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du 03 avril 2003 |
COURRIER DES LECTEURS |
ÇA VA MIEUX EN LE DISANT Quand ferons-nous notre révolution
?
En revenant d'un voyage aux Etats-Unis et après une courte expérience dans
l'hôtellerie-restauration en France, je me suis rendu compte que notre corporation est un
véritable dinosaure social.
En effet, il faut arrêter de se leurrer... Les employés de l'hôtellerie-restauration
sont les laissés-pour-compte des avancées sociales et cela pénalise toute notre
profession.
Il existe une France à deux vitesses : celle des 35 heures et les autres, et que l'on
soit pour ou contre ces 35 heures, la loi doit être la même pour tout le monde. Or ce
n'est pas mentir que de dire que la moitié de notre caste en travaille le double.
Mais ce n'est pas tant le problème, car de nombreuses personnes - moi le premier - sont
prêtes à faire de nombreuses heures, mais il faut un minimum de reconnaissance, car
lorsque ces mêmes personnes qui travaillent si durement ont en plus du mal à joindre les
deux bouts tant les salaires sont démeusurément bas par rapport au travail fourni, cela
devient indécent.
Cela laisse un goût amer, d'autant que vos partenaires extras (régime d'intermittent)
gagnent 5 fois plus que vous. Toutes leurs heures sont payées, et comme si cela ne
suffisait pas, l'Etat cautionne un régime qui leur permet de toucher les Assedic !
Conséquences directes : ce métier n'intéresse plus, tant et si bien que des dizaines de
milliers d'emplois ne sont pas pourvues. Et bien sûr, de nombreux dysfonctionnements sont
notés dans l'entreprise (turn-over important, arrêts maladie à n'en plus finir, baisse
de la motivation...).
Comme si cela n'était pas suffisant, il existe de gros problèmes de formation, et nous
sommes témoins quotidiennement du manque de préparation des élèves à la réalité du
terrain. Cependant, comment assurer la formation de ceux-ci quand les professeurs
eux-mêmes sont tout fraîchement diplômés des écoles et ne se sont 'frottés à la
réalité' que par quelques stages ?
Il n'y a pas de doute, nous sommes les derniers à ne pas avoir fait notre révolution, et
c'est l'employeur comme l'employé qui le payent aujourd'hui. Alors, c'est sans aucune
prétention que je vous propose quelques solutions :
Accompagnons la baisse de la TVA à 5,5 % par un cadre juridique qui obligerait
l'employeur à reverser les fameux 15 % de service aux personnels en contact avec la
clientèle. Et peut-être que, comme aux Etats-Unis, nous verrons des chefs de rang se
battre pour une place et vouloir la garder pour des années.
Remettons à plat le système éducatif de manière à ne plus préparer les élèves aux
examens, mais bien au monde du travail, et seul des anciens professionnels seront capables
de remplir cette lourde tâche.
Bien sûr, l'Etat doit revoir le régime des extras pour favoriser les embauches et
arrêter de leur reverser nos cotisations sous forme d'Assedic. zzz22v
(Charles Lasvigne, 24 ans, assistant de direction) |
N'abusez pas du qui dort dîne
Je souhaitais réserver des chambres dans un hôtel et celui-ci
m'a répondu qu'il ne pouvait me les vendre que si nous prenions une demi-pension. Il me
semble que cette pratique est très peu commerciale, et de plus illégale, d'autant que
l'hôtel possède 17 chambres. Je voudrais que vous me disiez si l'hôtel est dans ses
droits ou non. (J.C. de Rouen)
Le fait de vendre une chambre avec la prise d'un repas constitue une vente jumelée ou
subordonnée. Effectivement, au regard de la loi, c'est interdit.
En effet, l'article L.122-1 du Code de la consommation dispose : "Il est interdit
de refuser à un consommateur la vente d'un produit ou la prestation d'un service, sauf
motif légitime, et de subordonner la vente d'un produit à l'achat d'une quantité
imposée ou à l'achat concomitant d'un autre produit ou d'un autre service, ainsi que de
subordonner la prestation d'un service à celle d'un autre service ou à l'achat d'un
produit."
Ce texte interdit donc à l'hôtelier de subordonner la location d'une chambre à la prise
d'un repas. Mais ce texte conduit à pénaliser les petits établissements hôteliers qui
ont peu de chambres et ont besoin de remplir leur capacité d'hébergement comme de
restauration. Dans la mesure où le client est clairement informé de cette condition, il
peut trouver un autre hôtel pour l'héberger. C'est pour cette raison que les syndicats
hôteliers ont demandé à ce que ce principe soit aménagé. Il a été apporté une
réponse favorable à cette demande par l'administration dans certaines circonstances et
à la condition de ne pas en abuser.
