De l’info, des métiers, des passions
De l’info, des métiers, des passions MARS 2026 N° 3854
© Caroline Faccioli - Rougié 2026 - Tous droits réservés.
pour monter un groupe de restauration Conseils d’entrepreneurs Être restaurateur, c’est un métier de passion où l’on ne compte pas ses heures. Toujours la tête dans le guidon. Dès lors, comment peut-on trouver le temps d’ouvrir un autre établissement ? Choix stratégique, fibre entrepreneuriale, modes de financement… Trois entrepreneurs font part de leur expérience pour changer d’échelle. Le Gros Bao du quartier de Noailles à Marseille. © Bao Family par un développement succursaliste : “Je connaissais la franchise, les process optimisés. On a pris le contrepied. On voulait apporter un maximum de valeur pour attirer du monde, être en total contrôle et maîtriser la qualité”, glisse-t-il pour expliquer son choix. Aujourd’hui, avec 14 établissements (le duo a racheté en août 2025 Street Bangkok), Billy Pham affirme travailler moins qu’à ses débuts. Quels sont les avantages ? “Quand on a une seule affaire, on fait tout tout seul. Quand on a plusieurs affaires, on paie des gens, et on perçoit une commission mensuelle sur chaque affaire. On peut aussi embaucher, au siège de sa holding, trois ou quatre personnes pour les fonctions support, comme les RH, la communication, les travaux”, précise Julien Fouin, cofondateur du groupe Vertigo et de l’“accélérateur de food-entrepreneurs” Service Compris. Un groupe favorise aussi les économies d’échelle, comme l’explique Benjamin Baches, cofondateur de la sandwicherie Jean Bonbeurre et de Pique-Poule : “Pour Jean Bonbeurre, on fait des copiés-collés de boutiques de 20-25 m². On a le même entrepreneur, le même architecte, le même électricien. Ça permet de bénéficier de meilleures conditions, voire de meilleurs tarifs. On a aussi plus de poids vis-à-vis des fournisseurs. On s’affranchit de certains problèmes de logistique, de frais de port, et on a plus de visibilité.” Benjamin Baches a rapidement mis en place un petit laboratoire en sous-sol d’une de ses boutiques pour la production de cookies, mais cet investissement est à manier avec précaution, témoigne Billy Pham: “On a créé un laboratoire de production. Cela permet de maîtriser la qualité, mais ça peut mettre en difficulté. C’est un autre métier : on doit gérer la chaîne du froid, la logistique, les process, avoir une cellule R&D… Et pour amortir le matériel du laboratoire, il faut vraiment faire de gros volumes.” Benjamin Baches (à gauche) et son associé Olivier Bronner ont créé sept points de vente Jean Bonbeurre en un an et demi. © DR Pourquoi développer un groupe de restaurants? Billy Pham, cofondateur du groupe Bao Family, a ouvert sept restaurants de cuisine chinoise entre Paris et Marseille depuis 2019. Cet ancien franchisé de la restauration rapide (Bagelstein et Subway) s’est associé avec Céline Chung, ex-consultante devenue le bras droit de Rudy Guénaire chez PNY Burger. “Notre premier restaurant faisait 50 couverts. On ne s’est pas payé pendant un an et demi, alors qu’on travaillait 80 heures par semaine. Le but, c’est de pouvoir en vivre. Pour des raisons financières, on a décidé d’ouvrir un deuxième point de vente. Au-delà de cet aspect financier et de la volonté de diviser les risques, on voulait démocratiser la bonne cuisine chinoise”, raconte-t-il. Celui qui “aime créer des concepts” a été séduit “On fait des copiés-collés de boutiques de 20-25 m². On a le même entrepreneur, le même architecte, le même électricien” SNACKING L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 5
Les conseils de Benjamin Baches, serial-entrepreneur • Être à l’écoute du marché, mettre de côté ses goûts personnels et trouver un produit qui a un vrai potentiel de développement. • Mieux vaut travailler dans le secteur (au moins deux ans) avant de lancer son affaire. • Toujours démarrer petit. Le succès permet de grandir ensuite. Il ne faut pas être trop gourmand avec les fonctions support, le laboratoire, surtout si la fréquentation diminue. • Être patient, à la hauteur de ses moyens : si on n’a pas d’investisseur, il faudra travailler dur pendant un ou deux ans pour passer à une deuxième adresse. Quels modes de financement ? Fonds propres, dette bancaire, business angels, love money, fonds d’investissement, crowdfunding… Les possibilités sont variées. Pour Julien Fouin, “les fonds propres sont indispensables au démarrage, avec au minimum un tiers de la somme à emprunter aux banques. On peut tester son projet avec un pop-up : ça permet de gagner un peu d’argent et de démontrer que le projet fonctionne. Ça coûte cher d’ouvrir un fonds de commerce en ville avec un emplacement numéro un”. Pour tenter de convaincre les banques, il faut présenter un “business plan extrêmement détaillé sur trois ans, qui précise les coûts et revenus de l’entreprise, le type de lieu, les jours d’ouverture, la zone de chalandise, le prix au m² pour les travaux…” et ne pas hésiter à contacter un courtier, souligne-t-il. Sur le chapitre financier, chacun a sa recette. Benjamin Baches s’est associé dès le début à un investisseur. “Les quatre premières boutiques Jean Bonbeurre ont été ouvertes sur fonds propres. Pour la cinquième, les banques ont commencé à suivre. Les fonds propres nous ont permis de nous développer rapidement, avec sept ouvertures en un an et demi”, confie-t-il. De son côté, Billy Pham a mixé fonds propres et dette bancaire pour son premier établissement, Petit Bao : “Nos résultats spectaculaires sur le premier Petit Bao nous ont permis de faire trois levées de fonds successives auprès de business angels, pour plus d’un million d’euros. Il faut accepter d’ouvrir son capital. On a même fait du crowdfunding récemment, tout en utilisant un levier bancaire pour chaque restaurant. Quant à Street Bangkok, qui était en difficulté financière, on l’a racheté à la barre du tribunal en fonds propres.” Comment bien s’entourer ? Nos trois entrepreneurs n’ont pas fait cavalier seul : ils ont choisi des associés pour mener à bien leur projet. “C’est un métier trop difficile et polyvalent pour rester seul. Il faut trouver un associé qui soit complémentaire. Je suis plus opérationnel, et Céline plus créative”, note Billy Pham. Il faut aussi être épaulé par un avocat d’affaires et un bon comptable pour bien structurer son entreprise dès le départ. “On a été accompagnés par Service Compris dès le début, ça nous a vraiment aidés et ça nous a fait gagner beaucoup de temps. Ils nous ont ouvert leur carnet d’adresses pour les avocats, les fournisseurs, les architectes…”, poursuit Billy Pham. Enfin, l’art de recruter, fidéliser et déléguer s’avère crucial. Chez Jean Bonbeurre, “les responsables sont aux 35 heures et touchent environ 2000€ nets dès le premier mois d’embauche. Ils ont leurs soirées et leurs week-ends disponibles. L’ensemble des équipes (managers et équipiers) sont également récompensés des bons résultats mensuels par un système de primes directes sur le mois suivant”, partage Benjamin Baches. Chez Bao Family et Vertigo, le “côté famille” de l’entreprise, le bien-être des salariés, la formation et les évolutions de carrière sont au cœur de la politique RH. “Pour développer de nouveaux restaurants, nous nous associons à d’anciens salariés”, déclare Julien Fouin. Une stratégie payante : aujourd’hui, Vertigo compte une dizaine de restaurants et d’associés, et 140 salariés. L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 6 Julien Fouin, cofondateur du groupe Vertigo, compte une dizaine de restaurants et d’associés, et 140 salariés. © DR “Nos résultats spectaculaires sur le premier Petit Bao nous ont permis de faire trois levées de fonds successives auprès de business angels”, raconte Billy Pham. © DR “Pour tenter de convaincre les banques, il faut présenter un business plan extrêmement détaillé sur trois ans” “C’est un métier trop di cile et polyvalent pour rester seul. Il faut trouver un associé qui soit complémentaire.”
