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jeudi 3 novembre 2011 15:42 Après la nuit d'anxiété et d'âpres négociations dans les couloirs des instances européennes, ce fut une douce euphorie qui s'empara de la planète finance. Dès jeudi 27 octobre, l'indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, progressait de 6,28 % dans un immense soupir de soulagement. Dans le même temps, et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle, l'euro retrouvait des couleurs face au dollar en s'échangeant à 1,41, tandis que le coup de fil du Premier ministre chinois au président Sarkozy pour l'assurer que l'empire du Milieu était prêt à contribuer au redressement européen ne pouvait que rassurer les marchés financiers. Certes, mais le 'sauvetage' de la zone euro, ne l'oublions pas, a forcément un prix et l'addition risque d'être salée. L'abandon de créances de 100 milliards d'euros consenti à la Grèce (il n'y avait apparemment guère d'autre solution), la recapitalisation des principales banques de la zone, et la dotation de 1 000 milliards d'euros (oui, ce n'est pas très facile à mesurer) du Fonds européen de stabilité financière n'ont été possibles qu'en échange de contreparties dont il faudra bien annoncer la couleur aux bons peuples à qui la facture ne tardera pas à être présentée. Comme il n'est pas vraiment dans la nature humaine, et encore moins dans celle des gouvernants, de réduire les dépenses, gages indispensables de réélection en tout genre, la solution passe par une augmentation sensible des prélèvements, dont on s'évertue à nous dire depuis des décennies qu'ils ont atteint un seuil insupportable. La valse des 'ballons d'essai' a d'ailleurs commencé dès avant le sommet européen de jeudi dernier avec l'annonce à la une du Monde d'une probable hausse de la TVA, du moins de son taux intermédiaire, celui qui concerne précisément l'hôtellerie et la restauration. Pour les hôteliers, le passage à un taux de 7 % (un moindre mal), voire 12 % (ce sera plus dur), ne sera pas évident à négocier sur un marché où les pays hors de la zone euro auront droit à la double peine : taux de change défavorable et prix en hausse, inévitable pour les établissements qui ne pourront amortir le surcoût fiscal dans leur compte d'exploitation. Pour les restaurateurs, la hausse de la TVA remettrait en cause les engagements du contrat d'avenir dont l'essentiel repose sur le développement de l'emploi, qui s'est traduit depuis deux ans par des milliers de recrutements. L'austérité est certes inévitable, mais elle ne doit pas casser l'expansion des métiers porteurs d'investissement et d'emploi.
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