L’Hôtellerie Restauration • Avril 2026 HÔTELLERIE 12 Hôtellerie et coworking e et de mode ou rentabilité assurée ? Depuis la crise sanitaire, le télétravail a le vent en poupe. D’où le développement des espaces de coworking. Pour certains hôteliers, c’est une nouvelle piste pour booster un chiffre d’affaires. Pour d’autres, c’est une fausse bonne idée. Enquête à l’heure où l’hôtel repense le bureau et le bureau s’inspire de l’hôtel. et hôteliers ne sont pas en reste. Et pour cause, c’est une façon de rentabiliser des espaces peu ou pas exploités de manière optimale. Mark Watkins cite en exemple le lobby, “généralement peu fréquenté en journée”. Florian Bitker, directeur général du groupe Drawing Hotels Collection, va plus loin. “Nous retirons les bureaux de nos chambres, pour leur préférer de petites consoles, car les clients préfèrent nos rezde-chaussée – lobby et espaces de restauration – pour travailler”, explique-t-il. Quid du problème du bruit ambiant? “Bien souvent, en visioconférence, les clients s’isolent en mettant leurs écouteurs ou un En France, au premier semestre 2024, le télétravail concernait plus d’un salarié du secteur privé sur cinq, selon l’Insee. De même source, cette pratique s’est normalisée “sur un rythme hybride proche de deux jours par semaine en distanciel”. Un contexte qui explique le succès des espaces de coworking. “Il s’en est ouvert environ 50000 dans le monde en 2025, contre 14000 en 2017”, constate Mark Watkins, fondateur du cabinet Coach Omnium. Même dynamique en France, où l’on comptait près de 3400 lieux dédiés au coworking en 2025, soit deux fois plus qu’en 2019. Hôtels casque”, a pu constater Florian Bitker. Les grands groupes hôteliers misent, eux aussi, sur l’accueil du télétravailleur. À titre d’exemple, Accor propose des espaces de coworking griffés Wojo – réseau qui vient de fêter ses dix ans et cultive la “workspitality” – dans 160 de ses hôtels, de l’Ibis au Pullman, à travers le monde. Quant à Best Western Hotels & Resorts France, le groupe a créé sa propre marque de coworking, baptisée myWO, avec une offre d’espaces sur mesure selon les besoins des travailleurs nomades. 5 à 10% de coworkers dans l’espace de restauration Les initiatives du secteur de l’hôtellerie – y compris chez les indépendants – sont nombreuses, à la fois pour faciliter un séjour d’affaires, mais aussi pour attirer une clientèle de proximité, prête à payer un forfait, voire un abonnement, pour une bonne connexion wifi, une table de travail, une prise pour recharger une batterie et autre café à volonté. L’hôtel s’ouvre à la vie de la ville. D’ailleurs Florian Bitker ne parle pas d’espace de coworking, mais de “lieu de vie”, dont il est le premier utilisateur : “Je dirige un groupe hôtelier qui compte 140collaborateurs et je n’ai pas de bureau. Je travaille dans le lobby de chacun de nos hôtels, ce qui me permet de me connecter au monde, aux autres, et d’appartenir à un lieu qui vit.” Un parti pris pour davantage de flux et une nouvelle source de revenus. “Au rez-de-chaussée de la Drawing House, à Paris (XIVe), où notre espace de restauration ouvre de 7 heures à minuit, nous dressons 1500 à 2000 couverts par semaine, à raison de 25 à 35 € (HT) le repas. Parmi cette clientèle, 5 à 10% sont des coworkers, dont 90 % consomment pour 5€ (HT) en moyenne. Mais si ces clients, qui viennent travailler devant un café, se sentent bien, demain, ils Situé au rez-de-chaussée de chaque hôtel Okko, l’espace Club a été pensé pour coworker, réseauter, boire et grignoter. © DR
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