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Juan Andrés Rodríguez Morilla a reçu un coup de massue en septembre dernier. Après avoir passé avec succès les dernières sélections pour le Bocuse d’or en juin 2010, le chef espagnol apprend le désistement de sa fédération nationale, faute de sponsors, dans la course au titre de plus grand cuisinier du monde. Le candidat n’a cependant pas longtemps accusé le coup : il décide immédiatement d’aller voir les organisateurs du concours, à Lyon, pour leur annoncer qu’il souhaite poursuivre la compétition, quitte à assumer seul toutes les obligations.
Un budget limité pour handicap
En janvier prochain, Juan Andrés Rodríguez Morilla sera donc le premier chef à participer pour son propre compte à une finale du Bocuse d’or. À 29 ans, le chef andalou du restaurant El Claustro de Grenade (aménagé au sein de l’Hôtel AC) a conscience de la difficulté : il disposera d’un budget très limité (à peine plus de 180 000 €) par rapport aux autres 23 concurrents. Un handicap qu’il espère surmonter en mettant en valeur un savoir-faire qui s’appuie largement sur la tradition et le terroir, et qui lui a valu le titre de Meilleur chef d’Espagne en 2009. “Je vais bien évidemment travailler à partir de mon identité culinaire espagnole, avec mes racines andalouses, en utilisant les épices, l’huile d’olive et tous ces ingrédients indissociables de ma cuisine”, commente Juan Andrés Rodríguez Morilla, qui s’est aménagé une salle à proximité de son restaurant pour poursuivre un entraînement quotidien. Le chef peut également compter dans cette aventure sur l’appui de ses pairs, dont l’entraîneur D. Joaquin Felipe, mais aussi Pedro Subijana (restaurant Akelare à San Sebastian), ou encore Dani Garcia, autre grand représentant de la gastronomie andalouse. Juan Andrés R. Morilla espère par ailleurs trouver de nouveaux sponsors pour l’accompagner dans son pari, dans son rêve : “Il n’était pas question de m’arrêter en chemin, parce que ce concours est unique au monde, et c’est aussi une façon de rendre hommage à Paul Bocuse, qui représente un exemple pour nous tous.”