entre liberté et contraintes Food bikes : Qu’il s’agisse de burgers préparés à bord d’une camionnette, de plats du monde mijotés dans une caravane ou de pizzas cuites dans un four installé à l’arrière d’un vélo, les concepts de restauration nomade se déclinent à l’infini et se multiplient. Ce modèle encore en construction a ses atouts et ses limites. L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 8 Dans l’espace public, les restaurateurs nomades cuisinent face aux clients. Une proximité qui favorise l’échange, la visibilité et la fidélisation. © La Roue Libre un triporteur de pizzas. La présence dans l’espace public renforce également la notoriété. “Nos véhicules sont aux couleurs de nos marques (…). Cela nous fait de la publicité”, souligne le patron du Pain du père. Une visibilité qui lui a permis de se constituer une clientèle fidèle avant l’ouverture de son restaurant. Une liberté… encadrée La mobilité ne signifie pas liberté totale. La vente sur la voie publique est réglementée et nécessite des autorisations spécifiques. “Nous ne pouvons pas nous installer n’importe où”, rappelle Daniele Matonti. Et puis, “les clients ont leurs habitudes. C’est important qu’ils sachent où nous trouver”, ajoute Luc Beduchaud. La restauration nomade doit aussi composer avec les contraintes matérielles. “Sur mon triporteur, je peux transporter au maximum 300kg, moi compris. C’est pour cela que je ne propose ni boissons ni desserts”, explique Luc Beduchaud. Antoine Tytgat mesure aujourd’hui l’écart : “Avec mon vélo, je disposais d’à peine 2,70 m². Dans mon restaurant, l’espace n’a plus rien à voir!” Météo et événementiel, variables clés La météo est un paramètre déterminant. “S’il pleut ou s’il y a trop de vent, c’est compliqué de sortir”, reconnaît Luc Beduchaud. Pour sécuriser leur chiffre d’affaires, de nombreux restaurateurs complètent leur activité par de l’événementiel. “Cela nous permet d’assurer un revenu plus régulier”, explique Daniele Matonti, qui souligne l’intérêt des prestations planifiées avec une gestion des stocks simplifiée. Cette logique attire aussi des restaurateurs sédentaires, comme Florent Ladeyn et sa friterie mobile. Construire un projet cohérent Dernier point de vigilance : le périmètre d’intervention. “Je ne vais pas à plus d’1h30 de trajet à vélo, explique Luc Beduchaud. J’ai vu des food-trucks accepter des prestations trop éloignées, ce qui affecte leur rentabilité.” La restauration nomade offre de réelles opportunités, à condition d’en mesurer les limites. Avec ses huit années d’expérience, le fondateur de La Roue Libre conclut : “Il ne faut pas chercher à copier. Le choix du matériel dépend du contexte, des déplacements, de la réalité du terrain. Il faut construire sa propre solution.” ÀLille, Antoine Tytgat a ouvert son restaurant, Le Pain du père – spécialisé dans les recettes de pain perdu sucrées et salées – après avoir testé son concept pendant plusieurs mois en sillonnant les rues de la ville à vélo. Cette phase d’expérimentation nomade lui a permis d’ajuster son offre, d’observer les réactions des clients et de mesurer la viabilité du projet. “Plutôt que de partir à l’aveugle, j’ai préféré éprouver mon concept derrière un vélo, pour me lancer petit à petit”, explique-t-il. Un accès facilité à l’entrepreneuriat C’est l’un des principaux atouts de la restauration nomade : se lancer en limitant les risques financiers, avant d’envisager une installation pérenne. Daniele Matonti, fondateur d’Italian Food Bike, a ainsi développé son activité de vente de plats italiens avec un investissement compris entre 25000 et 30000€. “J’ai un vélo, un local de production et je loue une place de stationnement. C’est bien moins cher qu’un restaurant”, confie-t-il. Antoine Tytgat abonde : “Les pannes sont à prévoir, mais le coût reste inférieur à celui d’un établissement classique.” La mobilité comme levier de visibilité Autre avantage : la flexibilité géographique. Contrairement aux restaurants traditionnels, qui dépendent de leur emplacement, la restauration nomade permet d’aller à la rencontre des clients. Parcs, marchés, zones piétonnes ou événements ponctuels deviennent autant d’opportunités. “L’avantage, c’est que notre métier est très humain. Nous cuisinons face aux clients, à leur hauteur. Cela crée du lien”, explique Luc Beduchaud, fondateur de La Roue Libre,
Snaking. En partenariat avec la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française , Sysco organise la 3ème édition du Concours National du Meilleur Sandwich. Scannez pour en apprendre plus et inscrivez vous jusqu’au 31 mars : Rendez-vous sur Sysco.fr SYSCO FRANCE SAS - MIN de Rungis Bâtiment A1Rond-Point des Roses, 94550 CHEVILLY-LARUE Tél : 04 78 66 38 00 - SAS au capital de 100 000 000 € - RCS Créteil n° 316 807 015 - O re reservée aux professionels de la restauration Crédit photo : @sadiksansvoltaire, @Sarah Vasseghi, AdobeStock Une histoire de chef ! PARTENAIRE A P
