L'Hôtellerie Restauration No 3749

FONDS DE COMMERCE Les deux tiers des indépendants font face à un risque de défaillance Après un an de crise sanitaire, une étude du Cercle Perspectives révèle la précarité de la situation financière des hôteliers et restaurateurs indépendants. Plus d’un tiers des 1 517 établissements sondés sont en retard de paiement de charges sociales ou fiscales. Quelques conseils pour limiter la casse Tout n’est pas perdu pour les patrons d’établissements dont l’équilibre reste fragile. Ils peuvent encore réussir leur sortie de crise, à condition de gérer, en priorité, leur passif. “Pour cela, il faut trouver des arrangements avec les fournisseurs, sur la plus longue durée possible, recommande Adeline Desthuilliers . Ensuite, le redémarrage va demander une trésorerie suffisante pour financer la reprise avec l’achat des stocks. Enfin, il faut continuer à travailler la qualité, afin de satisfaire au mieux les clients et les fidéliser.” Quant aux gérants d’établissements menacés de fermeture , “ils doivent se faire accompagner par leur avocat, leur expert-comptable ou les associations comme le Centre d’information sur la prévention des difficultés des entreprises [CIP], souligne Adeline Desthuilliers. Déposer son bilan ne veut pas dire liquider sa société. Si l’entreprise a un modèle rentable, elle peut faire une déclaration de cessation de paiements qui va geler son passif, afin de préparer un plan pour continuer son activité dans le cadre d’un redressement.” Attention toutefois : “Pour être redressée, une entreprise doit se présenter avec un peu de trésorerie, afin de pouvoir amorcer le redressement.” Enfin, le Gouvernement vient de prendre des mesures “pour favoriser la sortie de crise par le paiement de certaines dettes sur dix ans, sans intérêts” (lire aussi p. 15-16). 36 L’Hôtellerie Restauration N° 3749 - 25 juin 2021 Par téléphone : 01 45 48 45 00 Par e-mail : abo@lhotellerie-restauration.fr Votre e-mail pour l’abonnement digital : (vos coordonnées ne sont utilisées que par L’Hôtellerie Restauration) Téléphone : (Facultatif mais utile en cas de problème d’adresse) Adresse : Code postal & localité : Enseigne : Nom et Prénom : Mes coordonnées : Par web ou mobile lhotellerie-restauration.fr N° Date de validité : 3 derniers chiffres au dos de la carte : (à l’ordre de L’Hôtellerie Restauration ) Chèque joint Signature : RIB joint Carte bancaire pour 3 mois 10 € pour 1 an 40 € 2. Je m’abonne 1. Je choisis la formule d’abonnement 3. Mon mode de paiement Par courrier L’Hôtellerie Restauration 5 rue Antoine Bourdelle 75737 Paris Cedex 15 Sans engagement : 3,33 €/mois interruption sur simple demande Poser une question, ajouter un commentaire Anne Eveillard > www.lhotellerie-restauration.fr/QR/RTR967755 L a France a mis en place une bat- terie d’aides et d’outils pour faire face aux conséquences financières de la crise sanitaire. À commencer par le prêt garanti par l’État (PGE). Malgré cela, une partie des hôteliers et res- taurateurs restent menacés, quand ils n’ont pas déjà mis la clé sous la porte. C’est ce que montre l’Étude des risques de défaillance dans les établissements CHR, publiée fin mai 2021 par le Cercle Perspectives, qui regroupe 17 des 60 premiers cabinets d’expertise-comp- table et près de 15 000 professionnels. “Les deux tiers des cafés, hôtels et res- taurants indépendants présentent des risques élevés de défaillance” , souligne Laurent Chapart , président du Cercle Perspectives. Les établissements de petite taille accumulent davantage de Pour le Cercle Perspectives, près d’un établissement CHR sur deux est menacé de défaillance. Pour Adeline Desthuilliers , expert-comptable et commissaire aux comptes, “cette reprise peut être une opportunité pour fidéliser une nouvelle clientèle et se réinventer”. © DR nuance Adeline Desthuilliers. L’étude pointe aussi “les activités les moins touchées” par la crise sanitaire. C’est le cas des campings : ce secteur a bénéficié d’une saison estivale 2020 “encourageante” , qui a permis aux chefs d’entreprise de se constituer une trésorerie suffisante pour tenir durant la saison hivernale où ils sont fermés. A contrario des traiteurs, secteur où 34 % des entreprises affichent “un niveau de risque de défaillance compris entre risques. “Être un établissement de petite taille a des avantages et des inconvé- nients. Les charges fixes sont moins importantes et le besoin en trésorerie et personnel également. Toutefois, un établissement de petite taille est souvent moins rentable, car limité par le nombre de couverts ou de chambres, au niveau du chiffre d’affaires” , commente Adeline Desthuilliers, expert-comp- table et commissaire aux comptes, spécialiste des CHR (et auteur, avec Mahmoud Ali Khodja , sur la plateforme SOS Experts : Accompagnement pour l’ac- quisition et la transmission). D’un point de vue plus géné- ral, le baromètre du Cercle Perspectives enregistre un niveau moyen de risque de défaillance estimé à 50 %, avec 31 % des 1 517 établis- sements sondés, à travers la France, en retard de paiement de charges sociales ou fiscales. Un tiers des traiteurs en grand danger “En 2020, on constate une baisse de 30 à 40 % des dépôts de bilan, par rap- port aux deux années précédentes. Donc, mécaniquement, un certain nombre de restaurants auraient dû déposer le bilan, indépendamment du Covid-19, mais ils ne l’ont pas fait. Ces entreprises ont pu survivre grâce aux aides et aux PGE, alors que leur modèle n’est pas viable. On appelle ces sociétés des ‘zombies’. Il faut donc en tenir compte dans cette étude sur les risques de défaillances”, 75 et 100 %” , selon le baromètre. Et pour cause : ce marché est lié à l’évé- nementiel, lui-même durement touché depuis le début de la crise sanitaire. Face aux résultats publiés par le Cercle Perspectives, Laurent Chapart appelle à “la mise en place de mesures toniques” pour accompagner les CHR. Parmi ces dispositions, il suggère “un allongement de la durée du remboursement du PGE” ou encore “la suppression temporaire des charges sociales sur les salaires” .

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