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du 11 septembre 2003 |
DOSSIER TVA |
Organisations professionnelles
CONFIANCE ET ENGAGEMENTS SUR L'EMPLOI
Voici plus de 8 ans maintenant que les organisations professionnelles demandent aux
politiques une baisse de la TVA sur la restauration. A l'heure où leur message a été
entendu, le point avec leurs représentants.

ANDRÉ
DAGUIN
Président de l'Umih (Union des métiers de l'industrie de
l'hôtellerie) |
L'Hôtellerie : Etes-vous confiant sur
l'avancement de ce dossier ?
André Daguin : Il y a beaucoup d'agitation sur ce sujet dans la presse et sur les
ondes radio. J'ai entendu l'engagement du gouvernement sur le sujet : la TVA baissera de
19,6 % à 5,5 %. En contrepartie de cette baisse, on fera ce que l'on a promis, à savoir
mettre enfin ce métier vers la modernité. Les horaires de cette profession seront
toujours malcommodes, mais on les paiera plus chers. Quant à l'objectif de 40 000
emplois, nous ne nous faisons aucun souci. Le solde de nos emplois n'a jamais été
inférieur à 10 000 par an et il est plus proche des 15 000. En 2003, ce sont 73 000
personnes qui sont entrées dans la profession. Ces chiffres nous ont été communiqués
par le Fafih. L'Hôtellerie : Quand pensez-vous
que la mesure sera applicable ?
André Daguin : J'ai entendu le 1er janvier 2004, et c'est la date que j'ai
répercutée à mes adhérents, mais on ne fera rien qui gêne le gouvernement. Ceux qui
ont des doutes auront l'occasion de voir qu'ils n'étaient pas fondés. Aujourd'hui il n'y
a plus qu'un opposant, c'est l'Allemagne. Mais si l'Allemagne donne l'impression d'être
contre cette mesure, c'est pour obtenir quelque chose d'autre en contrepartie. La date
d'application doit être au 1er janvier 2004, sinon nos négociations en mixtes paritaires
avec les syndicats salariés ne peuvent pas continuer, car on ne pourrait pas donner ce
que l'on voudrait donner.
L'Hôtellerie : Quelles consignes entendez-vous
donner aux restaurateurs ?
André Daguin : Cette baisse de TVA n'est pas un cadeau. Elle doit d'abord aller à
votre personnel, ensuite à vos clients et à votre investissement. C'est en faisant ces
trois choses à la fois que la prospérité entrera dans notre profession. Celui qui
gardera tout pour lui, sortira en un an du marché, car il ne trouvera pas de personnel et
ses clients iront dans les établissements où sera pratiquée une baisse des prix.
Si tout va dans la baisse des prix, cela va entraîner un afflux de clients, mais pas de
personnel car il ne sera pas mieux payé. Les effets sur le personnel se traduiront de
différentes façons. Certains embaucheront plus et d'autres augmenteront les salaires.
Là aussi, il y aura une diversité des situations.
Nous avons déjà informé nos adhérents. Mais nous voulons mener une grande campagne de
communication envers nos professionnels, dans la presse grand public afin que le public
soit informé aussi. Nous avons dit qu'une grande partie du différentiel de TVA sera
consacrée à l'amélioration du sort de nos salariés.
Nous devons améliorer leur grille de salaires. Si on prend le Smic de l'échelon 1 niveau
I, le seul fait d'augmenter le taux horaire de 10 centimes d'euros a des conséquences
financières énormes, car vous perdez le bénéfice de la déduction de la
demi-nourriture, ce qui vous entraîne automatiquement une hausse de 66 e par mois. Ce qui
n'incite pas à payer les salariés plus que le Smic. Si on baisse la TVA, ce problème
peut se résoudre. La baisse de TVA va nous obliger à faire des efforts envers nos
salariés. |
JEAN-FRANÇOIS
GIRAULT
Président de la CPIH (Confédération des professionnels
indépendants de l'hôtellerie) |
L'Hôtellerie : Etes-vous confiant dans
l'avancement de ce dossier ?
Jean-François Girault : Je crois fortement à l'obtention de cette baisse de TVA.
Cela a même redonné le moral aux professionnels cet été. Je continue de penser que
cela va donner un coup de fouet à la profession et nous permettre de créer de l'emploi.
Quand certains rétorquent que ce n'est pas vrai, je réponds que la profession a besoin
d'employés qualifiés, et par là même se donnera les moyens de les qualifier. Je suis
et je veux rester optimiste sur le dossier. Cette mesure n'a jamais été aussi
nécessaire pour la profession. Cela va permettre à certains de sortir la tête de l'eau.
