Paul Bocuse, le ‘Cuisinier du siècle’ - ainsi intronisé par GaultMillau en 1989 -, a concrétisé l’ouverture d’une partie de son capital à Naxicap Partners, filiale capital investissement de la banque Natixis, entérinant ainsi la première étape de la pérennisation de son empire gastronomique. De fait, Paul Bocuse, à lui seul, n’est plus majoritaire de l’enseigne Nord Sud Brasseries regroupant les brasseries Le Nord, Le Sud, L’Est et L’Ouest. Pour autant, à 84 ans, le chef conserve la majorité du capital de ses autres établissements, dont l’Auberge du Pont de Collonges (à Collonges-au-Mont-d’Or), trois étoiles Michelin depuis trente-cinq ans, la brasserie Argenson à Lyon et les Ouest express, concepts de restauration rapide à Lyon également.
“Pérenniser l’entreprise”
Au cours des négociations, la prudence était de mise. “La démarche était bien l’intention initiale de Paul Bocuse”, souligne Virginie Lambert, directrice associée de la délégation Sud-Est de Naxicap Partners. Mais il aura fallu neuf mois de négociations à Naxicap Partners, qui a investi 4 millions d’euros dans le projet, pour acquérir une participation minoritaire significative dans le capital des quatre brasseries. Le directeur de celles-ci, Jean Fleury, MOF et bras droit de Paul Bocuse depuis vingt-cinq ans, y a également accru sa participation, à l’instar des autres associés. Homme de terrain, Jean Fleury voit dans cette réalisation “une façon de pérenniser l’entreprise et de mieux organiser l’avenir”, même s’il se refuse aujourd’hui à l’envisager sans Paul Bocuse.
Indissociable de son mentor, Jean Fleury reconnaît la dimension “patriarcale” du personnage et de son entreprise, que cette répartition du capital permet finalement de maintenir. Quant à la notion de transmission familiale, Paul Bocuse a deux enfants et de nombreux petits-enfants, mais il reste très discret sur le sujet. “Les capitaux de Naxicap nous apportent un soutien capitalistique et nous aideront sur d’éventuels investissements”, affirme Jean Fleury, qui ne manque pas d’insister sur le fait qu’“à deux, nous restons majoritaires” et qu’ainsi, Paul Bocuse garde la main sur le capital des brasseries.