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Produits & techniques
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achats
Jean Denaux
Des viandes comme autrefois
Arrière-petit-fils, petit-fils et fils de bouchers, Jean Denaux a conservé la
passion de la viande de ses ainés. Aujourd'hui, il propose aux restaurateurs des viandes
issues d'animaux élevés et nourris, comme autrefois, de façon naturelle. Saveur et
tendreté garanties.
En 1901, Emile, l'arrière-grand-père de Jean
Denaux, reprenait la boucherie de M. Dejust, un boucher très renommé à l'époque,
installé rue Saint- Dominique à Paris. Durant toute sa carrière, il a ouvert dix-huit
boucheries en France, tout en menant l'exploitation d'une ferme et d'un élevage à
Saligny dans l'Yonne. Jean, après des études agricoles, a parcouru le monde, des
Etats-Unis au Pays de Galles, pour découvrir les races élevées dans ces pays et les
différentes méthodes d'élevage. Après avoir exploité la ferme familiale pendant
quelques années, il a décidé de découvrir le commerce de la viande chez Jean
Cornelius, grossiste et spécialiste de l'agneau au Min de Rungis. C'est alors que le
déclic s'est produit. "Fort de mes connaissances en élevage, ma première
passion, fort aussi de mon nouveau savoir-faire en négoce des viandes, ma seconde
passion, confie-t-il, j'ai eu envie de me mettre à mon compte pour proposer aux
restaurateurs des viandes de qualité, découpées et maturées en fonction de leurs
attentes et de leurs besoins." C'est ainsi qu'en 1986, avec 50 000 F
seulement mais avec beaucoup de volonté et de foi en son projet, Jean Denaux s'est
installé à côté de Sens dans l'Yonne. Depuis, son entreprise progresse régulièrement
de 15 à 25 % par an. Aujourd'hui, Jean Denaux dispose d'un atelier de 500 m2, de chambres
de maturation de 250 m2, et emploie dix-huit personnes. Jusqu'en 1996, il ne s'adressait
qu'à la clientèle locale de bouchers et de restaurateurs. Cette année, il compte parmi
sa clientèle un bon nombre de restaurants étoilés de Paris ou d'ailleurs.
Viande Hereford, en direct d'Irlande
"Quand la crise de la vache folle s'est abattue notamment sur le Royaume-Uni et
la France, explique Jean Denaux, j'ai cherché à trouver des solutions de qualité
pour la viande de buf. Pour moi, une bonne viande de buf ne peut être issue
que de races à viande. J'ai donc pensé travailler nos races françaises : la Limousine,
la Parthenaise... Les viandes issues de ces races sont bonnes. Mais elles sont trop
lourdes, trop grosses, trop chères et ne sont pas exploitables pour la restauration. J'ai
donc démarré avec la Salers, race rustique d'un plus petit gabarit que j'avais côtoyée
quand j'étais éleveur. La viande Salers bien persillée est délicieuse. Le problème
est que sa qualité est irrégulière. Les restaurateurs amateurs de Salers le savent et
l'acceptent. Mais moi, je n'étais pas complètement satisfait." Alors, afin
d'offrir à ses clients restaurateurs à des prix maîtrisés, une viande régulièrement
tendre, savoureuse, dans des découpes et calibrages adaptés, Jean Denaux a pensé à la
race Hereford. Cette race à viande rustique est de petit gabarit. Paisible et précoce à
l'engraissement, elle donne rapidement une viande marbrée, donc goûteuse. Jean Denaux a
pensé à cette race car il l'avait rencontrée lors de ses stages aux Etats-Unis, au
Royaume-Uni, en Irlande, mais aussi en France. Dans notre pays, elle est exploitée par
une quarantaine d'éleveurs, est présentée au Salon de l'Agriculture, et est inscrite au
Livre généalogique des races bovines (Herd Book). "Comme l'Irlande n'était pas
touchée par la crise de la vache folle, poursuit-il, j'ai pris contact avec les
responsables du Livre généalogique des races bovines afin de rencontrer des
éleveurs de Hereford dans ce pays. Là-bas, les animaux sont élevés dans des conditions
idéales, toujours dans les pâturages, jamais à l'auge." Grâce au Livre
généalogique, Jean Denaux a sélectionné 42 éleveurs de Hereford race pure sur 400 qui
peuvent lui garantir un approvisionnement régulier tout au long de l'année. Ces 42
éleveurs ont formé un groupement qui respecte à la fois la charte de qualité
irlandaise pour la viande bovine (lire les pages suivantes) et un cahier des charges qu'il
a défini avec eux. "En fonction de mes commandes, poursuit Jean Denaux, les
éleveurs envoient leurs animaux auprès d'un abattoir que j'ai aussi sélectionné, un
abattoir ultra-moderne et respectueux de la viande, un des plus gros sites européens du
groupe AIBP. Les factures me sont adressées par cet abattoir mais je donne une ristourne
aux éleveurs. Ainsi, je suis en contact permanent avec eux et je les tiens au courant de
ma réussite. Une bonne façon de les motiver. Il sont ravis de savoir que, depuis janvier
2000, plus de vingt-cinq étoilés Michelin ont déjà été conquis par cette viande de
qualité."
