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Covid -19 : principales aides aux CHR et mesures à respecter
la Rédaction de l'Hôtellerie-Restauration


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Les déclarations et réactions des professionnels

Par Sylvie Soubes

L’Hôtellerie est en très grand danger selon l’Umih

Les derniers chiffres de l’activité hôtelière pour janvier 2021 sont « alarmants et sans précédent dans l’histoire de la profession » alerte l’Umih qui livre ces chiffres :
- 60% des hôtels à Paris sont fermés.
- Le Revpar (qui est un indice de performance hôtelière) affiche des baisses vertigineuses de - 88% à Paris et -59% en France.
- L’état des réservations pour les vacances scolaires de février, sur tout le territoire français, affiche un taux d’occupation catastrophique de 13.4 %.
- Seuls 10% des hôtels sont ouverts en montagne (et ceux qui sont ouverts n’ont pas des perspectives réjouissantes, contrairement aux résidences et aux meublés, qui sont privilégiés en raison de leurs cuisines intégrées).

Les 18 000 hôteliers français sont « juridiquement ouverts mais économiquement fermés» déplore Laurent Duc président de l’Umih Hôtellerie qui crie à l’injustice : « Notre profession souffre comme jamais. Nous serons, sans aucun doute, hôteliers-indépendants, les plus nombreux à ne pas pouvoir nous relever de cette crise, au détriment de nos 200.000 salariés. Cette réalité est niée par le Gouvernement. La situation devient intolérable quand nous voyons à l’inverse d'impétueux groupes nationaux et/ou mondiaux sans vergogne, s'enrichir de notre misère ».

L’organisation professionnelle dénonce notamment :
- Fonds de solidarité : les hôtels restaurants ne bénéficient pas du même traitement que les restaurants purs. En outre, leur structuration juridique souvent plus complexe les excluent des aides.
- Les gros-porteurs indépendants, fermés faute de clients, perçoivent une aide mensuelle qui ne compense même pas leur seul loyer.
- Le Gouvernement leur oppose le Prêt Garanti par l’Etat mais cela reste de la dette, qui plombe les bilans des entreprises et dégrade leurs fonds propres. Cela met en péril la capacité future d’investissement et d’innovation des entreprises, ce qui est aussi très mauvais pour leur avenir et leur image vis-à-vis des banques/investisseurs.
- Les banques refusent de repousser leurs échéances de prêts bancaires.
- Les assureurs renâclent toujours à indemniser, même quand les contrats le prévoient ! Et le comble est qu’ils vont jusqu’à imposer la signature d’avenants pour supprimer ces clauses « pandémie » ou « fermeture administrative », tout en refusant l’indemnisation.

Fonds de solidarité : ce que négocient actuellement le GNI et les autres organisations professionnelles avec Bercy

5 février - S’agissant des groupes de restauration, d’hôtellerie et des traiteurs, nous travaillons à porter le plafond d’indemnisation des charges fixes non couvertes de 3 millions à 10 millions d’euros comme l’autorise désormais la Commission européenne depuis le vendredi 28 janvier 2021. S’agissant des autres entreprises du secteur HCR, quelles que soient leur taille, leur nombre de salariés et leur chiffre d’affaires, nous demandons que le plafond des aides de minimis*, servant à couvrir les pertes soit augmenté pour passer de 800.000 euros d’aides (calculées sur les 20% du CA) à 1.800.000 euros comme l’autorise là encore la Commission européenne depuis vendredi 28 janvier 2021. Une négociation est aussi en cours pour permettre aux entreprises qui ont ouvert après le 30 septembre d’entrer dans le dispositif. Le dispositif devrait être annoncé courant février selon le président du GNI, Didier Chenet.
*La règle de minimis fait partie des règlements décidés par l'Union Européenne pour encadrer le fonctionnement des aides aux entreprises. Cette règle appartient aux textes définissant les intensités d'aide pouvant être accordées aux entreprises.

Montagne : le GNI analyse l’intérêt des mesures annoncées

Didier Chenet, président du GNI et François Gauthier, président des hôteliers du GNI et chef d’entreprise en montagne, ont participé à la visio-conférence organisée début février par le Premier ministre concernant le dossier montagne (Lire dans Communications et Annonces du Gouvernement). Leur analyse et commentaires des annonces.

- Le Premier ministre a réaffirmé son soutien massif aux HCR et sa décision d’engager, sous la responsabilité du secrétaire d’État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, un grand Plan Montagne

- Le ministre en charge des TPE et des PME, Alain Griset, répondant à la demande d’ajustement du Fonds de solidarité du GNI, notamment pour le secteur de la montagne a assurer que désormais toutes les entreprises des HCR réalisant moins d’un million de CA mensuel pourraient bénéficier du régime d’indemnisation des 70% des charges fixes non couvertes.

