L’Hôtellerie Restauration • Novembre 2025 TENDANCES & INNOVATIONS 26 © Restaurant Inima simplement une façon de se nourrir. Nous refusons d’être une cantine pour addicts au portable. Servir des personnes lobotomisées sur un écran n’a aucun intérêt pour nous.” Ce qui fait également la singularité de cette winstub, c’est son concept affirmé. L’établissement accueille ainsi une brocante solidaire, une boutique où une trentaine d’artistes et producteurs locaux exposent gratuitement leurs créations, ainsi qu’un atelier de réparation de vélos. Cette démarche singulière séduit : le restaurant – qui s’appuie simplement sur une page Facebook “pour communiquer sur nos actualités” – affiche complet quotidiennement et doit refuser en moyenne 50 couverts par service. Sa réputation dépasse même aujourd’hui les frontières du département. Une réussite qui, pour ses responsables, prouve que l’authenticité et la convivialité restent des valeurs recherchées. “Aujourd’hui, sans portable, la conversation reprend sa place”, affirme Sandra. Miser sur le collectif et le bouche à oreille Pour les chefs, une autre réalité explique ce manque d’appétence pour le digital : le temps. Bastien Giraud est le directeur de Bistrot de pays, un réseau qui fédère aujourd’hui 123 établissements. Ces bistrots ruraux constituent bien plus que des lieux de restauration : ils sont des espaces de rencontre, de lien social et d’animation locale. Si l’usage de Facebook et d’Instagram existe dans le réseau, il reste marginal et très éloigné des pratiques des grandes zones urbaines. “Beaucoup s’en servent comme d’un blog, avec une communication basique et sans publicité. Leur objectif n’est pas de chasser de nouveaux clients avec de jolis visuels ou une stratégie d’acquisition, mais de fidéliser leur clientèle locale”, détaille Bastien Giraud. Cette sobriété s’explique par le contexte : “Les bistrots de village sont souvent gérés comme des affaires familiales. Le temps et les moyens financiers pour développer une présence en ligne sont limités.” Plutôt que de lutter face à des algorithmes qui réduisent la visibilité sans investissement publicitaire, la Fédération nationale joue la carte du collectif. “Notre guide national papier, nos newsletters, l’appui des offices de tourisme et l’organisation d’événements locaux sont encore des leviers puissants pour attirer des visiteurs”, souligne le directeur. Selon lui, le bouche à oreille reste la clé. “En moyenne, 15% de nos clients sont de nouveaux visiteurs. C’est déclaratif, mais cela montre que la réputation et la convivialité font encore leurs preuves.” De son côté, la société Malou promet sur son site une hausse de “18% de clients en moyenne par mois” grâce à ses services. Et s’il y avait encore match? Les Petits Plats de Mamama. © DR © DR “Les bistrots de village sont souvent gérés comme des a aires familiales. Le temps et les moyens financiers pour développer une présence en ligne sont limités.” Téléphone interdit au restaurant Les Petits Plats de Mamama.
RkJQdWJsaXNoZXIy ODk2OA==