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FORMATION
La Cadenelle à Marseille
La sélection des candidats sur la motivation
Ce lycée privé sous contrat d'association accueille chaque année une
soixantaine de BEP hôtellerie-restauration sur ses 700 à 800 élèves. Depuis
2 ans, il demande un bac pro.

L'équipe pédagogique : de gauche à droite, Guy Jauffret, Marie-Noëlle
Gullmann, Viviane Casini (debout) et Claude Tauvy.
"Motivation,
sélection, pédagogie." En trois mots, Guy Jauffret, responsable pédagogique
des classes du secondaire à la Cadenelle, explique les bons résultats aux examens : 74 %
de réussite cette année. Il détaille : "Avec deux demandes pour une place, nous
pouvons sélectionner nos candidats. Cette pression de la demande est évidente, les
jeunes savent qu'à l'issue de leur formation ils trouveront facilement un emploi."
Il poursuit : "Notre critère numéro 1 est la motivation. Ensuite, nous regardons
les résultats scolaires." Après examen d'un dossier, l'occasion de vérifier
que la langue est maîtrisée, Guy Jauffret reçoit les candidats avec leurs parents.
"Nous vérifions qu'ils connaissent bien les conditions de travail (difficiles) du
secteur et qu'ils sont aptes physiquement à les supporter."
w Nombre d'élèves en BEP cuisine et
restauration : 56
w Nombre de filles en option cuisine : 6 sur 14 (en
hausse)
w Taux de réussite à l'examen 2001 : 70 % en option
cuisine (moyenne académique : 47 %) et 77 % en restauration (moyenne académique : 63 %)
w Nombre d'enseignants : 13
w Un restaurant d'application
w Un internat pour les jeunes filles |
Une équipe pédagogique
Autre facteur de réussite selon lui, "la présence d'une équipe pédagogique (13
enseignants) resserrée sur une seule section qui permet un suivi personnalisé".
Avec les professionnels de l'hôtellerie-restauration, les rapports sont excellents, même
si le problème majeur reste un déficit de demandes. Si la Cadenelle trouve sans
difficulté des maîtres de stage, elle évite les grands chefs. "L'expérience
nous a montré que nos jeunes ont du mal à tenir le coup."
Autre problème signalé pour les stages, celui du transport des élèves, trop jeunes
pour être motorisés. "Il y a peu de professionnels qui logent les stagiaires, et
quand ils finissent tard le soir, c'est compliqué."
Située dans un cadre plutôt bucolique, une pinède qui surplombe Marseille et les
pelouses de la Commanderie où s'entraînent les joueurs de l'OM, la Cadenelle souffre,
elle aussi, de l'éloignement, surtout pour quelques jeunes (ils n'ont pas droit à
l'internat). Cela oblige certains, comme Lionel Berlinguer, à faire 2 h 30 de trajet
chaque jour. Une belle preuve de motivation pour ce jeune homme de 16 ans qui, l'an
prochain, pourrait poursuivre ses études plus près de chez lui au lycée hôtelier de
Bonneveine. Sauf si la Cadenelle obtient enfin l'autorisation d'ouvrir un bac pro. Mais
ceci est une autre histoire.
D. Fonsèque-Nathan zzz68v
Institut supérieur Marseille Cadenelle
34, bd des Libérateurs - 13012 Marseille
Tél. : 04 91 18 10 50 - Fax : 04 91 45 47 65
Web : www.ismcadenelle.edu
Témoignages de jeunes
Lionel Berlinguer, 16 ans, 2e année de BEP restauration
Je commençais à
m'ennuyer au collège même si je n'étais pas mauvais. Il y a longtemps que je parlais de
mon projet professionnel à mes parents. Ils n'ont donc pas mis d'obstacle. Je n'ai pas
été déçu par les études de BEP, juste un peu surpris de devoir m'habiller en costume
pour faire le service au restaurant d'application. J'ai fait mon stage en juin dans un
restaurant de Cassis où j'étais nourri, logé, blanchi. Les horaires étaient durs, mais
je me suis accroché. C'était comme un challenge pour moi. Et puis, je sais qu'avant
d'être patron, il faut en passer par là. Après le BEP, je m'inscrirai en bac pro puis
en BTS. Au final, j'aurai fait d'aussi longues études qui si j'étais resté au lycée !
Sophie Battistine, 17 ans, 2e année de BEP cuisine
J'étais bonne élève,
mais je ne supportais pas de rester assise derrière un bureau. Il fallait que je bouge...
La cuisine m'a toujours intéressée. Mon père est plutôt hostile à mes projets, pas ma
mère qui m'a beaucoup aidée. Mais après tout, on choisit ses études pour soi, pas pour
les autres.
Cet été, après mon stage dans un hôtel-restaurant près de chez moi, j'ai travaillé 2
mois. Cela contribue à payer mes études. L'an prochain, je pense passer un BEP option
service en salle puis faire un bac pro à Nice.
Ma vie privée ? Je crois qu'il y a un temps pour tout, mais je sais qu'avoir un enfant
jeune tout en travaillant dans la restauration, c'est égoïste. Soit on n'a pas d'enfant,
soit on s'arrête un temps de travailler. |
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L'Hôtellerie n° 2739 Hebdo 11 Octobre 2001

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