Edito du 23-04-2009 : "Donnant-donnant"
mercredi 22 avril 2009
En lançant les ‘états généraux de la restauration’, le président de la République a manifesté l’intérêt qu’il porte à une profession à qui il avait accordé des aides substantielles dès 2004 en attendant la baisse de la TVA, enfin en vue. La moindre des choses est de ne pas le décevoir lors de la grande rencontre de mardi prochain, même si la fonction tribunicienne de ce genre de manifestation l’emporte trop souvent sur le pragmatisme et le réalisme indispensables à toute application concrète d’une nouvelle donne. Depuis le 10 mars, date historique pour la profession, qui vit enfin aboutir l’une de ses revendications les plus affirmées au terme d’un ‘marathon’ bruxellois dont les instances communautaires sont coutumières - le témoignage de Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, est à cet égard éloquent (lire L’Hôtellerie Restauration n° 3125 du 19 mars) -, les esprits ont eu le temps de réfléchir afin d’apporter une contribution intelligente et positive aux débats de mardi 28 avril. Vous avez eu l’occasion de lire les déclarations des principaux responsables de la profession, ainsi que les diverses suggestions que les intéressés ont formulées, notamment dans les colonnes de votre journal. Il n’est pas lieu ici de débattre du bien-fondé de certaines propositions ou d’en écarter d’autres, chacun s’exprimant en fonction du vécu de son entreprise, de contraintes inhérentes à sa situation, son statut, son niveau de prestation, sa conception du métier. Bref, autant d’opinions que de restaurateurs, en quelque sorte. Il sera donc d’autant plus essentiel de formuler, pour les ‘états généraux’, des idées directrices fondées sur l’esprit de synthèse. Plus facile à dire qu’à faire, mais indispensable face à des pouvoirs publics qui n’entendent pas offrir à la restauration le ‘cadeau’ de la baisse de la TVA sans contrepartie. Selon un sondage réalisé par L’Hôtellerie Restauration et publié le 17 avril, vous êtes 92 % à vous déclarer partisan d’un engagement fort sur des thèmes aussi significatifs que l’emploi, les salaires, l’investissement ou la baisse des prix. Aux participants de la rencontre de mardi prochain de faire valoir les meilleurs arguments susceptibles d’emporter l’adhésion des représentants gouvernementaux, attentifs à la fois à la relance de la consommation, au développement de l’emploi et de la formation, à la hausse du pouvoir d’achat des salariés. Il ne s’agit pas de vouloir résoudre une impossible équation - si l’économie pouvait se régler par une formule mathématique, ça se saurait -, mais d’avancer des suggestions équilibrées pour que la baisse de la TVA soit le moteur réel de relance de la restauration, qui devra faire preuve d’un grand savoir-faire avant de le faire savoir, ce qui est une autre histoire.
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