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du 14 avril 2005
CONJONCTURE

Bien, mais sans plus !

Puy-de-Dôme Davantage de skieurs, certes, mais avec relativement peu de retombées pour les professionnels de l'hôtellerie-restauration. Jean Leclerc, président du syndicat du Mont-Dore de l'Umih 63, résume bien la situation : "Nous avons bien travaillé, c'est une bonne année… mais sans plus."


Pour Jean Leclerc, Auberge du Guéry au Mont-Dore, il est évident que les alertes orange de la météo ont incité les vacanciers à ne pas sortir.


Au Mont-Dore, les canons à neige, devenus indispensables, sont désormais un critère du choix et une garantie pour les clients.

Certes, il y a plus de neige que les années passées. "C'est le plus important enneigement depuis 1974", reconnaît Jean Leclerc, de l'Auberge du Guéry. Cela a entraîné une forte augmentation - jusqu'à 10 % - pour les remontées mécaniques des stations du massif du Sancy, le Mont-Dore et Super-Besse. Et les sondages réguliers réalisés auprès des hébergeurs montrent "80 % de satisfaits" selon Luc Stelly, directeur de l'office de tourisme du Sancy. Mais les retombées restent faibles. Pour deux raisons.
Tout d'abord, la météo et les bulletins de précaution liés aux tempêtes de neige ont entraîné des annulations et incité les gens à ne pas sortir. Le chiffre d'affaires en restauration a par conséquent plutôt diminué. "Les clients souhaitent de la neige, mais ils veulent aussi pouvoir circuler sans risque, avec des routes bien dégagées. Ce qui n'est pas toujours possible…" Aussi les cols d'accès à la station du Mont-Dore ont-ils plusieurs fois été fermés, ce qui a poussé des clients vers Super-Besse. "Et nous assistons à un glissement : s'il y a moins de neige, nous travaillons plus en restauration, et vice-versa."


Michel Guillemin, du Chalet Fleuri à Saint-Jacques-des-Blats : moins de restauration à cause de la météo.

Une saison d'hiver aux effets limités
Ensuite, le pouvoir d'achat des touristes reste peu élevé. Cela limite les dépenses, et par contrecoup le chiffre d'affaires. Enfin, les vacances d'hiver ne concernent qu'une petite proportion des Français, qui ne représentent d'ailleurs qu'un cinquième de l'activité des stations du Puy-de-Dôme. Même positifs, les effets d'une saison hivernale restent donc limités, mais intéressants malgré tout. Surtout que des retombées sont à espérer pour les années à venir, l'Auvergne retrouvant une image de station d'hiver, avec de la neige.
Il faut aussi s'adapter aux circonstances et aux événements locaux. La traditionnelle ouverture de la pêche sur le lac du Guéry, complètement gelé cette année, avec ambiance grand nord canadien et les trous creusés dans la glace, ont entraîné une suractivité ponctuelle. "Nous avons fait 3 services, soit 140 couverts ce jour-là", souligne Jean Leclerc.

Les premiers effets du viaduc de Millau
"C'est la troisième année que la saison d'hiver marche bien", annonce Michel Guillemin, président des Logis de France du Cantal, Au Chalet Fleuri à Saint-Jacques-des-Blats. Les clients viennent de 200 km à la ronde, "mais souvent des réservations de dernière minute, du jeudi pour le vendredi". Et l'effet viaduc de Millau semble se faire sentir : de plus en plus de clients viennent des départements du Sud, comme l'Hérault. Il y a eu des séjours avec une ou deux nuitées, mais aussi beaucoup de clients de proximité venus seulement pour la journée. Et, comme pour le Puy-de-Dôme, la météo et ses annonces négatives ont provoqué des annulations. "Chaque fois que l'on parlait du Cantal, c'était pour dire qu'il y avait du mauvais temps, avec parfois des images fortes comme le col de la Fageole fermé à la circulation, les congères et le vent qui souffle." Conséquence : des annulations et moins de restauration le soir. "Les touristes n'osaient plus sortir."
Cela donne donc un bilan "pas si terrible que cela", avec malgré tout une hausse des ventes de chambres, "jusqu'à 20 % pour certains". "Nous avons envoyé du monde dans les établissements de la vallée, Vic-sur-Cère, Thiézac et ailleurs", précise Michel Guillemin. Mais contrebalancé par une baisse en restauration. De plus, sur le site même de Super-Lioran, les loueurs de meublés se mettent à vendre pour 2 ou 3 jours, voire pour une seule journée, car il y a de moins en moins de gens qui viennent pour une semaine entière.

Malgré tout, pour capitaliser la bonne image de marque d'une Auvergne synonyme de sports d'hiver et de neige, l'association des stations du Massif central envisage un portail internet commun à toutes les stations avec une carte de fidélité commune au Massif.
Pierre Boyer
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L'Hôtellerie Restauration n° 2920 Hebdo 14 avril 2005 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE

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