Nous devons revaloriser les salaires pour donner à nos salariés un juste salaire. Il
faut que les PME se retrouvent et reprennent confiance. L'Hôtellerie
: Quand pensez-vous que la mesure sera applicable ?
Jean-François Girault : Je suis optimiste pour le 1er trimestre 2004, car en
raison du calendrier européen et de la loi de Finances, ce ne sera pas forcément
possible au 1er janvier prochain. Mais le plus important, c'est que ce soit dans un avenir
proche et que le gouvernement tienne ses promesses pour ce secteur.
Notre problème aujourd'hui est de trouver du personnel. Au cours de ces 10 dernières
années, nous avons embauché plus de 15 000 salariés par an. Ces gens sont formés mais
cela ne suffit pas. Aujourd'hui, la profession est capable d'intégrer et d'absorber un
plus grand nombre de salariés.
L'Hôtellerie : Quelles consignes entendez-vous
donner aux restaurateurs ?
Jean-François Girault : Nous commençons nos assemblées générales en
département pendant lesquelles nous ferons passer les messages. Cette baisse de TVA doit
servir à trois choses : la revalorisation des salaires, la baisse des prix et
l'investissement. Mais il ne faut pas se bloquer avec une règle des trois tiers trop
rigide. En effet, il s'agit des trois critères importants qui doivent être respectés
selon une proportion décidée par chaque entreprise. Il est évident que chacune d'elle
doit faire là où elle a ses besoins. Par exemple, la rénovation de l'établissement
n'est pas nécessaire pour un établissement neuf ou qui a dernièrement fait des travaux
conséquents. Il faudra de toutes les façons répercuter cette baisse de TVA d'une
manière ou d'une autre dans l'entreprise. Il faudra faire un signe envers la clientèle
avec la baisse des prix, mais il ne faut pas non plus se bloquer avec des principes trop
stricts. Certains décideront d'augmenter leur personnel quand d'autres préféreront
embaucher. La profession se doit d'embaucher et de mieux former. Notre mot d'ordre est que
cette baisse de TVA doit servir à l'entreprise afin de lui donner une valeur ajoutée.
Une augmentation du nombre de clients grâce à une baisse des prix doit permettre
d'embaucher, et par conséquent, de mieux recevoir. Rénover nos établissements, c'est
leur donner un côté plus attractif qui attirera aussi la clientèle. On se doit de
donner plus et mieux à nos clients et à notre personnel. |
DIDIER
CHENET
Premier vice-président du Synhorcat (Syndicat national des
hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs) |
L'Hôtellerie : Etes-vous confiant dans
l'avancement de ce dossier ?
Didier Chenet : Je suis optimiste, car le gouvernement ira jusqu'au bout, et nous
faisons confiance à ce gouvernement qui veut et doit relancer l'économie et l'emploi. La
baisse de TVA pour la restauration va dans ce sens. Nous ne demandons pas de cadeau. Je
m'insurge contre ce terme que je vois trop souvent dans la presse. Quand on a supprimé la
TVA sur le service, on n'a pas parlé de cadeau pour la profession. Cette baisse de TVA
pour notre secteur consiste en une égalité de traitement de TVA tant au niveau français
qu'au niveau européen. Un cadeau fiscal consiste en une subvention comme il en est
accordé à certains secteurs d'activités, ce qui n'est pas notre cas. Ici, il s'agit de
remettre les pendules à l'heure. L'Hôtellerie :
Quand pensez-vous que la mesure sera applicable ?
Didier Chenet : Si je me réfère aux propos tenus par les différents ministres de
ce gouvernement, je pense que cette mesure sera applicable dans le courant de l'année
2004.
L'Hôtellerie : Quelles consignes entendez-vous
donner aux restaurateurs ?
Didier Chenet : En tant que représentant syndical, je ne peux pas prendre
d'engagement pour les chefs d'entreprise. Par contre, il est vrai que nous aurons une
politique d'incitation à répercuter cette baisse de TVA pour ceux qui le peuvent.
Maintenant, il est vrai que cette baisse va nous permettre de revaloriser notre métier,
en améliorant les conditions de travail ainsi que l'aménagement de nos établissements.
Mais la revalorisation des salaires se fera dans le cadre des négociations que nous
menons actuellement avec les partenaires sociaux. Cependant, il faut avoir à l'esprit que
ces négociations concernent autant les hôteliers que les restaurateurs. Nous négocions
sur l'aménagement du temps de travail, et nous tendons à définir la durée hebdomadaire
sur la base de 39 heures, avec l'octroi de jours de RTT en compensation. Mais les
hôteliers vont se trouver pénalisés, et on ne peut pas dissocier ces deux activités
lors des négociations. Le problème est de trouver une solution qui ne mette pas les
hôteliers en difficulté. Quand on parle de 10 % d'augmentation de salaire, il faut
savoir qu'avec les augmentations du Smic qui sont prévues d'ici juillet 2005, on y
arrivera.