« C’est une grande avancée et un grand soulagement pour tous nos professionnels et nous nous réjouissons de cette réponse très positive. Ils vont trouver dans cette indemnisation, le moyen notamment de s’acquitter de leurs loyers » estime Didier Chenet. « Il nous reste désormais à définir le périmètre de ces charges fixes et pour les plus grandes entreprises à négocier un déplafonnement au-delà des 3 millions d’euros d’indemnisation ».

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a confirmé :

- La prise en charge des contrats saisonniers au titre de l’activité partielle prise en charge à 100% jusqu’au 15 Avril.
- La prise en compte dans les coûts fixes indemnisés des frais d’hébergement des saisonniers et des congés payés sur l’activité partielle.

« Il nous reste encore bien entendu à négocier la durée de l’indemnisation des charges fixes pour tenir compte de la période entre « la fin de saison » et l’ouverture de la prochaine saison d’hiver, la prolongation de l’activité partielle des collaborateurs employés à l’année ».

Montagne : l’avenir des établissements se joue maintenant, alerte Paul Duverger

Pas de remontées mécaniques ouvertes cette saison. Le premier Minsitre, Jean Castex, doit recevoir tout début février les acteurs de la montagne, dont le GNI. Pour Paul Duverger, président du GNI Rhône-Alpes Région Est, le Gouvernement doit dès à présent fixer une feuille de route jusqu’en décembre 2021.
Au pied du mur : Nous nous dirigeons vers une année blanche, ou noire, et c’est désormais inéluctable, avec des impacts différents d’un massif à un autre. Ce sont les hautes stations de Savoie qui sont dans la situation la plus dramatique dans l’immédiat car elles ne fonctionnent que l’hiver, soit 4 mois ½ d’activité. Elles n’ont pas les structures pour faire une saison d’été. Beaucoup de professionnels de la montagne pensaient pouvoir s’appuyer sur février après des vacances de Noël qui ont tourné au ralenti. Mais ils se retrouvent au pied du mur.
Nouvelles difficultés : Elisabeth Borne, la ministre du travail, les avait mis en confiance en promettant le chômage partiel pour les saisonniers. Les professionnels ont embauché, sauf que la situation actuelle engendre de nouvelles difficultés et notamment un certain nombre de dépenses incompressibles comme le logement des saisonniers qui fait partie des charges nécessaires. Or, l’espérance de réouverture se porte désormais pour une majorité sur décembre 2021.
Au-delà des stations : L’arrivée du Covid-19 a impactée la saison 2019/2020 à hauteur de 30%. Il y a eu un regain d’activité cet été en montagne, mais pas suffisant pour refaire de la trésorerie. Si je prends l’exemple de la Savoie, 50% de l’activité économique du département relèvent de la montagne en hiver.
Charges fixes : Le GNI travaille avec le groupe Montagne qui s’est constitué avec les domaines skiables, les moniteurs… Nous avons mis en place une étude spécifique auprès de 150 hôtels et d’une centaine de restaurants permettant d’analyser leur liasse fiscale. Notre objectif était de pourvoir chiffrer le niveau de charges fixes. Celui-ci s’établit à 63% pour les hôtels et à 50% pour les restaurants (les amortissements étant plus courts). Et de permettre que les établissements de montagnes puissent bénéficier d’une juste indemnisation. Nous demandons aujourd’hui une indemnisation de 70% de leurs charges fixes à minima et sans seuil.
Des interrogations en cascade : Les restaurants d’altitude ont dû faire leurs stocks, ils ont acheté et sont déjà livrés. Que vont-ils faire de ces stocks qui ont des dates limites de vente ? Comment va-t-on pouvoir négocier avec les fournisseurs ? Quid des redevances ? Spre, Sacem, droits audiovisuels… Quels dispositifs vont être pérennisés pour que ces établissements de montagne puissent rester debout jusqu’en décembre ? A toutes ces questions qui réclament des réponses immédiates s’ajoute la détresse des gens. Nous sommes en train de mettre en place une cellule psychologique avec les CCI et la Région.

Emploi : les organisations professionnelles demandent à Elisabeth Borne des engagements précis

L’Umih, le GNI, le GNC et le SNRTC ont adressé vendredi 22 janvier un courrier commun à la ministre du Travail, Elisabeth Borne, dans lequel ils réclament des mesures d’urgence « indispensable au maintien des emplois ». Principaux extraits.

