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Vins au restaurant
Paul Brunet


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La compagnie des courtiers jurés-experts,
piqueurs de vins de Paris

40, Avenue des Terroirs de France - 75012 Paris (Tél. : 01 43 43 56 77)

Qui est donc cette Compagnie dont le nom excite la curiosité et fleure bon son Moyen-Age ?
C'est une très ancienne et très respectable assemblée de professionnels du Vin, l'une des plus anciennes compagnies corporatives de France et sans doute de l'Occident.

Compagnie d'Experts en Vin et Spiritueux, elle est au service de la QUALITE et de la LOI.
La noblesse de son origine n'est pas douteuse : sept siècles d'existence constituent ses quartiers de noblesse.
Elle est avant tout la descendante directe des "intermédiaires" romains et des "corratiers" du Moyen-Age que le temps n'a nullement appauvrie sans sa manifestation professionnelle, tout acquise à une passion : le Vin.
Pour le "Prévost des Marchands" et les "Echevins", ils étaient dits "crieurs de vins".
Ces "crieurs" annonçaient dans les rues de Paris, l'arrivée des bateaux chargés de barriques de vin sur les berges de la Seine, en Place de Grève, et que la vente allait commencer sous leur direction.
Ce mot de "corratiers" se déformera en "correctiers", "courratiers", "courretiers" pour devenir après ces altérations successives : courtiers.

Mais pourquoi "Piqueurs de Vins ?"
Entre autres activités, les Membres de la Compagnie jouaient, à l'époque, le rôle actuel du Service de la Répression des Fraudes : vérifier la qualité ou rechercher les défauts des vins, quand ce n'est pas leur falsification.

Pour ce faire, ils devaient prélever des échantillons directement sur les tonneaux, sans les débonder (action d'enlever la bonde placée sur le dessus du fût), ce qui était impossible par suite du gerbage des barriques et risquait d'être préjudiciable à la conservation des vins.
Ils "piquaient" deux trous - comme cela se pratique encore de nos jours - dans le fond des tonneaux.
Pour cela, ils avaient recours à un outil bien tenu en main, le "coup de poing", prolongé par une vrille d'acier. Un filet de vin giclait par l'un des trous tandis que l'air rentrait par l'autre. Le Courtier-Juré pouvait procéder à sa dégustation : le vin n'avait pas été au contact de l'air.
Il suffisait de boucher chaque petit trou avec un fausset, le "douzil", petite pièce de bois tendre, conique, qui gonflait au contact du vin.
Si Charles IV le Bel fut leur père fondateur par un règlement accordant privilège, du 12 mars 1322, c'est Jean II le Bon qui, par son ordonnance du 30 juillet 1350, donna son statut à la Compagnie et fixa son effectif à 60 membres.

Parmi les nombreux articles de cette ordonnance, nous relèverons particulièrement l'article 190 qui interdisait à tout courtier, de la façon la plus formelle, sous peine de déchéance, de faire acte de vente ou d'achat pour son propre compte.
En 1415, par ordonnance du 6 février, Charles VI confirme ce nombre de 60 mais, en outre, précise très soigneusement les qualités professionnelles qui seront requises et les obligations auxquelles les "courratiers" seront tenus.
En 1550, Henri II, par Lettres Patentes en date du 17 décembre, organise une sorte de Bourse du Commerce entre les "courratiers de vins" et précise les services qu'on peut et qu'on doit attendre d'eux.
En 1629 la Municipalité parisienne accorde à ce Corps de faire figurer dans ses armoiries un nombre Navires correspondant à son rang, soit 7 Nefs d'Argent.

Louis XIV confère, par Edit de juin 1691, le titre de "JURETZ-COURTIERS" et, considérant que les ordonnances règlementant cette corporation datent en fait de 1415 et ne correspondent plus aux usages du négoce et des transactions, ordonne que soient révisés les ordonnances, coutumes, statuts et règlement.

Nous y relevons que, si l'emploi d'un courtier n'est pas obligatoire, "ne prend courtier qui ne veut" il n'en est pas moins interdit à quiconque, en dehors des "Courtiers-Juretz", de faire acte d'intermédiaire à quelque titre que ce soit, confirmant ainsi et assurant ces derniers de leur charge.