Tapas Rojas lutte contre son manque de visibilité Cauchemar en cuisine : Depuis la crise du Covid, Antonio Rojas peine à relancer la fréquentation de son restaurant de tapas, situé dans une petite rue peu passante de Marseille. Menus à bas prix, signalétique, communication… Autant d’initiatives, de retours d’expérience et de conseils passés à la loupe. L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 10 Antonio Rojas, épaulé par Philippe Etchebest, tente de doper la visibilité de son restaurant de tapas, blotti dans une petite rue marseillaise peu fréquentée. © DR nourrir. Ce n’était pas rentable pour seulement huit tables. À la place, j’ai mis un écran plasma avec du flamenco et une guitare à disposition : les clients peuvent se mettre à jouer de manière spontanée”, explique-t-il. “Sur le fil” Après deux tentatives auprès de Cauchemar en cuisine, Antonio Rojas voit débarquer Philippe Etchebest et l’équipe de tournage au printemps 2025. “Le matériel en cuisine, obsolète, a été changé. La décoration a été allégée. Deux plats ont été ajoutés par Philippe Etchebest. La façade a été refaite, des illuminations et un panneau latéral ont été ajoutés”, détaille-t-il. L’émission, retransmise fin juin 2025, a relancé la fréquentation durant l’été. “J’ai fait de 12 à 15 couverts de juillet à septembre. Ce n’était pas la folie, mais cela m’a permis de rembourser quasiment toutes mes dettes. Depuis octobre, c’est de nouveau la galère”, observe le restaurateur. “Antonio Rojas est sur un fil, estime Philippe Cavanne. La situation économique est très tendue, et il n’a plus les fonds pour investir dans un redémarrage. Il ne peut pas augmenter ses prix, sinon il va faire fuir les clients. Et il ne peut pas non plus négocier les prix d’achat des produits, car il ne fait pas de volume.” “Aujourd’hui, tout se joue sur les réseaux sociaux” Selon le coach, la localisation constitue le principal défaut de Tapas Rojas : “Ce restaurant se situe dans une petite rue très proche de la gare Saint-Charles, et à trois minutes en voiture du quartier animé de Longchamp. Mais cette rue est peu passante, à sens unique et avec peu de parking. Il y a trois règles à respecter dans le commerce : l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement. Seul un restaurant gastronomique avec un chef réputé pourrait faire fi de cette règle et faire de son établissement un lieu de destination.” Dès lors, comment faire? Philippe Cavanne mise sur la communication : “Aujourd’hui, tout se joue sur les réseaux sociaux. Or, Antonio ne les maîtrise pas du tout. Ses enfants lui ont créé des comptes Instagram et Tiktok. Mais il faudrait les alimenter régulièrement avec des photos de qualité et des textes qui donnent envie.” La prospection auprès des entreprises environnantes, le réseautage avec d’autres restaurateurs, la communication auprès de la presse, de blogs et de guides de tourisme pourraient représenter d’autres pistes ingénieuses. Une nouvelle diffusion de l’émission, le 11 février dernier, a remis un coup de projecteur sur l’établissement. Est-ce que cela suffira pour sortir Tapas Rojas de l’ombre? À suivre. Tout avait bien débuté pour Tapas Rojas. Antonio Rojas ouvre seul, en 2015, un petit restaurant de tapas en plein cœur de la cité phocéenne. Fort d’une trentaine d’années d’expérience, le restaurateur crée une carte simple à base de produits frais, tout en respectant les bases du métier : gestion des stocks, marges, fiches techniques… Au bout d’un an, l’établissement assure une trentaine de couverts par service. “Antonio est sympa, accueillant, rapide. Il connaît bien sa cuisine espagnole. Il compte d’ailleurs 1200 très bons avis en ligne”, note Philippe Cavanne, conseiller Rivalis qui a accompagné le restaurateur pendant six mois après le tournage de Cauchemar en cuisine. Malgré ces atouts, le Covid met Antonio Rojas à terre. “La clientèle n’est pas revenue. Mes loyers se sont accumulés. Les dettes ont augmenté. J’étais à bout, découragé. J’ai délaissé la cuisine”, confie-t-il. Menu à prix cassés et guitare à disposition Le restaurateur multiplie pourtant les initiatives pour relancer la machine. En 2023, il tente pendant six mois un menu entrée-plat à 9,50€. “C’était le menu le moins cher de tout Marseille. Un article est paru dans le journal La Provence, mais ça n’a pas fait venir grand monde”, admet-il. “Avant le Covid, j’ai fait des animations avec des chanteurs flamenco. Je devais les payer et les “Il y a trois règles à respecter dans le commerce : l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement.”