- Alors que la fermeture des cafés, des restaurants, des discothèques ou des bowlings se prolonge, sans perspective d’ouverture à court terme, que les hôteliers subissent de plein fouet la fermeture partielle de leurs activité, les traiteurs organisateurs de réceptions eux continuent de faire face à une activité réduite à quasi néant et que les professionnels de la montagne craignent une saison blanche, que nous qualifierons de saison noire, il est urgent de prendre les mesures indispensable au maintien des emplois.

- Nos organisations ont toutes salué vote qualité d’écoute et votre volonté d’apporter à toutes nos entreprises quelle que soit leur taille, le soutien nécessaire au moyen de la prise en charge des rémunérations des salariés sans reste à charge et de l’indemnisation 10 jours de congés payés acquis sur les périodes d’activité partielles. Elles savent aussi l’importance des exonérations des charges sociales et du crédit de cotisation mis en œuvre.

- [Les entreprises du secteur] attendent une visibilité sur ces mesures, votre intention, pour qu’elles demeurent en l’état et soient même, au besoin, aménagées en raison de l’évolution de la crise sanitaire et des restrictions pesant sur elles.

- Pour le secteur protégé, et précisément l’hôtellerie et les traiteurs organisateurs de réception, il est indispensable de revoir les modalités d’indemnisation au titre de l’activité partielle prévue à partir du 1er mars.

- Pour toutes les entreprises, il faut apporter l’assurance de la poursuite du dispositif d’activité partielle en l’état sans reste à charge tant que les mesures sanitaires exigées de nos professionnels impacteront leur activité et à minima jusqu’à fin juin.

Dans ce courrier, les organisations s’inquiètent également des « différences d’interprétation des textes de la part des Direccte régionales ou départementales ».

«Des mesures de nature à redonner le moral», estiment les organisations professionnelles

Au terme de la conférence de presse donné jeudi 14 janvier par le premier ministre, Jean Castex, les organisations professionnelles ont publié ce communiqué commun :
«Les organisations professionnelles de L’hôtellerie et de la restauration saluent unanimement l’écoute du gouvernement, et en particulier de Bruno Le Maire, Alain Griset et Jean-Baptiste Lemoyne, qui a entendu la détresse des professionnels et leur volonté de survivre par des mesures d’indemnisation et de soutien à la hauteur de la gravité de la crise, des mesures qui s’inscrivent dans le temps et donnent aux professionnels la visibilité attendue le temps que dureront les mesures sanitaires. Les mesures d’indemnisation mises en œuvre en décembre dans le cadre du Fonds de solidarité sont ajustées et amplifiées. Toutes les entreprises du secteur quelle que soit leur taille sont éligibles à ces mesures y compris les hôtels et les TOR. Le chômage partiel est prolongé sans reste à charge avec des conditions néanmoins pour les hôtels qui nécessiteront un ajustement pour les aligner sur celles de la restauration. Les organisations professionnelles attendent aussi que les banques jouent le jeu pour les reports d’échéances des prêts bancaires. Finalement, ces mesures sont de nature à redonner le moral aux restaurateurs, aux cafetiers, aux discothécaires et bowlings ainsi qu’aux hôteliers et aux traiteurs organisateurs de réceptions.»

Echéances bancaires au 1er mars : les organisations reçues en urgence à Bercy

Bruno Le Maire s’est entretenu ce mardi 12 janvier avec les représentants de la Fédération bancaire français, Bercy a toutefois indiqué peu après qu’il n’y aurait aucune communication sur cette réunion avant jeudi 14 décembre, journée au cours de laquelle le premier Ministre s’exprimera de nouveau sur la situation du pays. Pour les entreprises CHR, le 1er mars arrive à grands pas et génère énormément d’inquiétude. C’est à partir de cette date, en effet, que les échéances des prêts ‘historiques’, capital et intérêts, et que les premiers remboursements des PGE doivent arriver. Ce mercredi, les organisations professionnelles CHR ont demandé à être reçues de toute urgence par le cabinet de Bruno Le Maire.

Micro tendu à Didier Chenet, président du GNI, et Hervé Dijols, président du SNRTC, syndicat associé à l’Umih, à la sortie de Bercy, qui se sont exprimés au nom de l’ensemble de la profession.

