et Lyon : entretiens, recrutements par simulation, procédures d'intégration… Ces centres ont permis aux restaurants gérés en propre par la marque de réduire leur turn-over de 30 %. Les directeurs de restaurants sont formés à ces techniques et les franchisés ont à leur disposition des kits d'intégration.

Il est en effet essentiel de réussir cette phase. Nos équipiers, constitués à 40 % d'étudiants, doivent maîtriser rapidement nos standards (qualité de service, règles d'hygiène…). Dans chaque restaurant, trois formateurs accompagnent les nouvelles recrues pendant un mois sur les différents postes de travail mais dispensent également des modules d'information sur l'environnement de l'entreprise (sécurité alimentaire, service aux clients, présentation de l'enseigne et du restaurant…). Cette politique de recrutement et d'intégration se prolonge ensuite à travers des dispositifs de formation et d'évolution de carrière, essentiels pour fidéliser nos collaborateurs.

 

Quels sont vos projets et vos axes de travail ?

80 % des restaurants de McDonald's France sont gérés par des franchisés. Même si ces partenaires - dont les contrats sont de location-gérance et sont signés pour vingt ans - sont totalement indépendants sur leur stratégie RH, il nous semble important de partager ensemble régulièrement autour des principaux enjeux sociaux de l'enseigne. Les thèmes sur lesquels nous voulons développer de nouveaux outils ou améliorer notre performance sont ainsi discutés au sein de la commission RH composée de dix franchisés élus pour deux ans.

Aujourd'hui, nous travaillons sur plusieurs projets : une des questions clés tourne par exemple autour de la communication au sein des restaurants et au sein de l'enseigne. Comment animer cette communauté de salariés, répondre à leurs attentes et à leurs besoins ? Nous avançons actuellement sur cette priorité en privilégiant la technologie digitale. Par ailleurs, nous continuons à progresser sur la qualité de l'environnement de travail et des avantages sociaux liés à la santé - comme la mutuelle, dont 80 % de nos salariés bénéficient déjà aujourd'hui - et sur l'employabilité à travers la VAE.
Enfin, nous cherchons à développer l'emploi des seniors dans notre enseigne. Nos restaurants implantés en zone rurale ou dans des bassins d'emploi sinistrés, par exemple, offrent une véritable solution pour ces salariés. En tant qu'acteur économique et social national de premier plan, c'est aussi pour nous une façon de prendre nos responsabilités face aux enjeux sociaux de notre pays.
Propos recueillis par Valérie Meursault