Patrons de bars et de restaurants, directeurs d’écoles hôtelières, fournisseurs, représentants des organisations professionnelles, dîplomates, écrivains, historiens… Ils étaient une centaine d’amoureux des bistrots à avoir répondu présent à l’invitation d’Olivia Grégoire, députée et ancienne ministre du Tourisme, le 20 janvier dernier à l’Assemblée nationale, pour assister au colloque ‘Cafés et bistrots, un patrimoine français à sauvegarder’. L’événement était organisé par Alain Fontaine et son association Bistrots et Cafés de France, qui se mobilise depuis 2018 pour l’inscription de ces lieux de sociabilité en tant que patrimoine culturel et immatériel à l’Unesco. La démarche a reçu le soutien, le 5 janvier dernier, du président de la République, Emmanuel Macron, et entrera prochainement dans une nouvelle phase : ce dossier de candidature sera étudié par le ministère de la Culture le 27 janvier prochain afin de le soumettre ensuite à l’Unesco.
Au-delà de sa dimension économique, le bistrot constitue en effet un patrimoine culturel et immatériel qu’il est essentiel de défendre et de préserver assure Alain Fontaine, qui préside également l’Association pour la reconnaissance de l’art de vivre dans les bistrots et cafés de France en tant que patrimoine culturel immatériel. “Depuis 200 ans, le café fait partie de notre histoire et de notre culture, de l’art de vivre d’hier et de demain. C’est un lieu de vie ouvert à tous, quel que soit son milieu ou son origine, c’est un lieu d’expression, parfois de contestation et de refuge. C’est aussi un lieu de partage, de sociabilisation et même d’intégration.”
Défendre un modèle menacé
Car si l’on va dans un bistrot, “c’est qu’on s’y sent reconnu, qu’on éprouve le besoin d’être en communauté”, a ajouté Catherine Virassini, consultante patrimoine culturel et métiers d’arts, lors du colloque. “Et ce sentiment ne peut exister que grâce aux interactions entre le personnel et les clients, qui font vivre l’espace du bistrot, participent aux discussions, instaurent un climat de bonne humeur, de convivialité et de confiance. Aujourd’hui, les clients changent, mais le besoin d’être ensemble est toujours le même.”
Ce patrimoine est pourtant en danger : “Alors qu’il y avait 508 000 bistros en 1900, ils sont moins de 40 000 en 2026. Et dans 22 000 communes en France, il n’y a plus aucun commerce ouvert, donc a fortiori pas de café, alors qu’il s’agissait souvent du dernier lieu de sociabilité, poursuit Alain Fontaine. Aller à l’Unesco c’est défendre ce modèle, sauver ce patrimoine vivant et le développer.”
Olivia Grégoire a assuré le restaurateur de son soutien : “Les cafés et bistrots sont profondément ancrés dans notre culture française, ils sont même le cœur battant du pays. Je suis évidemment totalement à vos côtés pour soutenir la démarche engagée auprès de l’Unesco.” L’ancienne ministre s’est également engagée à recueillir le soutien des parlementaires, et a trouvé le lieu idéal pour y parvenir : “Comptez sur ma capacité à déposer un livre d’or à la buvette de l’Assemblée nationale et sur ma capacité à traîner chacun des 576 députés restants [en plus d'elle-même] pour le signer !”
Publié par Roselyne DOUILLET
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vendredi 23 janvier 2026