|
|
|
 |
 |
 |
 |
 |

du 3 avril 2003 |
RESTAURATION |
n L'Auberge du Forgeron à
Seclin (59) :
"La gastronomie, c'est possible" pour Philippe Bélot
Aux côtés de son père, puis aux commandes de l'Auberge du Forgeron au sud de
Lille, Philippe Bélot accroît fortement ses ventes grâce à la partie restauration haut
de gamme de l'affaire.

Philippe Bélot dans son jardin d'hiver. Le pari de la restauration.
L'Auberge du
Forgeron a bouclé l'exercice en hausse de 15 % en 2002, après une croissance de 27 % en
2001, et de 24,5 % en 2000. Le début 2003 est prometteur. La progression de cet
hôtel-restaurant Logis de France (3 étoiles, 2 cheminées, 18 chambres, une brasserie et
un restaurant) est essentiellement due au restaurant gastronomique, qui pèse actuellement
plus de 60 % des ventes. Le fait est assez rare pour être signalé. Aussi bien les
volumes que le ticket moyen, de l'ordre de 59 e, ont de nouveau progressé ensemble. C'est
au restaurant que Philippe Bélot (36 ans) a consacré en 2001 quelque 150 000 e
d'investissements. En 2002, il a consacré 200 000 e à l'hébergement. L'affaire investit
en moyenne 4 % par an de son chiffre d'affaires. L'Auberge a d'abord accru son territoire
de l'achat d'un vaste garage voisin, ce qui a dégagé un espace pour adjoindre un jardin
d'hiver (et salle de petit-déjeuner) et une terrasse au restaurant. Puis Philippe Bélot
a tout changé : décoration des murs et du sol, mobilier, vaisselle, nappage, sur ses
propres prescriptions, en partant d'un thème de couleur rouge chaud et foncé. En
soignant les détails. Malgré le gain d'espace, il a choisi de n'ajouter qu'une table "parce
que l'espace est un luxe reconnu des clients". "Un restaurant aujourd'hui,
dit ce JCR (Jeune Restaurateur d'Europe) convaincu, c'est d'abord un accueil, puis un
cadre, une assiette et un prix cohérent." Le cadre avait pris du retard,
il est rattrapé.
Investissement sur l'équipe
L'accueil et l'assiette s'améliorent toujours, mais semblent plébiscités par les
clients. Pour progresser encore et justifier une hausse du ticket moyen en donnant au
client le sentiment de faire une bonne affaire, Philippe Bélot a choisi à présent
d'investir sur les hommes, avec une stratégie précise. De 8 personnes fin 1999,
l'équipe est passée à 14. Tous professionnels avec un apprenti en cuisine. "Mes
derniers embauchés sont de vraies pointures, aussi bien en salle qu'en cuisine.
J'expérimente aussi la création d'un poste commercial, avec une double mission
d'entretien de la clientèle (mailing, mailing-fax, avec suivi précis), et de
développement, en particulier de la clientèle d'affaires." Malgré ces
efforts, la rentabilité est préservée. La mise à jour du restaurant a été
autofinancée à 75 %. Sans doute l'augmentation de la charge fixe en personnel de
qualité est-elle un risque. Mais Philippe Bélot estime qu'il s'agit plutôt d'un
investissement justifié par la rapidité d'exécution et la qualité des prestations.
"La gastronomie, c'est possible, assène-t-il. J'espère bien que nous n'en
resterons pas là." L'orientation a été prise il y a 7 ans, quand le
fils a rejoint le père dans l'affaire. Les Bélot ont choisi une séparation radicale
entre la brasserie à prix très raisonnables et le restaurant assez brutalement monté en
gamme. "Nous avons alors perdu des clients au restaurant, puis nous avons peu à
peu retrouvé du volume, tout en continuant à augmenter lentement les prix, en poussant
la qualité des prestations", analyse l'héritier développeur. Il faut
évidemment y croire soi-même, et convaincre les clients. Avec le temps, ils ont suivi. A
présent, la performance du soir l'emporte largement sur le midi, avec une clientèle qui
ne dépend plus de l'hôtel. Un signe qui ne trompe pas. Hôtelier sans doute, Philippe
Bélot est avant tout restaurateur.
A. Simoneau zzz22v
| Cohérence commerciale ? La
clientèle internationale de l'Auberge du Forgeron est proportionnellement moins élevée
que dans les 3 étoiles de la Métropole Nord, toute proche. Le niveau du restaurant est
sans doute un peu décalé par rapport à l'hôtel et à l'esprit de l'enseigne Logis, et
sa clientèle est en grande partie locale ou liée à des activités locales.
Les réservations par Internet ont décollé, mais davantage par effet direct du site de
la maison www.aubergeduforgeron.com que par effet réseau ou marque. Il y a sans doute un
certain manque de cohérence dans tout cela, mais c'est le fait de l'histoire de la maison
et de l'indépendance, et aussi le résultat d'une stratégie évolutive.
C'est aussi un sujet de réflexion. |
Retour
Vos réactions : cliquez sur le Forum des Blogs des Experts
Rechercher un article : Cliquez ici
L'Hôtellerie Restauration n° 2815 Hebdo 3 Avril 2003 Copyright © -
REPRODUCTION INTERDITE

|