l’émulsion avant l’écrémage ? Coffee shops : En une quinzaine d’années, les coffee shops ont profondément redessiné le paysage du café en France. Entre concurrence exacerbée et mutation des usages, le marché n’est-il pas en train d’atteindre un palier? Immersion dans un secteur en pleine effervescence, à travers le regard d’un acteur historique: Dose. STÉPHANE POCIDALO L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 12 D u café de quartier au coffee shop : une réponse aux nouvelles attentes. Il y a celles et ceux qui avalent les expressos au comptoir d’un bistrot ou d’un bar de quartier. Et il y a tous les autres, qui préfèrent fréquenter les coffee shops après une séance de sport ou entre deux rendez-vous. Deux salles et, souvent, deux ambiances qui se côtoient désormais depuis une dizaine d’années partout en France. Le boom post-Covid Avant l’arrivée des Café Nuances, Noir, Saint Pearl et autres Liperli Coffee, il y a eu la première vague des coffee shops incarnée par Starbucks. Avec ses 260 unités en France (dont 116 en propre – chiffres de fin 2024), le géant américain a fortement contribué à populariser le secteur, tout comme son concurrent français, Colombus Café. La crise sanitaire a redistribué les cartes et joué un rôle d’accélérateur pour les indépendants. Dès 2020-2021, les professionnels du secteur ont constaté l’importance prise par la vente à emporter, la puissance des lieux “instagrammables” et les nouvelles habitudes de consommation. Le coffee shop répond à toutes les nouvelles attentes. Sa promesse d’une expérience à part où le client peut aussi bien s’arrêter boire un café d’exception que commander un matcha au lait d’avoine ou réunir ses proches pour un brunch dominical. Dose, un pionnier du coffee shop parisien. © DR Dose, pionnier du coffee shop parisien confronté aujourd’hui à une concurrence féroce Fondé en 2013 par Grégoire Reversé et JeanBaptiste Déprez, deux cousins passionnés de café, Dose fait figure de défricheur. À l’époque, Paris ne compte qu’une poignée d’adresses spécialisées. Grégoire Reversé découvre le coffee shop lors de ses années passées à Londres, séduit par la qualité du café, la décontraction et l’attention portée au service. “On avait envie de créer un lieu accessible, chaleureux, à l’opposé du bistrot parfois intimidant”, raconte-t-il. Les débuts sont pourtant tâtonnants. Peu formés, les fondateurs apprennent sur le tas, ajustent leur offre, repensent l’espace. “On a mis presque un an à comprendre ce que les clients attendaient au niveau du goût du café”, reconnaît Grégoire Reversé. Dose compte aujourd’hui quatre établissements à Paris, une activité de torréfaction et de vente aux professionnels (près de 120 clients), une cinquantaine de salariés et une croissance maîtrisée. ’ Quand le café ne suffit plus : quelles solutions pour se différencier? Face à cette concurrence, proposer un café de qualité ne suffit plus. Il devient nécessaire d’enrichir son offre, de se diversifier pour se démarquer. Les boissons à base de lait végétal Si la qualité du café – bio, durable, bien sourcé, torréfié artisanalement… – reste un critère important, elle n’est plus l’unique raison de pousser la porte d’un coffee shop. Boissons végétales, matcha, chaï, recettes enrichies en collagène ou spiruline : l’offre s’est considérablement élargie. Chez Dose, les boissons à base de lait végétal représentent désormais plus de la moitié des ventes, contre 10% avant 2020. “Les jeunes boivent moins de café, mais cherchent autre chose : du réconfort, du bien-être, une expérience”, analyse Grégoire Reversé. Se transformer en lieux hybrides La diversification est devenue centrale. Certains établissements revoient leur concept : - À Paris, Jörro Kaffé offre un espace de coworking convivial avec des cafés de
Communiquer sur les réseaux sociaux Les réseaux sociaux ne sont pas en reste dans la stratégie des cafetiers “nouvelle génération”. À l’instar de Noémie Gerardin, fondatrice de Café Noa (Paris, XIXe), qui documente son quotidien sur TikTok. Résultat : une rentabilité atteinte en deux mois, avec 20 à 30% de sa clientèle issue du réseau social. Quand le prix du café s’emballe : que faire? La vie d’un coffee shop n’est pas un sprint, plutôt une course de fond à obstacles. La flambée des prix des matières premières en est un. En 2024, spécialité et un studio de podcast. - FCC, pour Flâneur Coffee Club, accueille des concerts, des lancements d’albums et des vernissages. - À Lyon, Café Mio a ouvert ses portes avec un concept original, en lien avec la passion des deux jeunes associées : l’écriture. Les clients peuvent ainsi se poser, s’écrire une lettre pour le futur ou l’envoyer à un proche. Affiner son identité, renforcer son ADN Miser sur ce qui fait sa singularité permet de se détacher de la concurrence. Les enseignes tendent à affiner leur identité et pour renforcer leur ADN. “On fait très attention aux détails : la lumière, la musique, la température, l’alignement des chaises…Tout compte pour que le client se sente bien”, relève Grégoire Reversé. les cours du café ont explosé : +75% pour l’arabica, +84% pour le robusta. Un choc qui oblige les enseignes à arbitrer entre hausse des prix et accessibilité. Chez Dose, Grégoire Reversé a longtemps retardé toute augmentation des prix, jusqu’à l’an dernier. “On veut toujours garder des tarifs accessibles pour que tout le monde puisse consommer ”, insistet-il. Quelles perspectives pour le secteur? Pour réussir à prédire une partie de l’avenir sans pratiquer la cafédomancie, il suffit peut-être de franchir la Manche et d’observer de près ce qui se déroule à Londres, qui a un temps d’avance sur ce secteur. Ces derniers mois, le marché s’est stabilisé après une phase d’euphorie qui a mené à la saturation. Plusieurs indépendants ont baissé le rideau. La France s’apprête sans doute à vivre un rééquilibrage similaire. Mais les projets solides, inventifs et capables de créer un véritable lien avec leur quartier ont, eux, encore de beaux grains à moudre. Co ee shop, une tendance de fond. © DR
