Colloque des saisonniers de l'Umih : spécificités saisonnières et dossiers transversaux
lundi 29 mars 2010 11:21
 | | Des participants du colloque autour de Thierry Grégoire et de Jean-Marie Attard, vice-président de la FNPHS. |
Le Touquet-Paris Plage (62) Le social, les normes, la prévoyance et le logement ont été les thèmes abordés par les saisonniers de l’Umih au cours d’un colloque qui vient de se dérouler dans la ville du président de la Fédération nationale des professions hôtelières saisonnières (FNPHS). Trois jours studieux qui mettent une fois de plus en lumière la nécessité de prendre en compte les spécificités saisonnières. “Prenez l’exemple de la grille d’évaluation des nouvelles normes, certaines options pratiques ne prennent pas en considération le mode de fonctionnement d’un hôtel qui n’ouvre qu’une partie de l’année. Je pense aux réducteurs d’eau concernant les hôtels en bord de mer. En hiver, l’eau est obligatoirement coupée. Et le sable, on le sait, s’infiltre partout. Lorsqu’on remet en marche, ces réducteurs sont inévitablement bouchés... C’est un détail mais ça pose un vrai problème” explique un membre de la section. Pour Thierry Grégoire, chefn de file de la FNPHS, l’entreprise saisonnière doit aussi savoir se remettre en question. “Quand je travaillais à Cannes, les restaurants de plage étaient fermés le soir. Résultat, les gens n’allaient pas dans les restaurants de la ville mais se déplaçaient à Juan Les Pins ou à Mandelieu, là où les restaurants de plage étaient ouverts… L’activité doit s’adapter et évoluer. Au Touquet, nous avons un projet de plage privé avec restauration qui va voir le jour cette année. Jusque là, on pensait que ce n’était pas possible à cause du temps. Or, c’est un faux problème. Les matériaux ont évolué et même si la zone est venteuse et pluvieuse, l’exploitation est faisable et dans de bonnes conditions.” Même s’il reconnaît que la loi Littoral est limitative, “il existe des techniques qui permettent de construire des choses intéressantes, amovibles et dans des fourchettes d’investissement raisonnables” souligne Thierry Grégoire en rappelant que de nouvelles animations dédiées sont toujours génératrices d’emplois. “Il y a plein de choses à faire et c’est dommage de se priver d’une telle ressource. Rien n’interdit dans la loi sur le littoral l’exploitation d’un site dès lors qu’elle n’occasionne pas de nuisances. Il y a des fournisseurs, des prestataires qui respectent l’environnement. Le saisonnier doit intégrer la dimension environnementale. En revanche, il faut cesser de céder aux ‘ayatollahs verts’. C’est l’Enduro du Touquet qui a permis de préserver les dunes. On a su insérer une course et faire venir des spectateurs. Si on écoutait certains, on devrait tout sanctuariser. Certains sites doivent l’être, comme la Baie de Somme qui est notamment une zone migratoire. D’autres doivent au contraire bénéficier d’infrastructures et d’événements.” Thierry Grégoire pointe aussi du doigt la promotion touristique. “La région s’est détournée du tourisme d’affaires et on a laissé les hôtes faire seul leur promotion. Ce n’est bon pour personne. Il y a deux mois, s’est créé le Club des Ambassadeurs. C’est un rassemblement d’hôteliers avec l’Office de tourisme. Ce club est présidé par Jean-Michel Thibault, patron de la société Lilloise d’investissement hôtelier, qui possède notamment l’Holliday Inn du Touquet et l’hôtel 5 étoiles de Rouen, qui va ouvrir dans un mois dans les murs de l’ancienne Banque de France. C’est une initiative qui va sans doute pouvoir permettre de retravailler cette clientèle. Mais il y eu beaucoup de temps de perdu. On reproche aux hôteliers du Touquet de fermer mais certains établissements ont dépassé leur point d’équilibre et doivent se résoudre à fermer sur certaines périodes, sinon ce ne serait pas viable. Il faut s’adapter, c’est le rôle du chef d’entreprise. Il y a des notions d’équilibre à respecter. Et puis, c’est important de le rappeler, la saisonnalité n’est pas un choix. C’est lié au climat, à la géographie, au territoire. Au Touquet, en saison, nous avons davantage de monde le week-end mais de moins en moins en semaine. 41% de la population a plus de 60 ans. Se projeter dans le futur n’est pas facile et il faut des chiffres d’affaires constants pour pouvoir investir. Tous ces éléments doivent être mis à plat si nous voulons redresser la barre.” D’où la volonté désormais affichée des saisonniers de l’Umih de croiser régulièrement leurs expériences et d’aborder ensemble les grands sujets transversaux.
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