Le Val-de-Marne célèbre son deuxième étoilé Michelin. À quelques centaines de mètres de son confrère Jean Chauvel, sis au Perreux-sur-Marne, François Le Quillec a repris l’Auberge du Pont de Bry, à Bry-sur-Marne, qu’il a rebaptisée La Grapille, il y a dix-huit mois à peine. C’est le temps qu’il lui aura fallu pour séduire les inspecteurs du guide rouge. Il faut dire que, du haut de ses 53 ans, François Le Quillec n’est pas un débutant. Il a derrière lui vingt-cinq ans d’étoile.
Formé aux côtés de Michel Oliver et de Denise Fabre, le chef collectionne la récompense : à la Boule d’or (Paris, VIIe), au château de Ligny (59), ou encore chez Bath’s (Paris, XVIIe). Mais cette fois, cette étoile a un autre goût. Celle de l’indépendance. Le chef, qui a longtemps officié dans l’ombre, est ici chez lui. “J’en avais marre d’avoir des patrons. Vu mon âge, il fallait que je me réveille”, affirme-t-il.
Né en Picardie d’un père breton et d’une mère italienne, élevé dans les Pyrénées et mariée à une Japonaise, sa carte reflète son histoire. Ses plats phare sont la Marinade de foie gras à l’échalote, noix et copeaux de parmesan, le Parmentier de homard et le Soufflé au caramel au beurre salé, hommage au soufflé au citron avec lequel il s’est fait connaître lorsqu’il officiait à la Boule d’or.
Accessibilité et modestie
Depuis l’étoile, le cahier de réservation affiche complet à tous les services, quand il ne leur arrive pas de refuser du monde. Pour autant, pas question de changer la politique de La Grapille. “Depuis le début, je veux être accessible au plus grand nombre, je mise sur des tarifs abordables en proposant un menu à 30 €, valable tout le temps, et un menu tout homard à 55 €. Nos vins ne sont pas trop chers non plus et sont tous proposés au verre. Notre première bouteille démarre à 21 €, le but est que les gens en profitent.” Avec une équipe restreinte, dont Kyoko, la femme du chef, qui lui donne un coup de main en pâtisserie, La Grapille reste une auberge, certes étoilée, mais à taille humaine.