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Les besoins de la saisonnalité avec Thierry Grégoire, président national des saisonniers de l'Umih, et François Vannson, député des Vosges
jeudi 19 janvier 2012 11:21

75 - Paris En novembre dernier, François Vannson, député UMP des Vosges remettait au ministre du travail et de l'emploi, Xavier Bertrand, son rapport sur le Développement des emplois dans les territoires de montagne demandé par Laurent Wauquiez en 2010, alors secrétaire d'Etat à l'emploi. L'Umih, avait été le premier acteur auditionné. Une rencontre "fructueuse", rappelle Thierry Grégoire, président de la FNPHS. Les deux hommes viennent de se retrouver pour faire le point sur les orientations retenues. Micro.

 Thierry Grégoire et François Vannson se sont rencontrés de nouveau autour de la problématique de l'emploi saisonniers.
 

Même si la problématique montage était au coeur du sujet, vous êtes allez au-delà ?
François Vannson : Nous nous sommes très vite rendu compte que nous ne pouvions pas nous limiter à la montagne. La saisonnalité est un secteur éminemment transversal et nous devions avoir une vision plus large. Des personnes qui travaillent l'hiver dans le ski vont l'été dans l'agro-alimentaire ou dans le bâtiment. Nous devions aussi nous pencher sur la fiscalité, tout le champ social, la formation. Il fallait aussi prévoir deux contrats pour les apprentis.  C'est effectif depuis. Il y a également de nombreux problèmes d'ordre pratique, matériel, logistique.

Quels sont les grands axes retenus ?
F. V. : Le rapport se divise en trois parties. La première est consacrée aux potentialités de développement. Pour que la montagne demeure attractive et bien sûr face à la concurrence des destinations soleil, il est nécessaire de développer de nouvelles activités économiques. Dans la vallée de la Tarentaise, en Savoie, le nombre d'emploi saisonniers proposés pour la saison d'hiver est près de six fois plus élevé que celui du reste de l'année !  Il est clair que l'offre doit s'étendre sur plusieurs saisons.
La deuxième partie explique la nécessité de sédentariser et fidéliser les ressources humaines par l'amélioration du cadre de vie et la sécurisation des emplois par la bi-qualification notamment. On s'est appuyé sur les syndicats des remontées mécaniques, qui sont particulièrement concernés. Des formations spécifiques sont déjà portées par des lycées professionnels ou agricoles et les résultats sont là. Il existe des cycles de formation à double orientation adaptés aux besoins des territoires.

Vous parlez de la nécessité d'un environnement favorable. Qu'entendez-vous par là ?
F. V. :
C'est le troisième axe. On ne connaît pas le nombre de saisonniers, tous secteurs confondus. Le secteur a besoin d'un observatoire plus précis et qui appréhende au fur et à mesure les évolutions et les besoins. Il est impératif et ce n'est pas nouveau de renforcer les lieux d'accueil des saisonniers, mais aussi là où ils peuvent se rencontrer, par le biais des maisons des saisonniers. Nous proposons un portail d'entrée de la saisonnalité par l'intermédiaire d'Internet. Une structuration en réseau s'impose. La politique touristique est interministérielle par nature, d'où l'impératif d'une coordination.  Il doit exister des liens très étroits entre les territoires, même si ils sont différents. Il est essentiel qu'on parvienne à coordonner et à centraliser les besoins des uns et des autres. Nous nous refusons à dire que saisonnalité rime avec précarité. Mais pour cela, des outils doivent êtres mis en place. 

Comment la FNPHS réagit-elle à ce rapport ?
Thierry Grégoire : Nous adhérons à 100% aux constats qui ont été établis. Les priorités sont le logement comme la mise en réseau de toutes les actions et bonne pratiques qui existent sur l'ensemble des territoires à travers une plate-forme et une marque comme Planète saisonniers par exemple. A l'Umih, nous travaillons à ce projet mais il doit être mis en place avec les institutionnels et financièrement partagé (Etat, Pôle emploi, Action logement, et.). Nous réclamons aussi la création d'un guichet unique d'affiliation pour le régime de sécurité sociale des salariés saisonniers. Comme vous le savez, la profession réclame également un statut de l'entreprise saisonnière par la création d'un code APE dédié. Nous avons besoin des élus et d'un maillage, s'il n'y avait pas de suite législative à ce rapport, ce serait absurde. La saisonnalité n'est pas un choix pour l'entreprise qui subit la réalité d'un territoire. Nous avons près d'un millier de salariés dans la branche, dont 400 000 salariés saisonniers. Et pérenniser les emplois entre mer et montagne est notre objectif. Malheureusement, une entreprise qui fonctionne sept mois par an ne peut pas avoir des salariés à l'année. C'est économique impossible. Je crois personnellement dans les groupements d'employeurs, dans la mobilité et dans la création de nouvelles passerelles. 

Par exemple ?
T. G. : Un CFA de Savoie nous a montré qu'avoir deux maîtres d'apprentissage était possible. Effectivement, il faut la création d'une coordination et facilité tout ce qui est administratif, y compris pour les personnes qui sont à cheval sur deux branches. Le frein, c'est aussi l'hébergement. Nous sommes sur des territoires en tension sur le m2 et les prix locatifs. Nous avons bien avancé sur les maisons des saisonniers mais il y a d'autres types de dispositifs : chez l'habitant, dans les internats des lycées, en mobil home. On parle aussi de réhabilitation de casernes. Il faut aussi que les saisonniers aient accès aux prêts immobiliers.

 

Propos recueillis par Sylvie Soubes


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