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Droit du travail en CHR : les ruptures du contrat de travail (+ modèles de lettres)
Tiphaine Beausseron et Daniel Gillot


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CDD : rupture à terme, sommes dues et documents à remettre

En principe, l'employeur doit verser à son salarié une indemnité égale à 10 % du salaire brut reçu pendant la totalité du CDD lorsque celui-ci est arrivé à terme. Toutefois, elle n'est pas due dans certains cas notamment lorsque le CDD est suivi d'une embauche immédiate en CDI. Une liste de documents est également à remettre comme le certificat de travail, le dernier bulletin de salaire ou encore une attestation Pôle Emploi.

Principe : la rupture d'un CDD doit se faire à terme

La rupture du CDD est un cas de rupture autonome qui obéit à des règles spécifiques. Comme il s'agit d'un contrat précaire, l'une des contreparties de cette précarité est que ni l'employeur, ni le salarié ne peuvent y mettre fin avant l'arrivée de son terme, sauf exceptions.

Cas du CDD conclu de date à date

Quand le CDD est conclu de date à date, c'est-à-dire qu'il précise la date de début et de fin de contrat, le terme = le dernier jour fixé (art. L 1243-5 du code du travail).

Cas du CDD sans terme précis

Quand le CDD est conclu sans terme précis, c'est-à-dire qu'il ne précise aucune date de fin de contrat. Le terme = date à laquelle la raison pour laquelle il est conclu disparaît (ex. : retour du salarié absent, fin de la saison, fin de la mission d'extra). Si le contrat se termine avant que cette raison ne disparaisse, on dit qu'il y a rupture anticipée (art. L 1243-5 du code du travail).

Indemnité de fin de contrat

En principe, lorsqu'un CDD se termine à son terme sans être poursuivi par un CDI, vous versez une prime de fin de contrat (aussi appelée 'prime de précarité'). Cette indemnité est égale à 10 % du salaire brut perçu pendant la totalité du CDD.* 

Toutefois elle n'est pas due dans certains cas, notamment :
- fin de contrat d'extra ;
- fin de contrat saisonnier ;
- contrat conclu avec des jeunes pour une période comprise dans leurs vacances scolaires ou universitaires ; 
- contrat particulier visant l'embauche de certains demandeurs d'emploi ou destiné à assurer un complément de formation professionnelle (art. L 1243-10 et L 1243-3) ;
- CDD suivi d'une embauche immédiate en CDI ;
- refus d'une proposition d'embauche immédiate en CDI dans un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente.

*La loi Fillon du 3 janvier 2003, prévoit que ce taux peut être réduit à 6 % par un accord collectif de branche étendu en contre partie d'action de formation professionnelle. Pour que le taux de 6 % soit applicable dans les CHR, il faut donc que la CCN des CHR du 30 avril 1997 soit modifiée en ce sens, ce qui n'est pas encore le cas. Donc actuellement, dans la profession, le taux de la prime de précarité est fixé à 10 % pour les CDD conclus à partir du 20 janvier 2002.

L'indemnité de fin de contrat est-elle taxée ?

Oui. Elle a la nature juridique d'un salaire, et à ce titre elle est imposée sur les revenus. Elle est soumise à l'ensemble des cotisations sociales. Elle est assujettie à la CSG et à la CRDS.

Autres sommes à payer

Outre son dernier salaire, l'employé doit également percevoir une indemnité compensatrice de congés payés égale à 10 % de la totalité des salaires perçus pendant le CDD, prime de précarité comprise (art. L 1242-16 du code du travail).

Documents à remettre

Vous devez remettre à votre salarié :
- un certificat de travail, 
- une attestation Pôle Emploi,
- le dernier bulletin de salaire,
- un reçu pour solde de tout compte,
- épargne salariale : lorsqu'il existe un dispositif d'épargne salariale dans l'entreprise (ex. intéressement), un état récapitulatif de l'ensemble des sommes et valeurs mobilières épargnées ou transférées au sein de l'entreprise dans le cadre de la participation, de l'intéressement ou des plans d'épargne (art. L 3341-7) doit être remis au salarié ainsi que l'état récapitulatif s'insère dans un livret d'épargne salariale, 
- un bordereau individuel d'accès à la formation (BIAF). 

Le BIAF permet au salarié, sous certaines conditions, de réaliser un projet de transition professionnelle dans le cadre d’un CPF de transition professionnelle (CPF-CDD qui remplace le CIF-CDD). Il peut le faire après le terme de son contrat, à condition que l’action de formation débute dans les 6 mois (au lieu 12 mois dans l’ancien CIF-CDD). Pour l’heure le BIAF reste le document à remettre au salarié pour l’informer de cette possibilité.

Autres fiches pratiques sur le CDD

Les cas de rupture anticipée du CDD
Succession et renouvellement d'un CDD
CDD : vos questions

Mise à jour : janvier 2020

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