|
|
|
 |
 |
 |
 |
 |

de septembre 2003 |
STRATÉGIE |
La Maison de l'Aubrac et Devèz à Paris
Deux établissements, un thème : l'Aubrac
A deux pas des Champs-Elysées, La Maison de l'Aubrac, au
cachet rustique, est ouverte 24 h/24. Le Devèz, place de l'Alma, s'inscrit quant à lui
dans les brasseries contemporaines. Leur propriétaire, Christian Valette, décline dans
les deux cas le même thème : l'Aubrac et son buf.
Sylvie Soubes
L'un fait figure
d'institution, l'autre possède de bons atouts pour le devenir. La Maison de l'Aubrac, rue
Marbeuf, dans le VIIIe arrondissement, a ouvert ses portes voici bientôt 6 ans. Son
succès a été quasi-immédiat, grâce à un service continu 24 h/24, mais surtout à une
thématique de terroir judicieusement limitée à la région de Laguiole, au cur de
l'Aveyron. Derrière l'enseigne, Christian Valette. Ses parents sont propriétaires des
murs de cet établissement depuis un quart de siècle. Ils sont aussi éleveurs de
buf, de la race d'Aubrac. "L'idée était d'offrir aux Parisiens un lieu de
restauration traditionnelle, dont les produits proviennent directement d'un terroir
clairement identifié. La Maison de l'Aubrac est une maison de terroir. Nous nous
ravitaillons auprès des commerçants et des coopératives de Laguiole et de ses environs.
La viande que nous vendons est une race pure obtenue sans insémination artificielle",
commente pêle-mêle Christian Valette. Le choix des matériaux - bois clair et rustique,
banquettes de velours rouge - comme le choix des photos accrochées sur les murs - des
fermiers, des bovins, immortalisés par Arthus-Bertrand - véhiculent également l'esprit
recherché. La Maison de l'Aubrac "rassure". Elle allie bonne chère et
détente. La notion festive y est encore plus marquée durant la nuit. A table, la Côte
de buf, le Tartare, l'Aligot tiennent la vedette, aux côtés d'une carte des vins
comptant 1 200 références et une belle sélection de crus issus du Languedoc-Roussillon.
"Nous n'avons pas souffert de la crise de la vache folle car notre clientèle
était sûre de ce qu'elle trouvait dans l'assiette", ajoute Christian Valette
qui s'est attelé, l'an dernier, à un autre projet, le Devèz.


Une constante dans les deux établissements : des couleurs naturelles, qui
rappellent l'Aubrac.
L'Aubrac revisitée
"L'affaire était fermée depuis 3 ans lorsque je l'ai découverte. Cet
emplacement, place de l'Alma, se prêtait à quelque chose de plus contemporain, dans le
décor comme dans l'assiette. J'ai donc réfléchi à un autre concept, dans lequel je
garderais le même fil conducteur : l'Aubrac", explique-t-il. Le Devèz est
"une futaie de hêtres, sapins, épicéas et mélèzes qui s'étend sur 140
hectares, entre le Roc del Cun et les ruisseaux d'Ourtigouse et du Ménépeyre".
Son nom fait référence aux riches pâturages qui l'entourent, chamarrés par la
gentiane, la violette et le genêt ailé au plus fort de l'été. "L'herbe de ces
devèses a une valeur nutritive inestimable, dont l'éleveur d'Aubrac est très fier",
rappelle Christian Valette, lui-même producteur de buf race Aubrac. Le Devèz,
version parisienne, respire l'Aubrac. Corne de vache sur le bar, ardoise sur sol et les
tables, teintes fauves... "C'est une évocation contemporaine, une vision plus
citadine, mais qui n'entame en rien l'authenticité qui reste à la base du concept."
Designers retenus : Lafond A.D. & Alain Ottavi. Le Devèz fonctionne de 9 heures à 2
heures. Il bénéficie en outre d'une quarantaine de places en terrasse. En cuisine, la
viande est travaillée dans un registre novateur, voire audacieux. Tapas, Carpaccio de
langue de buf tiède, Nems de buf à la menthe sauce soja, Foie gras 'torchon'
au buf séché jus corsé au balsamique, Tripes de buf aux quatre épices,
Mac'Aubrac frites au couteau... "Au Devèz, j'ai aussi voulu revaloriser les bas
morceaux. L'idée est de réapprendre aux gens les goûts d'un plat de côtes ou de gîte."
Pour les accompagner, des vins au verre notamment, en provenance d'Afrique du Sud,
d'Espagne, d'Italie, du Languedoc et de la vallée du Rhône. A qui s'adresse le Devèz ?
"D'abord à la clientèle des bureaux et des hommes d'affaires. Il y a beaucoup de
professions libérales dans le quartier. La table d'hôte est assez prisée à l'heure du
déjeuner, car elle est en retrait du mouvement, et permet de poursuivre une réunion de
travail tout en mangeant. Le Devèz vit en journée au rythme de la limonade. Il y a pas
mal de touristes. Le soir, on s'inscrit le créneau restaurant", termine
Christian Valette qui note actuellement le développement du brunch dominical.
Intéressant. n
Zzz24 Zzz22v

Pas de terrasse à La Maison de l'Aubrac, mais des baies vitrées qui s'ouvrent
par beau temps. Le Devèz bénéficie en revanche d'une terrasse couverte et découverte.
|
Véritable chantre de l'Aubrac et de ses productions, Christian Valette n'a rien
contre l'esprit contemporain. Preuve en est au Devèz.
|

Esprit chalet des montagnes d'un côté, corne et clin d'il aux bovins de
l'autre.
|

|
Repères :
La Maison de l'Aubrac, équipe de 40 personnes, ticket
moyen à 30 e le midi et 45 e le soir et la nuit. Clientèle d'habitués
surtout à midi (estimée à 60 %). Clientèle très variée et de passage en nocturne.
Site web : www.maison-aubrac.fr
Le Devèz, équipe de 27 personnes, ticket moyen 35 e le
midi, 45 e le soir. 80 % d'habitués à midi, 60 % en soirée.
Un chef, Laurent Durot, chapote les deux cartes. Les vins du Devèz sont sélectionnés
par Eric Rossi.
Article
précédent - Article suivant
Vos réactions : cliquez sur le Forum de
L'Hôtellerie
Rechercher un article : Cliquez ici
L'Hôtellerie Restauration n° 2838 Magazine 11 Septembre
2003 Copyright
© - REPRODUCTION INTERDITE

|