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La Lorraine veut attirer des touristes et des talents

Emploi - mercredi 2 mars 2011 11:37
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Metz (57) Désireuse de se positionner comme destination touristique, la Lorraine investit dans ce secteur d’activité. L’hôtellerie-restauration multiplie les projets pour accueillir l’afflux attendu de visiteurs. L’un des enjeux désormais est d’améliorer le niveau de formation des jeunes et d’attirer des professionnels expérimentés afin de parvenir à hisser le niveau des prestations et de l’accueil.



Inauguré en mai 2010, le Centre Pompidou-Metz a attiré plus de 600 000 visiteurs après huit mois seulement d’ouverture. Une bouffée d’oxygène pour les restaurants et les hôtels des environs.
© JC Kanny-Moselle Tourisme
Inauguré en mai 2010, le Centre Pompidou-Metz a attiré plus de 600 000 visiteurs après huit mois seulement d’ouverture. Une bouffée d’oxygène pour les restaurants et les hôtels des environs.

“D’ici quelques années, 80 % des hôtels familiaux auront disparu dans le département, sauf peut-être dans les principales villes comme Metz et Thionville. De nombreuses affaires seront à reprendre mais les investissements pour les remettre aux normes sont si importants qu’il y a peu de chances que cela aboutisse. On assiste déjà à ce phénomène pour les cafés. À Metz, aucun nouveau café n’a ouvert ses portes depuis quinze ans en centre-ville, car les loyers sont trop élevés. Pas reluisant le constat dressé par Jacques Hitzges, le président de l’Umih de la Moselle et vice-président régional, à propos du dynamisme de l’hôtellerie-restauration locale qui emploie environ 35 000 personnes.

Sauf que, Jacques Hitzges en convient, le secteur de l’hôtellerie-restauration lorrain est en phase de mutation. Et cela est lié au fait que la région entend se positionner comme une destination touristique. L’ouverture du Centre Pompidou-Metz, qui a attiré, à fin décembre 2010, plus de 600 000 visiteurs en huit mois d’existance, en est l’illustration la plus médiatisée. Les retombées économiques rien que pour Metz sont déjà évaluées à plus de 10 M€. Mais ce n’est qu’un exemple. En quelques années à peine, se sont créés un Center Parcs qui fait le plein et un parc d’attractions Walygator. D’importants investissements ont également été effectués dans les stations de ski vosgiennes, tandis qu’un vaste projet de 30 M€ est dans les tuyaux pour relancer la base de loisirs de Madine, dans la Meuse. “Globalement, ce sont 800 M€ d’investissement privés et publics qui ont été réalisés ou sont programmés dans le tourisme”, explique Philippe Buron-Pilâtre, le vice-président du conseil économique social et environnemental de Lorraine, en charge du tourisme mais également organisateur du Mondial Air Ballons, manifestation qui attire 400 000 visiteurs à chacune de ses éditions. 

Soigner la formation 

Ces évolutions s’accompagnent d’investissements dans l’accueil des touristes, à l’image de l’ouverture de l’hôtel 4 étoiles La Citadelle, à Metz, ou de l’Hôtel Amnéville Plaza, autre 4 étoiles à Amnéville-les-Thermes, en Moselle. Les propriétaires de Walygator ont pour projet d’investir 150 M€ (avec des partenaires privés et publics) afin de créer trois hôtels, soit 1 000 chambres et 700 emplois à la clé, à proximité du parc d’attractions et de la base de loisirs et de thermalisme d’Amnéville-les-Thermes, où des centaines de millions d’euros ont déjà été investis (casino, zoo, piste de ski indoor…). Le Grand Hôtel de Gérardmer a également investi pour offrir de nouveaux services. Metz et Nancy, qui remodèlent leur centre-ville, planchent toutes deux sur la création de nouveaux hôtels et d’un palais des congrès de plus 1 200 places. Le tourisme d’affaire est d’ailleurs l’un des axes de développement envisagé. Selon une étude de la CCI de la Moselle, le tourisme d’affaires a généré près de 50 M€ de chiffres d’affaires en 2008, la crise ayant freiné la croissance continue de ces dernières années.

“La Lorraine a des atouts : des infrastructures en facilitant l’accès, une offre plurielle en matière d’hébergement mais qui reste à étoffer dans le haut de gamme pour satisfaire aux exigences du tourisme d’affaires, des sites et évènements, notamment culturels, intéressants. Mais il lui faut réussir à développer une offre explicite et lisible et surtout hisser son niveau d’accueil”, estime Brice Duthion, maître de conférence au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et secrétaire, conseil scientifique et professionnel, à l’Institut français du tourisme (IFT). “Le challenge est effectivement d’améliorer la qualité de l’accueil et du service. Notre offre de formation pour des métiers comme serveur ou cuisinier est bonne, mais elle est perfectible, surtout en ce qui concerne l’enseignement des langues. De gros efforts ont été faits pour développer des formations sur mesure. Cela s’est fait, par exemple, pour former les employés du Center Parcs. Le conseil régional, dont la formation professionnelle est l’un des cœurs de métiers, a multiplié par quatre son budget alloué à l’hôtellerie-restauration depuis vingt ans”, ajoute Philippe Buron-Pilâtre. “La Région a investi 2,6 M€ dans notre nouveau restaurant pédagogique”, renchérit Patrick Thiebaud chef de travaux du lycée professionnel Pierre et Marie Curie de Freyming-Merlebach, en Moselle. Les chambres de commerce accompagnent également les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration dans la mise en qualité de leur établissement, à l’image de la CCI 54. Ou, comme la CCI 57, en créant une plateforme internet imaginée comme une véritable caisse à outils au service des professionnels. 

Attirer des cadres

Mais il faudra faire plus encore. Selon l’Insee Lorraine, des tensions sur certains métiers vont apparaître d’ici dix ans, car un professionnel de l’hôtellerie-restauration sur quatre partira à la retraite. Cela représente des milliers de postes à pourvoir dans les années à venir et même dès à présent pour le métier de cuisinier qualifié. Et cela sans trop anticiper sur l’évolution attendue des besoins liés au tourisme (à Metz, le taux d’occupation des hôtels a augmenté de 14 à 25 % et même de 73 % pour La Citadelle, depuis l’ouverture du Centre Pompidou-Metz) et sur ceux du voisin luxembourgeois qui capte les talents. “Nous ne disposons pas suffisamment de formations supérieures, type BTS ou master, regrette Philippe Buron-Pilâtre. C’est un handicap. Il nous faut donc réussir à attirer des talents et des cadres de l’hôtellerie-restauration. C’est une priorité. Sur ce point nous sommes en concurrence avec des régions qui bénéficient d’une meilleure image que la nôtre en matière de tourisme. Mais c’est ici que le challenge s’annonce le plus passionnant. Il faut bien comprendre qu’il y a quinze ans à peine, imaginer que la Lorraine puisse devenir une région touristique faisait rire, y compris les Lorrains.” Autant rire que les vins de Moselle, qualifiés de ‘piquette’ il y a vingt ans, et qui ont décroché l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) à force de travail et en misant sur la qualité, en novembre dernier. L’exemple à suivre.

Jean Fabian