et fait face à une autre préoccupation: le vent. “Le vent thermique de mi-journée – qui peut monter à force 11 – attire les véliplanchistes de toute l’Europe et chasse les nuages, mais oblige à fermer les parasols, pourtant très lourds, au détriment du confort de la clientèle. C’est un arbitrage permanent, mais nous avons un espace intérieur, climatisé, en repli”, se console le restaurateur, qui s’est équipé de bâches sur mesure pour couvrir les coussins et les mises en place extérieures des averses “avec un grand succès”. Le temps est devenu le principal problème de certains restaurants, sans qu’ils puissent totalement se garantir de drames imprévisibles comme la destruction cet été des 17 000 hectares de garrigue qui entouraient le restaurant trois étoiles Michelin de Gilles Goujon dans l’Aude, miraculé du feu mais désormais perdu au milieu d’un désastre de cendres. Anticiper pour ne pas subir “Les incidents climatiques sont devenus récurrents. Depuis vingt ans, la restauration s’est organisée avec de gros investissements, notamment du matériel plus lourd et résistant sur les terrasses. Le temps est une contrainte qui impacte tous les aspects de notre activité : le personnel et sa santé, nos investissements, la gestion des stocks et des menus mais surtout la fréquentation. La climatisation est quasiment une obligation aujourd’hui, surtout pour travailler avec les clients étrangers. Cet été, nous avons reçu 15% de touristes en plus. Ils cherchaient du frais. Les canicules expliquent les changements d’offres commerciales avec, par exemple, l’explosion de la demande de cocktails sans alcool. Il est impératif de faire réviser ses équipements froids au printemps, car le dépannage sera impossible en plein été”, explique Alain Fontaine, président de l’Association française des Maîtres restaurateurs (AFMR). Pour Bernard Boutboul, il reste encore beaucoup à faire pour changer les habitudes : “Les restaurateurs n’ont pas pris totalement conscience de la problématique de la météo sur leur activité, a contrario des assureurs. Avec des discours diplomatiques, ces derniers ne veulent plus assurer ce type de risque!” L’Hôtellerie Restauration • Octobre 2025 MÉTÉO 42 Une mauvaise météo favoriserait les mauvais avis Une étude américaine démontre qu’un temps maussade jouerait sur l’humeur des clients et le niveau de bienveillance des commentaires en ligne. D’après les chercheurs de l’université de l’État de l’Ohio, trois facteurs influenceraient la composition des avis clients : la température, les précipitations et la pression atmosphérique. Ainsi, les jours de canicule ou de grisaille, les mauvais commentaires seraient trois fois plus nombreux. Les chercheurs expliqueraient aussi ce chiffre par un moins bon service puisque, selon eux, à l’image du temps, les employés seraient alors d’une humeur plus maussade et donc moins performants. Sur 158 clients de nationalités différentes interrogés sur leur expérience dans un restaurant fréquenté le jour précédent, les plus enthousiastes sont ceux pour qui la météo aura été particulièrement clémente. © Jean-Charles Schamberger Alain Fontaine, président de l’Association française des Maîtres restaurateurs. Ève-Anne Collomb, responsable marketing (Head of Growth) chez ZenChef. Depuis mai, fais ce qu’il te plaît grâce à une solution digitale “Depuis le printemps, le logiciel de gestion ZenChef, à destination des restaurateurs, intègre un widget météo relié à l’application planétaire la plus fiable et hyper-locale : OpenWeather. Cette API affine par GPS les évènements climatiques à venir avec une centaine de mètres de précision. Nos clients restaurateurs disposent d’un outil de prévision météo allant de un à quinze jours”, présente Ève-Anne Collomb, responsable marketing de la société de solutions pour les CHR. Un outil appelé à évoluer vers une automatisation de tâches induites par la météo. “La météo est un véritable outil de communication qui justifie, par exemple, des envois de SMS. Si OpenWeather anticipe une hausse des températures, notre outil permettra l’envoi de SMS pré-écrits sur un segment de clients anglosaxons à qui il sera rappelé que le restaurant est climatisé. Une vraie raison de venir. Une liste d’attente pour manger en terrasse peut être ouverte en cas de météo incertaine puis confirmée si le changement est favorable”, ajoute Ève-Anne Collomb, qui voit dans l’évolution de ce nouvel outil une aide précieuse et agile pour la gestion du personnel et des extras en particulier, des stocks, la proposition de menus adaptés à la météo et une grande flexibilité dans la gestion des réservations et des espaces face aux impondérables climatiques.
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