Si l'article L.122-1 s'oppose à ce qu'un hôtelier subordonne la location d'une chambre
à la prise d'un repas, l'administration tolère néanmoins cette pratique à titre
exceptionnel lorsque, notamment en période de pointe, l'hôtelier est manifestement
assuré de pouvoir louer l'intégralité des chambres disponibles à une clientèle qui
prendra également son repas dans l'établissement.
Toutefois, cette tolérance, qui peut toujours être remise en cause par l'appréciation
souveraine des tribunaux, cesse d'avoir cours dès lors que l'hôtelier dispose de
chambres en quantité suffisante pour répondre normalement aux demandes d'hébergement
simples, sans être conduit à refuser ultérieurement le gîte à des clients souhaitant
également prendre leur repas dans l'établissement (Réponse ministérielle n° 10389 : JO
Sénat Q 22 octobre 1998, p. 3380).
Attention ! Le principe est donc une interdiction, même s'il existe une tolérance de
l'administration. En effet, les services de la Direction générale de la concurrence, de
la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ne manquent pas de sanctionner
cette pratique chaque fois qu'un exploitant en abuse au point d'en faire une condition de
vente courante des prestations qu'il offre. En outre, une telle tolérance ne vous met pas
totalement à l'abri de poursuites judiciaires.
Nous vous rappelons que l'hôtelier ne doit pas oublier d'en informer clairement sa
clientèle, en le mentionnant à l'entrée de l'hôtel ainsi que dans toute publicité et
correspondance commerciale. Pour éviter tout litige, nous conseillons aux professionnels
de prendre contact avec les services de la concurrence de leur région afin de savoir
s'ils tolèrent une telle pratique et dans quelle mesure. zzz66h
Où trouver un
panonceau de licence IV ?
Pendant des travaux de rénovation de la façade, la plaque de
licence IV a été jetée par mégarde. Pourriez-vous m'indiquer l'adresse d'un fabricant
de ce genre d'articles en émail ou plastique ? (J.C. de Mâcon)
Si vous désirez vous procurer un panonceau licence IV, vous pouvez l'obtenir
auprès des sociétés suivantes :
Escuerco
24, rue Castetnau
64000 Pau
Tél. : 05 59 83 82 06 - Fax : 05 59 27 73 95
Girod signalétique
BP 4
Belle Fontaine
39401 Morez CEDEX
Tél. : 03 84 34 61 00 - Fax : 03 84 34 61 10
Attention ! Lors de votre commande, n'oubliez pas de joindre une photocopie de votre
licence IV. zzz66d 48i |
Doit-on payer un jour férié
quand l'établissement est fermé ?
Un employeur décide de fermer son établissement les jours
fériés, un 8 mai par exemple, qui n'est pas considéré comme tel dans les CHR. Doit-on
déduire ce jour en congés payés pour les salariés qui ne viennent pas travailler du
fait de cette fermeture ? (M.M. de Lyon)
Attention ! Nous vous rappelons que l'article 26 de la convention collective des CHR du
30 avril 1997 accorde à tous les salariés qui ont plus d'un an d'ancienneté dans
l'entreprise, 3 jours fériés (sur les 10 existants) en plus du 1er mai. Donc, vous devez
déjà accorder ces 3 jours fériés à vos salariés.
Si vous décidez de fermer votre établissement tous les jours fériés, et que ces jours
fériés ne correspondent pas au jour de fermeture habituelle de l'entreprise, les
salariés peuvent bénéficier du paiement de cette journée dans certaines conditions.
Ce principe est d'ailleurs rappelé (pas de façon très claire, il est vrai) dans
l'article 26-2 sur les autres jours fériés de la convention collective, qui prévoit
dans le paragraphe 'modalités complémentaires' que "le chômage des jours
fériés ne doit entraîner aucune réduction du salaire conformément à la
réglementation en vigueur".
La réglementation en vigueur est la loi du 19 janvier 1978 sur la mensualisation, qui
prévoit que tous les salariés mensualisés bénéficient du paiement des jours fériés
en cas de fermeture de l'établissement s'ils remplissent les conditions suivantes :
w Avoir 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise ;
w Avoir accompli au moins 200 heures de travail au cours des
deux derniers mois précédant le jour férié considéré ; en cas de chômage partiel ou
de travail à temps partiel, ce nombre d'heures sera réduit proportionnellement à
l'horaire hebdomadaire habituel ;
w Etre présent le dernier jour de travail précédant le
jour férié et le premier jour de travail qui lui fait suite, sauf en cas d'absence
préalablement accordée.
Donc, pour tous vos salariés qui ont au moins 3 mois d'ancienneté, vous devez leur payer
leurs jours fériés, comme un jour normal de travail, et ne pas leur imputer un jour de
congés payés. zzz60r
Rubrique animée par Pascale Carbillet et Tiphaine Beausseron. Exclusivement
réservée aux établissements abonnés.
E-mail : pcarbillet@lhotellerie-restauration.fr
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L'Hôtellerie n° 2815 Hebdo 03 Avril 2003 Copyright © - REPRODUCTION
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