le regard de l’Expert Co ee shops : Neuf questions à Bernard Boutboul, fondateur du cabinet Gira, sur la tendance des coffee-shops avant de se lancer ou pour se relancer. L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 14 pas dire qu’ils ont réussi avec leur offre du déjeuner. Encore une fois : adapter son offre aux différents moments de la journée est important. On a la chance d’être dans un pays où les industriels de l’alimentaire font de la qualité. C’est une piste pour vous simplifier la vie. Et vous pouvez ajouter une touche personnelle à la présentation du plat. On parle de petite restauration, à servir entre 11 heures et 15 heures, donc des quiches, des petites salades, des avocado toasts... Ça reste simple à préparer. Des recommandations sur les offres sucrées qui marchent bien? Le classique fonctionne bien : cookies, muffins, cakes, carrot cakes, banana cakes… Le développement des coffee shops, c’est un effet de mode ou une tendance lourde? C’est indéniablement une tendance lourde. Les consommateurs apprécient : - trouver une offre qui correspond au moment de la journée (viennoiseries le matin, salé à midi, sucré l’après-midi) ; - mieux consommer, le client étant sensible à l’offre café de qualité ; - consommer pas seulement un café mais de plus en plus de boissons gourmandes (lattes, matchas, chaï) accompagnées d’un cake, de muffins, de cookies… Pour l’exploitant, c’est moins difficile de rentabiliser le loyer avec une ouverture sans coupure. Quelles sont les pistes de différenciation ou de communication qui me permettraient de ne pas trop subir la concurrence? Aujourd’hui, les acteurs du snacking et de la petite restauration sont multiples : outre les boulangeries, on peut se restaurer dans les grandes et moyennes surfaces, les stationsservice, les cinémas… Ça va loin : Picard se met même à installer des tables et des chaises en magasin ! Il y a deux moyens pour se différencier : - le coffee shop expert du café, qui en propose à la vente, avec un barista qui sert et conseille comme chez Noir, avec la torréfaction à l’intérieur et sa bonne odeur. On trouve même des formations de barista chez Loutsa. - le coffee shop hybride, où l’on retrouve un intérêt, une passion partagée par l’exploitant, pour la musique, le sport, une culture spécifique, ou une activité annexe : coworking, épicerie, salon de coiffure… L’objectif est de créer un sentiment de fidélité, de communauté afin de fidéliser une nouvelle clientèle. Donc la thématique ne doit pas trop être une niche. Est-ce qu’on peut se passer de l’offre salée et se contenter du sucré? Vous ne pouvez pas vous en passer. Sinon, qu’allez-vous proposer à l’heure du déjeuner, qui est un moment phare de consommation? Ne pas proposer de salé est dangereux. Starbucks fait du matin sa priorité et on ne peut Matcha latte et cookie ube, deux tendances di érenciantes. Bernard Boutboul © DR © Gettyimages
Et pour le salé? Je déconseille le sandwich baguette. C’est trop dur de rivaliser avec les boulangeries. Plutôt les bagels, les wraps, les grilled cheese, les avocado toasts, des produits avec des envois extrêmement rapides. Ayez en-tête d’innover dans le grignotage salé. Exemple : le wrap falafel chez Donnant par Alain Cojean. Et pour les boissons? Au-delà des boissons à base de café, incontournables, les chaï et les matchas, une mention particulière pour l’ube, un tubercule avec un goût de noisette, à la belle couleur violette instagrammable. C’est vendu en poudre simple à mélanger dans les lattes. Des poudres qui existent aux différents goûts comme le chaï ou la vanille. C’est un élément de différenciation. Il existe aussi des pâtes qu’on va mélanger pour obtenir des boissons un peu plus gourmandes. Les lattes un peu originaux, ça marche ou ça ne marche pas, mais l’idée est de ne pas avoir une carte statique. Le goût épicé est aussi tendance, au-delà du pumpkin spice. Et la carte? - des cartes courtes, qui changent souvent (un socle commun et de la rotation sur quelques produits) ; - le “truc du jour”: le sandwich du jour, le veggie du jour, le jus du jour… En termes de tarifs? Veut-on être perçu comme un coffee shop classique ou premium? Quel que soit son choix, il faut que les prix reflètent ce positionnement. Exemple avec le latte. La fourchette va de 5€ à 6,50€. En haut du positionnement, le latte chez Noir Café est à 6,50€. Et c’est cohérent avec l’expertise des baristas. C’est moins vrai pour le latte chaï de Starbucks à 7,10€. Un dernier conseil ? Soyez dynamique. Créez des boissons gourmandes, des sandwichs innovants, sachez répondre aux questions, mettre en avant votre valeur ajoutée pour développer la fréquentation et maîtriser la concurrence. -70% sur l’achat de votre lave-verres avec osmoseur Mettez fin à l’essuyage manuel des verres www.meiko.fr Technologies professionnelles d’hygiène Lave-verres avec osmoseur EN SAVOIR + Prévention des risques ergonomiques Améliorez les conditions de travail tout en profitant d’une aide jusqu’à 25 000 € de l’Assurance Maladie. “Adapter son o re aux di érents moments de la journée est important. On a la chance d’être dans un pays où les industriels de l’alimentaire font de la qualité.”
L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 16 poésie, one-man show… Le 4 mars dernier, par exemple, Muammer enfilait ses habits de conférencier pour présenter Le Tour du monde en 80 jours sans un sou et répondre aux questions des convives. gentils et respectueux. Au-delà de l’énergie positive, de la bonne humeur et du sourire que transmettent Kim et Muammer, le lieu est à leur image : le calme de la rue piétonne et de la terrasse arborée, une déco épurée qui fait la part belle au bois et à la lumière. Se faire plaisir, être content de venir travailler au café, s’entraider, c’est aussi ce que Kim et Muammer attendent de la part de leur équipe, qui est formée à l’hospitalité. Et leur équipe le leur rend bien. Infatigables globe-trotteurs, Kim Bergmann et Muammer Yilmaz ont posé leur sac à dos en Alsace, où ils ont ouvert Amety Café. Un lieu qui interpelle par bien des aspects. n’était qu’une blague entre conjoints est devenu un rêve, puis une réalité. Durant son tour du monde, Kim ne pouvait s’empêcher de faire ce qu’il faut pour se procurer son café. Le couple a été séduit par les coffee shops en Arabie saoudite, en Corée ou en Australie, aussi exigeants sur la qualité que le service. Ils décident alors de partager leur voyage autour du monde dans leur propre coffee shop. C’est l’esprit d’Amety Café, 20 places en salle et autant en terrasse, et parfois une dizaine de nationalités différentes attablées. Avec Muammer, la discussion s’engage rapidement. De l’accompagnement obligatoire par des policiers armés de fusils mitrailleurs en Iran et au Pakistan à la découverte de San Francisco et du Golden Gate au volant d’une Jaguar prêtée par un riche entrepreneur de la Silicon Valley, il a toujours une anecdote à raconter sur le pays d’origine de ses clients. “On voyage pour s’inspirer. On