- Jennifer Pidzzicara : Nous avons été reçus par la directrice du cabinet adjointe de Bruno Le Maire, qui vient d’être promue à ce poste et qui était auparavant directrice de cabinet d’Alain Griset, ministre délégué aux TPE et PME. Elle connaît parfaitement l’étendue des difficultés rencontrés par notre secteur d’activité.
- Mur de dettes : Les entreprises du secteur vont être confrontées à un mur de dettes. Les échéances bancaires ont été repoussées de six mois avec le premier confinement et ce report a été prolongé de six mois. Aujourd’hui, alors que nos entreprises sont fermées ou sont au plus bas et que nous n’avons aucune visibilité sur la date de réouverture, nous attendions un report d’un an mais la Banque de France brandit la réglementation européenne. Un nouveau report impliquerait une détérioration de la note, les entreprises seraient considérées en difficulté et sortiraient du fonds de solidarité et des autres aides, ce qui serait catastrophique. Ce serait le ‘baiser de la mort’ avec plus aucun recours. Elles iraient directement en cessation de paiement…
- Restructuration de la dette : Nous demandons une année supplémentaire qui ne soit pas considérée comme un report mais qui puisse permettre à l’entreprise de restructurer sa dette. Un dispositif qui démarrait le 1er mars et qui fixerait des étapes. Il ne s’agit plus aujourd’hui de mettre la poussière sous le tapis mais bien de travailler avec les banques à la restructuration des dettes. Bercy doit obliger les banques à nous aider et à nous accompagner dans cette restructuration.
- PGE : Bercy nous a promis que les banques joueraient le jeu, mais attention, c’est à l’entreprise d’aller voir sa banque pour demander le prolongement du différé. Nous demandons de notre côté la possibilité de ‘booster’ le PGE. Il faudrait augmenter les plafonds, qui correspondrait à un complément de PGE. Bruno Le Maire a indiqué un élargissement des conditions pour les groupes familiaux avec un plafond de 3 millions d’euros à priori. Nous réclamions un plafond plus adapté à la réalité des groupes familiaux, maintenant et avant de se réjouir, il va falloir connaître les critères d’accessibilité. Durant cette crise, le Gouvernement a commencé par soutenir les plus petits, ensuite les structures moyennes et désormais ; compte tenu de l’ampleur et de la durée, ce sont les plus grosses structures qui sont à leur tour en grand danger.
- Amortissement : La possibilité pour les entreprises de ne pas amortir (non amortissement) pendant les périodes de fermeture est sur la table. L’Autorité des normes comptables vient de rendre sa recommandation et elle est favorable à la mise en œuvre d’un tel dispositif. La balle est dans le camp de Bercy.

Face au mur de dettes lié du coronavirus, la CPME plaide pour la création d’un ‘prêt consolidation’

La plupart des entreprises qui ont demandé un PGE ne sont pas en capacité de le rembourser alors que les premières échéances doivent intervenir à partir du mois d’avril. La CPME voudrait que la France s’inspire de l’Allemagne en instaurant un prêt consolidation. Communiqué.
• Le contexte sanitaire ne permet malheureusement pas un fonctionnement normal de l’économie française et beaucoup d’entreprises restent à la peine. Imaginer qu’elles dégagent à très court terme une rentabilité supérieure est illusoire. Bien au contraire, pour un grand nombre d’entre elles, les difficultés s’accumulent et la trésorerie comme les fonds propres sont au plus bas.
• Dans ce contexte, il convient de tout faire pour que le différé de remboursement initial du PGE d’une durée initiale d’un an soit effectivement prorogé d’un an supplémentaire pour les entreprises qui en font la demande. Dans la pratique, la décision d’accorder ou non ce délai, portant ainsi le différé de remboursement à 2 ans, appartient aux banques. Il apparaît aujourd’hui que certaines font preuve de frilosité. La CPME les appelle donc à ne pas abandonner les entreprises au milieu du gué.
• Il serait cohérent que ce différé supplémentaire d’un an soit de droit, a minima pour les entreprises continuant à faire l’objet d’une fermeture administrative ou celles dont l’activité dépend de ces secteurs. Et si de nouvelles restrictions sanitaires devaient intervenir, on n’échapperait pas à une réflexion plus large sur une nouvelle prolongation du différé de remboursement.
• Au-delà, la Confédération des PME souhaite, dès à présent, que les entreprises puissent regrouper toutes les dettes et créances accumulées, via un « prêt consolidation » garanti par l’Etat et amortissable sur une durée de 10 ans, ainsi que cela se pratique en Allemagne.
• Proposer un outil de refinancement est indispensable pour permettre aux entreprises viables de rebondir et d’éviter qu’elles ne se fracassent contre un mur de dettes infranchissable.

Mise à jour : 15 février 2021

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