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André PICCA    Jeudi 09 avril 2020 10:35
Masque : pourquoi les journalistes à l'antenne n'en portent-ils pas ?

J'entendais, ce matin, la journaliste de FranceInfo répondre à la question d'un internaute : « pourquoi les journalistes à l?antenne ne portent-ils pas de masque ? »
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André PICCA    Jeudi 09 avril 2020 10:36

Intéressante fut la réponse : »si je portais un masque à l’antenne, vous ne pourriez pas comprendre ce que je dis ».
Effectivement, l’une des bases de la qualité d’un échange, c’est effectivement l’expression verbale accompagnée de l’expression gestuelle.
En restauration en place assise, comment va-t-on pouvoir se comprendre ? Service masqué, clients masqués ?
Avec les gestes barrières, comment seront servis les clients ?
Que deviendra le plaisir de consommer dans un restaurant ?
Combien de tables restera-t-il dans la salle ? à quelle distance ?
Si « tout esprit profond a besoin d’un masque » (Niestsche), il faudra aux restaurateurs bien se creuser la tête pour innover et trouver des lendemains qui chantonneront.

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Rita    Jeudi 16 avril 2020 23:44

Vous comprendrez peut-être un jour que, sans parler de surdité profonde, nombre de personnes souffrant comme moi de presbyacousie s'aident, pour comprendre leurs interlocuteurs, de la lecture labiale. Ce qui gêne bien la compréhension des films doublés :), mais permet encore de prendre correctement les commandes dans une salle bruyante. Ce serait évidemment difficile avec des clients masqués, à moins d'envisager (limite !!!) plutôt les dispositifs auto-protecteurs du type "écran transparent" ( ???). Sinon d'ailleurs comment feraient-ils pour manger ?

Ceci dit, il est toujours intéressant de se poser des questions, comme l?établissement et l?actualisation annuelle du DUERP nous y incite d?ailleurs, non ?

En 2009, nous avions déjà été confrontés à (la crainte d?)une flambée de grippe H1N1. A cette occasion, nous avions mis en place certaines procédures « de crise », dont certaines d?ailleurs sont restées applicables en temps ordinaire :

- La distance entre les tables, comme la marche en avant en cuisine, peut se concevoir à la fois dans l?espace et dans le temps : en renonçant à 50% de fréquentation simultanée mais en offrant des horaires de service étendus (appréciés en secteur touristique et le WE), la perte a été modérée, d?autant que nous avions également décalé en conséquence les plannings du personnel. Pour les restaurants de centre-ville, si les entreprises alentour imposent une pause déjeuner commune et courte, c?est moins évident bien sûr (mais beaucoup de leurs employés ont déjà recours à la lunch-box ou aux plats sur le pouce).

- Les embrassades et poignées de mains, de mise avec beaucoup de nos clients habitués, il était/sera facile d?y renoncer pour un temps, la motivation pour la bonne cause étant partagée.

- La prise de commande : Une carte claire, comprenant composition des plats, allergènes? peut compenser la difficulté de compréhension par le client des conseils d?un.e serveu.r.se masqué.e.
Un système de commande électronique sur place (comme les "sucettes" de certains fast-foods) résoudrait à la fois cette question, et celle du paiement par carte (90% des règlements chez nous). Avec un distributeur de gel ou de lingette hydroalcoolique attaché bien sûr !
Sinon le terminal électronique portable, de plus en plus répandu, limite aussi les contacts indirects (bons) avec la cuisine, et fait gagner en temps et en clarté? y compris pour la facturation et la gestion.

- Le service à table : des masques altruistes EAP, comme ceux des cuisiniers, devraient être portés par les serveurs lors du portage des plats, puisqu?alors une grande proximité est obligée. En outre, attraper chaque assiette avec une serviette en papier ou une pince, isole non seulement des éventuels pathogènes manuportés, mais aussi de la chaleur. Notez que plutôt qu?empiler sur le bras, nous utilisons depuis toujours un porte-assiettes à étages, nettoyé à chaque cycle (pratique, 4 assiettes à une seule main).

- Les règlements, notamment en espèces (de plus en plus rare) : Seule une caissière (écartée du service) manipulait la monnaie, que les serveu.r.se.s transportaient sur un porte-addition. En cas d?utilisation du TPE pour la CB, un coup de lingette à chaque utilisation (mais beaucoup de paiements sans contact aujourd?hui).
Petit plus inspiré d?une tradition japonaise, on peut aussi disposer sur le porte-addition autant de pochettes rince-doigts emballées que de convives. Très apprécié pour quelques centimes.

- Information : dans les vestiaires, les sanitaires, y compris dévolus aux clients, des affichages indiquent les gestes à éviter/privilégier, le «mode d?emploi» des équipements, la bonne façon de se laver les mains etc. Il va sans dire que la formation du personnel à l?hygiène est primordiale donc préalable, régulière, voire répétée.

- La porte des toilettes peut se pousser de l?intérieur sans manipuler la poignée, le robinet du lavabo est à commande fémorale, l?essuyage à usage unique et les poubelles à pédale bien sûr. Un diffuseur automatique dispense un brouillard parfumant désinfectant à base d?huiles essentielles.

- L?entretien des locaux, dès la rue (porte battante sans clenche), est encore renforcé : insister sur les rampes d?escaliers, garde-corps, dossiers des sièges etc. Et les Cartes !
Noter que pour la sécurité du personnel il vaut mieux nettoyer/désinfecter avant le service qu?après : le potentiel infectieux des éventuels pathogènes déposés décroît avec le temps.

Alors oui, toutes ces mesures ont un coût. Financier déjà, mais aussi, sûrement, humain : changer des habitudes peut être ressenti comme stressant, la charge mentale s?accroît, il faut non seulement expliquer mais veiller à ce que tout le monde applique ces gestes systématiquement, cela prend du temps, de l?énergie et tout ça pour quoi ?
Pour que le repas au restaurant reste un plaisir, lequel dépend de tout un ensemble d'éléments : un accueil sympathique, un décor agréable, un service compétent, une nourriture saine et goûteuse, à des prix corrects... Et l'assurance qu'en tout temps (y compris hors épidémie), la plus stricte hygiène est appliquée de la cuisine au service, parce qu?il n?y pas de plaisir sans confiance.

Et nous, quand pourrons-nous retrouver la confiance de nos décideurs, quand pourrons-nous recommencer à mitonner ce plaisir pour nos clients, ce qui donne un sens à nos vies et maintient en vie nos bars, glaciers, restaurants, discothèques ? Combien d?entre nous, entrepreneurs passionnés mais réduits à l?impuissance, survivront jusqu?à la reprise espérée ?
D?ici-là, combien passeront une sale période en réanimation/redressement judiciaire, et combien succomberont finalement et disparaîtront, parce qu?on ne nous croit pas capable de faire des efforts ?



André PICCA    Samedi 18 avril 2020 07:31

Note à la rédaction du Journal : il serait intéressant de voir avec Rita si l'on peut reprendre son post sur le journal .

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Rita    Dimanche 19 avril 2020 20:23

Si cela peut aider, de mon côté pas de problème.
Bon courage à tous les collègues, et à nos conseils ici-présents.



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