revient pour partager”, peut-on lire sur leur compte Instagram. Après avoir tout lâché pour un tour du monde de 333 jours, c’est ce qu’ont entrepris Kim Bergmann et Muammer Yilmaz. Pas seulement pour partager entre amis, mais aussi avec tous les clients de passage à Amety Café, le coffee shop qu’ils ont ouvert à Colmar (Haut-Rhin). Ce qui Aujourd’hui, Muammer offre à son tour l’hospitalité dont il a bénéficié pendant son voyage de 80 jours sans le sou. Le couple apprécie recevoir, parler avec tout le monde. Ils ne proposent pas seulement un café, ils offrent une bulle d’humanité : Découvrir l’autre, d’où il vient, ce qu’il fait, aider si nécessaire, ne pas être dans le jugement. Grâce au bouche à oreille et la communication, les convives qui franchissent la porte du café sont des gens qui leur ressemblent, Kim et Muammer avaient envie d’ouvrir leur café à la culture et d’aller plus loin dans l’échange. Ils proposent un événement chaque mercredi soir : concerts de percussions, projections de films, soirée Des animations culturelles pour échanger et faire parler de soi. Kim et Muammer ont posé leurs valises à Colmar après deux tours du monde. Après deux tours du monde et 125 pays visités, ils ouvrent un co ee shop à Colmar AMETYCAFÉ Côté humaniste AMETYCAFÉ Côté culture AMETYCAFÉ Côté voyage Voir le documentaire Le Tour du monde en 80 jours sans un sou
Toujours dans l’échange, les propriétaires de l’Amety Café ont accepté de partager sept conseils à l’intention de futurs créateurs-entrepreneurs 1. Créer ou reprendre un fonds de commerce Kim Bergmann et Muammer Yilmaz ont failli abandonner leur projet avant de trouver un emplacement qui correspondait à leurs attentes, leur budget et leur début dans la profession : un ancien studio de tatouage, calme, situé à proximité d’une artère commerçante et en plein centre-ville. Un lieu idéal pour la pause café de la clientèle touristique. Quand vous créez un établissement, attention à ne pas sous-évaluer les longs mois avant l’ouverture. Il n’y a pas encore de rentrée d’argent, mais il faut déjà commencer à rembourser le crédit et payer le loyer. 3. Se faire accompagner le plus possible S’associer en couple a permis d’avoir deux regards sur les différentes situations et de se soutenir. Mais cela ne s’arrête pas là. • Il faut aussi chercher les personnes susceptibles de vous conseiller. Pour les plans du local, les démarches auprès de la mairie, l’architecte les a bien aidés et leur dossier est passé du premier coup à la mairie (en cas de refus, il y a un délai incompressible de quatre mois, lourd de conséquences financières). • Avoir un carnet d’adresses d’artisans pour gérer les urgences. • Se former. Kim et Muammer ont choisi la formation proposée par leur torréfacteur local, Moxca (latte art, réglage de la machine…). • Discuter avec les commerçants locaux, recueillir leurs impressions et leurs conseils, par exemple pour anticiper la forte activité à Noël à Colmar. 6. Embaucher • Être très clair sur ce qui est attendu en termes de sérieux lors de l’entretien. • Être sympa une fois sur le terrain. • Laisser ses problèmes personnels hors du café. 7. Communiquer • Penser à communiquer bien avant l’ouverture, sur les réseaux sociaux pour impliquer votre future clientèle : parler des travaux, des difficultés rencontrées, et montrer que ça avance. Penser à afficher un “coming soon” sur Google Maps, qui est un atout clé pour faire venir de la clientèle. • Faire des collaborations avec des influenceurs (pour le brunch, par exemple) ou avec le compte Instagram de la ville. • Communiquer sur ses événements, ça fait parler de l’établissement. • Proposer une remise de 10% aux commerçants de la ville. 4. Toujours négocier Pour le loyer, pour les mensualités pendant les travaux, pour les différents devis auprès des artisans... Tout le monde n’a peut-être pas le talent de Muammer (dont on a un bon aperçu dans son documentaire), mais ça vaut le coup d’essayer. 2. Toujours y croire et persévérer Des tracasseries administratives, des travaux qui n’en finissent pas et qui coûtent toujours plus chers que prévu… Il y a de quoi se décourager. Malgré tout, il faut continuer d’y croire, ne pas trop se poser de questions, se dire que d’autres l’ont fait avant soi et se projeter à l’ouverture, avec ses invités. “L’expérience du voyage m’a appris que tout était possible, et du coup à être optimiste”, assure Muammer. Même quand on ne vend qu’un seul espresso la première journée, qu’on regarde les passants qui passent et qui ne s’arrêtent pas. “Si tu n’as pas essayé 2000 fois, c’est que tu n’as pas essayé. Parce que, en moyenne, un bébé tombe 2000 fois avant d’apprendre à marcher”, insiste le propriétaire d’Amety Café. 5. Tester et apprendre Au début d’Amety Café, l’établissement fermait à l’heure du déjeuner et avait deux jours de fermeture consécutifs, qui correspondaient à l’organisation des propriétaires. Ils ont évolué vers une ouverture tous les jours en continu quand ils ont pu embaucher grâce au succès du brunch all-day (voir le regard de l’expert pages 14-15). Ils ont laissé tomber l’ouverture jusqu’à 22 heures à Noël qui n’a pas marché. Pareil pour la carte : il faut tester… et ce sont les clients qui décident.
directrice du Snack Show 3 questions à Béatrice Gravier, Les tendances qui donnent le ton d’un marché en pleine évolution Le salon revient les 1er et 2 avril 2026 à Paris porte de Versailles. Aperçu des temps forts de cette nouvelle édition avec la directrice de cet événement annuel qui réunit plus de 400 exposants. Si le burger, le poulet frit et la pizza caracolent toujours en tête des préférences des Français, la nourriture asiatique gagne du terrain dans l’offre de snacking, tout comme les recettes gourmandes et souvent riches en calories. Le tout dans une logique de bon rapport “qualité-prix-satiété”. Décryptage avec l’expert Nicolas Nouchi. L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 18 Quelles sont les principales nouveautés de cette édition 2026 du salon Snack Show? Parizza devient Parizza+Gusto et étend ainsi son univers à toutes les tendances italiennes du snacking, que ce soient les pâtes, la charcuterie, le sucré ou encore les boissons. Au menu : masterclass, showcooking, dégustations et présence de “I Love Italian Food” avec plus d’une trentaine de producteurs italiens. Nous innovons aussi avec The Coffee Place, un espace dédié au café, aux torréfacteurs, aux équipements… qui s’accompagne du championnat de France de barista. Autant de nouvelles sources