La Révolution fit table rase de toute cette législation. La loi du 2 et 17 mars 1791 accorde l'entière liberté du commerce à toute personne qui le désire. Les corporations ont vécu. La nôtre se met en sommeil. Près de deux décennies seront nécessaires pour lui redonner force et vigueur.

C'est en 1808 que fut créé l'Entrepôt Saint-Bernard (aujourd'hui la Faculté des Sciences de Paris). Le commerce des vins, considérant que c'était une nécessité, demanda et obtint l'organisation d'une Compagnie de Courtiers spécialisés.

Le 13 décembre 1813, Napoléon Ier signa, aux Tuileries, le décret instituant la Compagnie des Courtiers Gourmets Piqueurs de Vins de Paris, dont le nombre est définitivement fixé à cinquante et dont les obligations seront de "déguster les boissons et indiquer fidèlement le crû et la qualité et aussi servir d'Experts en cas de contestation sur la qualité".

La Loi du 18 juillet 1867 porte un coup néfaste à la compagnie en proclamant la liberté du courtage. La Loi de 1884 exigera la modification de son titre qui devait être remplacé par celui de Chambre Syndicale des Courtiers-Gourmets.

En fait, cette modification n'eut lieu qu'en 1903. Mais Chambre ou Compagnie, les Courtiers-Gourmets fêtèrent brillamment en 1913 le centenaire du décret de Napoléon, après s'être fait remarquer au cours de manifestations qui marquèrent le début du siècle : l'Exposition de 1900, celle de Saint-Louis en 1904, Liège en 1905, Londres en 1908, Bruxelles en 1910 et, en 1937, l'Exposition Universelle de Paris.

C'est par la Loi du 14 mars 1944 que la Compagnie sera réglementée, sous sa forme définitive, de COMPAGNIE D'EXPERTS agréée par le Tribunal de Commerce de la Seine et que tous ses membres devront prêter serment devant celle-ci. Elle sera reconnue d'utilité publique le 19 juillet 1952.

Mais aujourd'hui, il est appparu que la dénomination de "Gourmet" ne correspondait plus exactement au caractère officiel de la Compagnie, celle-ci n'ayant rien de commun avec les confréries bacchiques. Force était faite de revenir au titre primitif "Courtiers-Juretz" modernisé en "Courtiers-Jurés" que confirmera un décret Ministériel du 12 février 1974 et 21 décembre 1999 en "Courtiers Jurés-Experts".

Les Courtiers Jurés-Experts sont des professionnels reconnus, ayant satisfait aux épreuves d'un examen portant sur des connaissances viti-vinicoles approfondies et sur la dégustation ; soumis à l'agrément du Tribunal de Commerce de Paris ils prêtent serment dans les formes prévues par la loi.

Quelles sont les missions de notre Compagnie, missions de toutes les époques ?

l   Travailler au développement et au maintien de la qualité des vins français, tant en France qu'à l'étranger.

l   Les Membres de la Compagnie se tiennent constamment et immédiatement à la disposition des tribunaux de France et de l'Etranger, des Administrations, du Commerce de Gros et de Détail et des Particuliers pour procéder aux Inventaires et Expertises de Vins, Spiritueux et Alcools. Ils se rendent sur place, en gare, en douane, à bord... et sont sollicités, au titre d'Experts, par :
- Le Laboratoire des Fraudes des Finances,
- Le Laboratoire des Fraudes de l'Agriculture,
- Le Comité National des Vins de France,
- L'Office National des Vins de France,
- L'Institut National des Appellations d'Origine (INAO),
- La SOPEXA (Organisation de promotion des produits agricoles à l'Etranger).

l Ils assistent les professionnels dans le choix de leurs cartes des Vins, assurent l'enseignement du Vin auprès des jeunes qui se destinent aux métiers de l'Hôtellerie là où, à leur tour, ils seront des ambassadeurs des Vignobles de France.

l La Compagnie édite depuis plus de cinquante ans, une carte des Millésimes des Vins de France qui fait mondialement autorité, et depuis janvier 2000 une carte des Vins du Monde établie en collaboration avec les Œnologues de France.



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