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Julien Bolzacchini à Nice
Devenir gouvernant
A l'heure où les femmes s'imposent en cuisine, les hommes
choisissent les chambres.
Lydie Anastassion

Julien Bolzacchini compte évoluer vers la fonction de directeur d'hébergement.
Un homme dans un univers de
femmes. Beaucoup de représentants de la gent masculine en rêvent sans doute. Sauf que
Julien Bolzacchini, 20 ans, a choisi un monde qui, a priori, ne fait pas rêver : le
contrôle des chambres, le ménage, la disponibilité, le service aux clients... Bref, la
face cachée de l'hôtellerie de luxe, pourtant indissociable de son succès. A la fin du
mois de février dernier, le jeune homme est arrivé en stage au Méridien de Nice,
promenade des Anglais. Fils de propriétaires d'une pizzeria à Condom, il a passé un bac
technologique hôtelier au lycée de Toulouse, puis a consacré 6 mois à une formation
complémentaire d'intérêt local (FCIL) d'assistant gouvernant général. Julien
Bolzacchini est stagiaire-gouvernant. Assis dans l'un des fauteuils du hall de la
réception du palace niçois, il semble ravi de son sort. "C'est vrai que mes
copains m'ont dit, quand je leur ai annoncé ma décision, 'tu vas faire des lits tous
les jours'. Je ne pense pas que le contrôle d'une chambre soit une affaire
exclusivement de femmes. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le contact avec les clients et le
management de l'équipe de femmes de chambre", explique-t-il.
Renouveau
Placé sous l'autorité de la gouvernante générale et de son adjointe, Julien
Bolzacchini est venu renforcer l'équipe des 4 gouvernantes permanentes. Comme elles, il
gère la vingtaine de femmes de chambre qui officient sur les 317 chambres de l'hôtel.
Certaines ont son âge, d'autres celui de sa mère. D'où la nécessité de mettre en
place des jalons de communication, sans lesquels son autorité pourrait mourir dans
l'uf. Pour lui, ce sera "Julien, vous...", pour elles, "Madame
X, vous...", ou plus simplement, le prénom pour les plus jeunes, suivi du vous.
"Au début, les femmes de chambre ont été surprises, mais elles sont contentes
de voir qu'un garçon s'intéresse à ce métier. Un peu comme un renouveau",
poursuit le gouvernant. Un point de vue que partage la gouvernante générale, Isabelle
Gallo : "Les femmes s'attachent aux détails. Je pense qu'un homme aura une
approche complètement différente du poste, plus large."
Avoir de l'autorité sans être autoritaire, savoir être à l'écoute de son équipe et
être souple, voilà trois des qualités requises pour être gouvernant(e). "Je
pense que je suis dans une situation identique à celle d'une femme qui désire être chef
de cuisine. Elle doit faire ses preuves, ne pas se laisser marcher sur les pieds, et
surtout, être très professionnelle." Son atout, selon lui, pour réussir à ce
poste : la diplomatie. Ce qui le motive, c'est la relation 'longue' avec le client, très
différente de celle, par exemple, entretenue par le serveur avec le client le temps d'un
repas. "Le fait d'être dans l'ombre n'est pas frustrant. Au contraire, c'est le
garant d'une certaine tranquillité qui permet de se concentrer sur le client. La chambre
est louée pour un certain temps, et nous devons faire en sorte que tout se passe bien.
Sinon, son occupant ne reviendra pas." nzz18p
| Parcours 1982 Naissance
1998 Entrée au lycée hôtelier de Toulouse
2002 Bac technologique hôtelier
2003 Formation complémentaire d'intérêt local (FCIL) d'assistant gouvernant
général |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2824 Magazine 5 Juin 2003 Copyright © -
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