d’inspiration pour les professionnels. Quels seront les temps forts à ne pas manquer ? Du côté des concours : le championnat de France de la pizza, la coupe de France du burger, le challenge végétal, le championnat de pasta, le championnat de France de donuts, le championnat de France de la planche apéritive, la meilleure brioche de France ou encore le trophée du meilleur sandwich. À cela s’ajoute notre palette de conférences qui vont aussi bien dresser le portrait du snackeur de 2026, que balayer les erreurs qui coûtent cher lorsque l’on ouvre un nouveau concept. Un regard sera également posé sur les offres végétales, halal ou encore casher, qui deviennent des leviers de performance. En quoi consiste la zone Zapping Snacking? C’est une zone où les professionnels peuvent rencontrer des experts du secteur pour échanger sur les tendances émergentes. À titre d’exemple, pour évoquer le succès du poulet frit, une prise de parole de Mohamed Cheikh, gagnant de l’émission Top Chef en 2021 et fondateur du concept Chick Chill, est programmée le 1er avril à 13h15. 1. Le poulet frit a la cote “Burger, poulet frit et pizza ont la cote”, annonce Nicolas Nouchi, fondateur de Strateg’eat et partenaire du salon Snack Show pour la réalisation de l’étude Speak Snacking 2026. Si le burger reste “un incontournable”, “le poulet frit, c’est convivial, régressif et personnalisable à l’infini”. Le dernier classement des 100plats “les plus tendances” sur l’appli Deliveroo confirme cet engouement, avec le Poulet Crousty, servi au Kawok à Bordeaux (Gironde), qui se hisse à la 9e place. À cela s’ajoute l’importance du bon rapport “qualité-prix-satiété”. Selon Nicolas Nouchi, “l’un des enjeux clé pour le client, aujourd’hui, est d’avoir une quantité suffisante dans son assiette”. 2. La gourmandise n’est plus un péché “L’ultra gourmandise et le plaisir coupable ont leur public”, souligne Nicolas Nouchi. Une salade peut séduire, à condition de la rendre gourmande : sauces, fromages, lardons, pommes de terre sautées, avocat… Il cite aussi le retour du flan, du croque-monsieur, de la madeleine ou encore du tiramisu “retravaillé”. Une “comfort food” créative, qui va jusqu’à inspirer de grands chefs. À l’instar du Master du Chef et sa sauce au poivre, fruit de la rencontre entre Burger King et le chef Paul Pairet, 14e au classement Deliveroo 2025 des 100 plats “les plus tendances”. 3. L’Asie séduit “Si le consommateur plébiscite la gourmandise, il veut aussi que celleci le fasse voyager”, observe encore Nicolas Nouchi. D’où le succès de la street food asiatique, en particulier coréenne et vietnamienne. Beignets de légumes, galettes de riz, fritures, pad thaï, pho, bun cha… invitent à l’évasion. “Ils permettent aussi d’avoir le choix de ne prendre qu’un seul produit”, poursuit Nicolas Nouchi. Option économique oblige. © DR © Kawok “Cette année, nous innovons avec The Co ee Place, un espace dédié à l’univers du café”, détaille Béatrice Gravier. Le Poulet Crousty, servi au Kawok à Bordeaux, se hisse à la 9e place du classement des 100 plats “les plus tendances” sur l’appli Deliveroo.
Hébergement, séjours & transports, loisirs & culture, loisirs sportifs, restauration Agence Nationale pour les Chèques-Vacances - 36, Boulevard Henri Bergson - CS 50159 - 95201 Sarcelles Cedex - Établissement public industriel et commercial - 326 817 442 RCS Pontoise - N° TVA Intracommunautaire FR 06 326 817 442 - Immatriculation ATOUT France : IM095130003 - Garant : GROUPAMA ASSURANCE-CRÉDIT - Assurance RCP : MAIF. Photos ©Getty Images, ©Shutterstock. Réalisation : CJ by Rebond. Opter pour les Chèques-Vacances, c’est être au cœur d’une démarche solidaire ! www.cheque-vacances.com Rejoindre le réseau Chèque-Vacances, c’est plus de business mais pas que… Un taux de commission unique et fixe qui contribue au financement des aides de l’action sociale. Sans frais d’adhésion, aucune mauvaise surprise Une visibilité boostée gratuite grâce à votre offre et votre activité visibles sur leguide.ancv.com … et captez de nouveaux clients, parmi nos 4,8 millions de bénéficiaires du Chèque-Vacances Des remboursements garantis rapidement après la transaction C’est aussi participer à l’accès aux vacances pour tous à travers les aides de l’action sociale de l’ANCV. 2,5 O€ €
L’enseigne a bâti son succès sur le fait maison intégral et une identité forte. Avec un développement en franchise maîtrisé, elle compte aujourd’hui 30 points de vente. L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 20 Émilie Zmaher a été marquée par un échange universitaire à Santa Cruz, en Californie, où les coffee shops sont de véritables lieux de vie. De retour à Nice, elle s’associe à Céline Molière et ouvre Emilie and the Cool Kids en 2007, dans un local de 25 m². Les cookies maison rencontrent un succès immédiat. Deux ans plus tard, un second point de vente voit le jour dans le centre-ville de Nice. Identité forte et fait maison Dès ses débuts, Emilie and the Cool Kids soigne son identité : logo simple sur fond rose, graphisme recherché, arches, fleurs, néons… Un univers visuel facilement reconnaissable. “Nous assumons un univers joyeux, décomplexé, loin des tendances minimalistes actuelles”, explique Elisabeth Cervetti, directrice générale de la marque. Cette identité devient rapidement un repère, aussi bien pour les clients que pour les futurs franchisés. L’enseigne se distingue également par un choix radical : le fait maison intégral. “Nous sommes des ovnis dans le monde la franchise”, sourit la directrice générale. Aucun laboratoire central, aucun produit livré clé en main. Les franchisés sont formés à produire eux-mêmes pâtisseries, cuisine et boissons, mais aussi à gérer la communication et l’exploitation. “L’objectif est de les rendre autonomes”, insiste-t-elle. Fidéliser avec une offre large et accessible Autre recette du succès : une carte large, pensée pour durer : bagels, brunchs, salades, pâtisseries et cookies signatures répondent à tous les moments de consommation. La carte compte près de 150 recettes dont certaines, spécifiques, sont proposées localement, après validation collective. Les menus oscillent entre 12,50€ et 13,50€, boisson comprise. “Nous voulons que les clients puissent se faire plaisir sans dépasser 15 €. Dans le contexte actuel, c’est essentiel”, souligne la dirigeante. Un positionnement qui fidélise la clientèle et soutient la fréquentation tout au long de la semaine. Un développement maîtrisé Face à l’engouement du concept, le développement s’impose naturellement. Emilie