Les établissements parisiens vont être le terrain d’une campagne anti-bruit destinée aux consommateurs. Comment voyez-vous cette opération à laquelle l’Upih s’est associée ?
Christian Navet : Il y a une montée importante des plaintes de voisinage. Les pouvoirs publics souhaitent qu’il y ait un équilibre entre l’aspect festif de la capitale et la tranquillité des parisiens. L’interdiction de fumer a généré davantage de bruit en terrasse et sur les trottoirs. En ce qui nous concerne, nous croyons dans les vertus de la prévention bien plus que dans la répression. Dès lors, nous avons décidé à l’Upih de nous associer à cette campagne lancée par la Préfecture de police de Paris avec le soutien de la Mairie de Paris. Elle est déclinée sur deux affiches et une carte postale, en partenariat avec l’Afedd (Association française des exploitants de discothèques et dancing), le Sneg (Syndicat national des entreprises gaies), CSCAD (Chambre syndicale des cabarets artistique et discothèques) et nous-mêmes. Ces supports vont être distribués par la police et les organisations partenaires. Le message est simple. Il dit : ‘en terrasse de café et restaurant, respectez la tranquillité du voisinage’. C’est écrit en grosses lettres et bien lisible. Notre seul regret, c’est qu’il ne soit pas inscrit en anglais. L’Upih va distribuer 5 000 affiches et cartes.
Vous êtes également président de la 17ème CPC*. Vous venez d’adresser un questionnaire aux professionnels concernant le Bac Pro en 3 ans ? Qu’en attendez-vous et quel a été son mode d’élaboration ?
C. N. : On a d’abord cherché à identifier l’entreprise et connaître quels types de jeunes ils avaient, s’ils étaient en formation initiale ou dans l’apprentissage. L’idée, ensuite, est de déterminer quelles sont les fonctions des jeunes dans l’entreprise lorsqu’ils sortent d’un BEP ou d’un Bac pro et ça qu’ils soient en salle ou en cuisine. On veut aussi savoir quels sont les besoins des professionnels. D’où une partie consacrée à l’organisation, la gestion, la production, la communication et la commercialisation. Nous demandons aussi aux professionnels quelles compétences, à leurs yeux, un titulaire d’un baccalauréat professionnel doit pouvoir mettre en œuvre dans un certain nombre de domaines comme la gestion ou les langues étrangères, y compris concernant des préoccupations nouvelles comme le développement durable ou Internet. Je vous rappelle que nous sommes au stade de l’élaboration du référentiel mais que nous voulons aussi qu’il puisse évoluer. On crée un diplôme qui doit répondre aux besoins des entreprises. D’où également un chapitre assez dense sur les différentes activités de l’entreprise et le degré d’autonomie attendue d’un titulaire du Bac Pro. Il y a aussi une partie commentaire libre. Ce sont vraiment les professionnels qui doivent et vont mettre ce qu’il y aura dans le prochain Bac pro. Ce sont les professionnels qui donnent leur avis. On ne va prendre la décision à dizaine de personnes de manière obscure. La décision doit être collégiale et collective. Ce questionnaire a été travaillé de manière extrêmement précise et chaque raison posée à une raison d’être spécifique. Il faut impérativement que chaque professionnel se rende compte qu’il est concerné par ce questionnaire : pour participer : cliquer ici.
Revenons aux actions de l’Upih. Vous venez de réaliser un guide pratique de ‘l’entretien professionnel’. Pourriez-vous nous rappeler dans quel esprit le législateur a-t-il rédigé cette loi ?
C. N. : Comme le prévoit l’article 1-1-1 de l’avenant du 8 juillet 2004 : ‘pour lui permettre d’être un acteur dans son évolution professionnelle, tout salarié ayant au moins deux années d’activité dans une même entreprise bénéficie, au minimum tous les deux ans, d’une entretien professionnel réalisé par l’entreprise’. L’entretien professionnel a lieu à l’initiative du salarié ou de l’employeur. L’objectif est de recenser les besoins en formation. Pour le salarié, c’est l’occasion de faire un bilan et peut-être de pouvoir le faire progresser dans la hiérarchie en lui proposant des formations. C’est le rendre acteur de son évolution professionnelle, lui permettre également de recenser les différentes actions de formation qui lui ont permis d’acquérir des compétences ou de les améliorer, de se positionner par rapport aux compétences nécessaires à son poste de travail. Cet entretien doit être considéré comme un moment privilégié entre le salarié et la personne chargée de l’établir. Pour l’entreprise, c’est l’occasion, bien sûr de recenser les besoins individuels de formation, de faire un bilan du fonctionnement du service et de l’équipe, de faire progresser les collaborateurs au niveau individuel et collectif et de favoriser la motivation comme l’implication des salariés.
Pourquoi un guide pratique ?
C. N. : Ce genre d’entretien n’est pas facile à mener. Comme nous l’avons fait pour les risques professionnels, nous avons voulu créer un outil qui permette aux professionnels de mener à bien cette obligation qui lui est faite et de mieux appréhender la problématique formation. Nous commençons par rappeler l’essentiel du Droit individuel de formation (Dif). Ensuite, de manière toujours condensée, nous expliquons ce qu’est le contrat de professionnalisation ou encore le Congé individuel de formation (CIF), la VAE. Après, on propose une fiche de déroulement de l’entretien associée à une grille de questions ou de thèmes qui vont aider à relever les carences et à diriger le salarié vers telle ou telle formation du Fafih. Nous avons élaboré des fiches par type d’activité : chef de cuisine, cuisinier, plongeur, employé d’étage, etc. ce guide est utilisable par toutes les entreprises et quelles que soient leur taille.
* Commission professionnelle consultative, composée des représentants des employeurs, des salariés et de l’Education Nationale, chargée de travailler à l’élaboration des contenus des nouveaux référentiels.