Baisse des prix en restauration : confiance ou bon sens, même combat
mardi 21 juillet 2009
75 - Paris 15 jours après la mise en place du taux de TVA à 5,5, un restaurateur sur deux a répercuté la baisse sur ses prix, d'après les chiffres de la DGCCRF. Certains voient le verre à moitié plein, d'autres à moitié vide. Une certitude, la machine est enclenchée. Aux consommateurs de choisir.
 | | A coeur de la tournée estivale 'vacances confiance 2009' d'Hervé Novelle, la répercussion de la baisse de la TVA en restauration sur les prix. |
Visite d’un établissement de la chaîne Inter-Hôtel du boulevard Rochechouart certifié ‘Qualité France’, détour par une boutique d’objets souvenirs de la rue du Mont-Cenis et inspection des cuisines et des cartes du restaurant La Crémaillère, place du Tertre… Le tout accompagné des agents de la Direction régionale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes d’Ile de France. La première étape de la ‘tournée d’été sur les lieux de vacances des Français’ ou 'vacances confiance 2009' du secrétaire d’Etat au tourisme et à la consommation a démarré, la semaine dernière, à Montmartre, sous un soleil estival. De bon augure ? Dans ses bagages, Hervé Novelli, emmène la loi sur la modernisation et le développement des services touristiques adoptée le 7 juillet et une volonté affichée de voir les restaurateurs baissés leurs prix, contrat d’avenir oblige. Son objectif, que les quelque 80 millions de visiteurs accueillis chaque année en France ‘reviennent’. Mot d’ordre : “ne pas tromper la confiance des touristes”. Jeudi, il livre à la presse les chiffres de la DGCCRF. 15 jours après l’application de TVA à 5,5, un restaurateur sur deux a répercuté la baisse. Un résultat ‘encourageant’ selon ses propres termes, qui pourrait “aller jusqu’à 80%”. ‘Encourageant’ aussi parce que le contrat d’avenir comporte deux autres volets importants concernant les salariés et l’investissement… Enclenchée, la machine peut avancer. Malheureusement, c’est l’histoire du verre à moitié vide (et non à moitié plein) que l’opinion retient depuis. Dans une interview donnée au Parisien, Patrick Devedjian affiche son agacement. “La baisse des prix ne va pas assez vite” estime le ministre chargé de la mise en œuvre du Plan de relance, qui “aimerait entendre un peu plus la voix de l’ancien président de l’Umih, André Daguin. (…) Celui-ci pourrait utilement aider à convaincre les restaurateurs qui n’ont pas encore baissé les prix”. Interrogé par téléphone, le gersois reprend le micro. Et de rappeler : “Ce n’est pas un cadeau qu’on a fait à la profession. Il s’agissait de rétablir l’équité fiscale. D’autre part, c’est une affaire à plusieurs associés : il serait imprudent et ingrat de répercuter la baisse uniquement sur les consommateurs. Il est important que les salariés puissent aussi en bénéficier. N’oublions pas non plus les investissements, qui sont nécessaires pour maintenir l’outil en bon état… Oui, il faut baisser spectaculairement certains prix et le faire savoir. Mais baisser inconsidérément serait absurde. Baisser doit être un avantage pour les clients et amener une augmentation du chiffre d’affaires. Ceux qui l’ont fait intelligemment voient déjà leur chiffre d’affaires repartir. Les autres restent dans l’ornière. On le sait, la concurrence est un inspecteur beaucoup plus sévère que n’importe quel service administratif. Que certains professionnels ne s’y soient pas encore mis, bien sûr. Néanmoins, la concurrence va faire son travail…” Côté Synhorcat, l’urgence est là. La ‘crédibilité du secteur’ est sous les projecteurs. La profession “a bénéficié d’une bouffée d’oxygène exceptionnelle en période de crise” estime son président, Didier Chenet, qui a lancé vendredi un ‘appel solennel’. “Continuez de respecter les engagements du contrat d’avenir comme nous le faisons pour les salariés. Baissez les prix et faites le savoir ! Ce qui s’est passé dans le commerce indépendant et la grande distribution ne doit pas reproduire les mêmes effets néfastes sur la vie de nos entreprises indépendants et l’aménagement du territoire. La baisse de la TVA et la baisse des prix, c’est l’été de la dernière chance”. Sur le terrain, les avis semblent moins tranchés. A Paris, nous a confié un responsable de la DGCCRF, les professionnels ‘jouent plutôt bien le jeu’. Ailleurs, dresser un bilan, la saison à peine commencée, serait mettre la charrue avant les bœufs. Le vrai rendez-vous est à la rentrée. D’ici-là, aux professionnels de ne pas ‘décevoir leurs clients’, qu’ils soient ou non touristes d'ailleurs.
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