and the Cool Kids compte 30 points de vente en France, dont quatre succursales, le reste étant exploité en franchise. “Notre volonté est d’accompagner des entrepreneurs indépendants. Nous aimons cette relation horizontale, basée sur l’échange”, explique Elisabeth Cervetti. Les contrats sont établis sur sept ans et s’appuient sur cinq semaines de formation, des acheteurs référencés et des outils de pilotage conçus pour faciliter le quotidien des franchisés. Si une ouverture a vu le jour à Santa Cruz, aux États-Unis, le développement international reste aujourd’hui mesuré. “Être à l’étranger demande une présence permanente. Pour l’instant, notre priorité reste la solidité du réseau”, confie la directrice générale. Huit signatures sont prévues cette année, mais pas de course effrénée au nombre de points de vente. “Nous ne raisonnons pas en performance pure. Nous voulons être meilleurs, plus solides, plus innovants”, conclut-elle. La marque réfléchit à des formats plus petits, plus accessibles aux jeunes entrepreneurs, pour élargir son modèle. Finalement, le succès d’Emilie and the Cool Kids tient en quelques principes simples mais exigeants : fait maison, identité forte, accessibilité et accompagnement. Des ingrédients qui permettent à l’enseigne de séduire sans perdre son âme. © Emilie and the Cool Kids © Emilie and the Cool Kids Logo simple sur fond rose, illustrations, arches, fleurs, néons… Un univers visuel immédiatement reconnaissable. Céline Molière (à droite), cofondatrice d’Emilie and the Cool Kids, avec Mylena, franchisée à Chambéry. 100% fait maison Emilie and the Cool Kids,
AUGOUTTYPÉPOUR DESRECETTESDECARACTÈRE AOP NOUVEAU DÉSDEFETAAOP SALAKISPROFESSIONNEL • Un goût typé, prononcé et frais • Un mélange lait de brebis et lait de chèvre • Une excellente tenue à froid comme à chaud • Des dés prédécoupés prêts à l’emploi Découvrez nos recettes 900 g Notchup P24-5290 - GLF – 480 918 366 - RCS RENNES – Les Placis 35230 Bourgbarré - Crédit photo : Paul Stefanaggi
Ouvert en février 2023 au sein du palace The Claridge’s, le coffee shop ArtSpace Café a rapidement trouvé sa propre place, distincte de l’hôtel. L’Hôtellerie Restauration • Mars 2026 SNACKING 22 Toute l’ambition d’un coffee shop d’hôtel pourrait se résumer dans cette équation potentiellement contradictoire : être un reflet avantageux et cohérent de l’adresse hôtelière au sein de laquelle il s’insère, tout en ayant sa propre identité, et si possible, sa clientèle de fidèles. C’est ce que le ArtSpace Café a tenté et réussi. Ouvert il y a trois ans, l’établissement situé au sein de l’hôtel londonien The Claridge’s a bâti sa propre image et sa destinée indépendante du palace qui l’abrite. Dans ce lieu de petite taille, intimiste et moderne, et qui dispose de sa propre entrée, on retrouve à la fois l’esprit Claridge’s – notamment via la pâtisserie Crest, modelée selon l’emblème de l’hôtel –, tout en ayant le sentiment d’être dans un lieu bien distinct, fonctionnant de manière autonome, avec sa propre atmosphère et ses codes. “Cadre relax” Le menu reflète ce sentiment : il est bien celui d’un coffee shop. C’était là le but du chef-pâtissier exécutif Thibault Hauchard : signer “une offre qui reflète vraiment ce que les clients attendent d’un coffee shop moderne, tout en maintenant les standards culinaires de l’hôtel”, explique celui qui dirige à la fois l’offre sucrée du palace et celle de l’ArtSpace Café. Pour établir une carte qui fasse mouche, il a, avec son équipe, “réfléchi attentivement à ce que peuvent être les différentes raisons pour lesquelles les clients viennent [au coffee shop] : pour un café rapide, un repas léger, voire pour un repas complet dans un cadre relax. C’est pourquoi le menu est structuré de telle sorte qu’il inclue une large palette d’options – des plats salés aux sélections sucrées –, afin de permettre aux clients de choisir en fonction de l’heure, ou de leur appétit”. La carte comprend ainsi six options de petit déjeuner, une section galettes et crêpes, quelques salades, croque-monsieur et sandwiches, des “specials” comme les œufs Bénédicte au homard, ainsi qu’une large option sucrée (viennoiseries, pâtisseries et desserts). Le tout est bien sûr nappé d’une belle dose d’esthétique, et frappé du cachet palace. Pour preuve, certaines des options salées comprennent la possibilité d’ajouter de la truffe, moyennant supplément. Une clientèle mixte Le lieu est fréquenté tout au long de la journée, même si les moments clés sont le petit déjeuner et le déjeuner. L’après-midi, l’adresse attire des clients venus pour un café et une pâtisserie, ou pour un meeting informel. Enfin, “le rythme est légèrement différent” les week-ends, qui voient arriver une clientèle de loisir, venue prendre son temps autour d’une pâtisserie. Au final, “la majorité de la clientèle est constituée de clients qui ne séjournent pas à l’hôtel”, confirme Thibault Hauchard. Le lieu a su se “construire une base solide de clients réguliers, qui viennent spécifiquement [au Claridge’s] pour le coffee shop”. Celui-ci attire, pêle-mêle, habitants du quartier, passants, touristes, cadres travaillant dans les bureaux voisins, et bien sûr aussi, des clients de l’hôtel. “Cette clientèle mixte donne au coffee shop son atmosphère vivante et authentique. On s’y sent davantage dans un lieu de voisinage que dans un point de vente d’hôtel”, analyse le chef pâtissier. Le décor décontractéchic du coffee shop contribue à ce sentiment d’accessibilité familière. De fait, si les matériaux sont soignés, l’adresse reste simple et n’intimide pas. En outre, le lieu veille à “renouveler régulièrement le menu”, pour s’assurer “que même les clients les plus réguliers auront toujours quelque chose de nouveau à découvrir”, précise Thibault Hauchard. Ultime point fort de l’adresse? Le fait qu’il ait “gagné le prix de Meilleur Pastry Shop du monde” dans le classement La Liste 2025. On ajoutera que le coffee shop est situé juste au-dessus de l’espace d’art de l’hôtel, où se tiennent de courtes expositions d’art contemporain. Parfait pour une pause gourmande avec un supplément d’âme. © Claridge’s Le co ee shop du palace The Claridge’s, à Londres, dispose de sa propre entrée. l’expérience du Claridge’s à Londres Un co ee shop à l’hôtel : Retrouvez le portrait de Thibault Hauchard p. 35 Le design épuré et moderne du ArtSpace Café mise sur le confort et l’accessibilité. © Claridge’s © Claridge’s Quelques-unes des pâtisseries du co ee shop.
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