Mais cette baisse de TVA facilite et brouille les négociations tant que nous ne l'avons
pas. On ne peut pas prendre des engagements sans avoir la certitude d'obtenir cette baisse
de TVA.
Pour l'instant, nous suivons les consignes que nous avons inscrites dans le mémorandum.
On attend l'effectivité de la mesure pour donner des consignes. Les restaurateurs ne
pourront pas faire ce qu'ils veulent, ils doivent tenir compte des attentes de leur
clientèle. S'ils ne font rien, leurs clients auront l'impression de se faire avoir. On a
trop tendance à oublier que la concurrence est un élément fort.
Le client est un grand zappeur. Deux éléments vont jouer pour lui : le prix et
l'ambiance qui est fonction de votre personnel et de la façon dont vous le payez. C'est
le client qui va pousser les restaurateurs à répercuter cette baisse de TVA. Je crois
très fortement au phénomène de la concurrence.
Mais pour la baisse des prix, il faudra que celle-ci soit ciblée et non pas
généralisée à tous les produits de la carte. En effet, un saupoudrage ne convaincrait
personne. Le but est de faire venir de nouveaux clients.
Mais nous devons faire attention à notre communication. En effet, le taux de 5,5 % ne
sera applicable que sur une partie de nos produits, c'est-à-dire le solide et les
boissons non alcoolisées. Et le client va attendre une réduction de prix de 10 %.
Toute la baisse de TVA ne sera pas répercutée, il faudra reconstituer nos marges qui
sont très faibles et réinvestir.
Quant aux 40 000 emplois, ce sont les chefs d'entreprise qui auront bien répercuté cette
baisse de TVA dans leurs entreprises qui vont embaucher, car ils auront plus de clients et
auront besoin de main-d'uvre.
Quant à savoir si nous avons respecté notre contrat, pourquoi ne pas créer un
observatoire sur les créations d'emplois dans la profession ? Plus on travaillera à
livre ouvert et mieux cela se passera. Je crois fortement à la dynamique économique que
va entraîner cette baisse de TVA. |
JACQUES JOND
Président de la Fagiht (fédération autonome générale de l'industrie hôtelière
touristique) |
L'Hôtellerie : Etes-vous confiant dans
l'avancement de ce dossier ?
Jacques Jond : Je suis confiant dans l'aboutissement de ce dossier, capital pour la
profession. Bien qu'il soit difficile de donner une réponse objective dans la mesure où
il s'agit d'une situation complexe, où interviennent plusieurs paramètres. Mais il faut
savoir que le gouvernement fait tout pour obtenir cette mesure. L'Hôtellerie : Quand pensez-vous que la mesure sera applicable
?
Jacques Jond : On était bon pour l'avoir au 1er janvier 2004. Mais
malheureusement, si nous avons le maximum de chances d'aboutir dans ce dossier, nous
n'avons pas de chance avec la conjoncture. Les délais de la mise en place vont dépendre
d'abord des démarches au niveau européen, sans parler du coût de la mesure pour le
gouvernement français alors que la situation économique n'est pas bonne. Nous maintenons
la pression auprès du gouvernement pour voir l'application de cette mesure.
L'Hôtellerie : Quelles consignes entendez-vous
donner aux restaurateurs ?
Jacques Jond : Aucun syndicat patronal n'a le pouvoir d'exiger, mais il a le devoir
de conseiller et d'insister auprès de ces mandants pour répercuter cette baisse de TVA
dans son entreprise. Seuls les chefs d'entreprise peuvent s'engager, un syndicat ne peut
prendre aucun engagement.
Je ne crois pas que les entreprises puissent appliquer les trois critères parallèlement
et surtout de la même façon. On conseillera chaque entreprise selon ses
caractéristiques propres. Il serait navrant de décevoir le gouvernement, mais surtout
les consommateurs. En raison de l'hypermédiatisation de ce dossier, il ne faudrait pas
voir les consommateurs se retourner contre nous si nous n'en faisons pas suffisamment pour
eux. Nous négocions en ce moment avec les partenaires sociaux, et je dirais que nous
avons fait un bon en avant dans les discussions. Nous demandons de la souplesse dans
l'organisation du temps de travail afin de pouvoir répondre aux demandes fluctuantes des
consommateurs. Si les salariés sont raisonnables, les employeurs pourront donner des
jours de compensation afin qu'ils puissent garder une certaine souplesse dans
l'organisation du travail. zzz66f |
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L'Hôtellerie Restauration n° 2838 Hebdo 11 Septembre
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