Ressuage et maturation bien conduits
Ce succès, Jean Denaux le doit aussi à l'abattoir AIBP. "Les méthodes de
travail de cet abattoir, précise-t-il, sont pour moi des atouts
supplémentaires". En effet, la qualité d'une viande ne dépend pas seulement de
la race et de la façon dont un animal a été élevé et engraissé. Les conditions de
transport et d'abattage des animaux, la procédure de ressuage et de maturation des
carcasses sont des critères tout aussi importants. Ainsi, dès leur arrivée à
l'abattoir AIBP, tous les animaux sont notés en fonction de leur conformation, de leur
propreté, mais aussi en fonction de leur comportement paisible ou stressé. Cette note
est inscrite sur la fiche de paiement de la carcasse de l'éleveur. Il faut dire qu'en
Irlande, la charte de qualité tient compte du bien-être des animaux. "De plus,
ajoute Jean Denaux, pour le ressuage et la maturation des quartiers qui me sont
destinés, l'abattoir AIBP m'a proposé de procéder, selon le cahier des charges défini,
pour l'un de ses clients, à une chaîne de magasins de produits alimentaires haut de
gamme." Ainsi, pour le ressuage, les carcasses ne sont pas brutalement
transférées dans une chambre froide à 0/3° C. Leur descente en température jusqu'à
3° C s'effectue lentement pendant 48 heures, en trois paliers afin d'éviter un choc
thermique qui rétracte les fibres de la viande. Or, une viande rétractée ne pourra
jamais s'attendrir. Par ailleurs, pendant le ressuage et la maturation, les quartiers ne
sont pas accrochés par l'os du jarret mais par l'os iliaque, afin d'en respecter la
position naturelle, comme sur l'animal vivant.
" La position naturelle de l'animal étant respectée pendant ces phases, explique
Jean Denaux, les fibres musculaires ne subissent ainsi aucune force de tractation,
aucun étirement. La tendreté naturelle de la viande est conservée. Bien sûr, un tel
accrochage nécessite plus de place." En France, aucun abattoir ne
travaille ainsi. Ceci entraînerait trop de bouleversements et de frais.
Découpes sur mesure
Jean Denaux reçoit 20 à 50 quartiers de viande de buf Hereford par
semaine sur l'année. Il traite cette viande avec respect afin de valoriser en amont le
travail des éleveurs et de l'abattoir AIBP. L'aloyau n'est pas désossé avant 11 jours.
Certains morceaux comme l'entrecôte et le faux-filet non désossés sont conduits en
chambre de maturation pendant 3 à 4 semaines. "Seules les viandes issues
d'animaux élevés de façon naturelle, à l'herbe et au foin, abattues et ressuées dans
de bonnes conditions, peuvent de nos jours supporter un temps de maturation aussi long. Je
connais bien l'état d'esprit de mes éleveurs. Je sais que leur objectif n'est pas de
faire du rendement mais de la qualité." Jean Denaux est fier de proposer
une viande de buf d'une telle qualité. "Grâce aux soins que nous apportons
à la viande Hereford (bon dénervage, élimination des morceaux durs des muscles,
découpe dans le sens des fibres...) et une maturation longue, les restaurateurs sont
assurés de servir à leurs clients une viande tendre et savoureuse tout au long de
l'année, assure Jean Denaux. De plus, toujours à leur écoute, nous leur
proposons du sur mesure : les pièces sont maturées, préparées et calibrées comme ils
le désirent. En fait, ce sont nos clients qui nous font progresser." Depuis
quelques mois, fort de son succès auprès des restaurants étoilés, Jean Denaux a
entrepris d'enrichir sa gamme de viandes d'exception. Ainsi, il propose aux restaurateurs,
à la recherche de qualité, du Buf Wagyu, race du célèbre buf de Kõbé
élevé dans les pâturages verdoyants d'Australie, de l'Agneau gallois de Pré salé et
du cochon Cul Noir de Saint-Yrieix, une viande bien de chez nous qui a failli tomber dans
l'oubli . "Ces viandes ne portent pas le label bio, précise Jean Denaux, mais
elles sont issues d'animaux élevés de façon naturelle comme autrefois, avec
l'alimentation qui leur convient durant le temps nécessaire. En viande comme pour les
autres produits alimentaires d'ailleurs, on ne peut pas concilier qualité et rendement."
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Jean Denaux : "Mes objectifs sont de servir aux restaurateurs des viandes de
qualité, découpées et maturées en fonction de leurs attentes." |

Ce logo signe la viande Hereford
sélectionnée, maturée, préparée et calibrée par Jean Denaux. |

La viande Hereford proposée par Jean Denaux est issue de bufs élevés dans les
verdoyants pâturage irlandais.
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Pour le ressuage et la maturation, l'abattoir irlandais AIBP
accroche les quartiers arrière de Hereford, destinés à Jean Denaux, par l'os iliaque.
Une méthode qui évite l'étirement de la viande.
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L'HÔTELLERIE n° 2690 Magazine 02 Novembre 2000

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