Pour retrouver Simone Zanoni en vidéo : cliquez ici 
Simone Zanoni a un moral de vainqueur. Originaire de Salo en Italie, il n’a pas hésité à s’exiler plus de dix ans à Londres, auprès de Gordon Ramsay dans son restaurant 3 étoiles. Le chef de Cauchemar en cuisine lui propose en 2007 de se consacrer au restaurant gastronomique du Trianon Palace à Versailles. Banco, il débarque en France et décroche 2 étoiles il y a deux ans. Bouillonnant d’idées, à l’image de son mentor, le voici aujourd’hui qui, tout en assurant son poste de chef, monte un restaurant-épicerie inédit avec un compatriote italien, près de la Bastille. “Ici, c’est un challenge. Ça me permet de bouger. Le plus grand danger pour un chef, c’est la routine. Travailler sur ce projet me fait avancer. Mais j’assure tous les services au Trianon”, indique le nouveau patron.
Il n’est pas seul dans l’aventure. Son associé Nicola Caldone importe des produits italiens haut de gamme distribués exclusivement aux professionnels (société Terra Mia). Leur projet ? Créer un lieu où, d’une part, les clients pourront acheter ces produits qu’on ne trouve pas ailleurs et où, d’autre part, ils pourront les déguster à table sur un mode convivial. Tout ce qui est dans l’assiette se trouve dans l’épicerie.
Il leur fallait ensuite trouver l’endroit. Ils ont choisi de créer le restaurant-épicerie de toutes pièces. Leurs recherches, ciblées dans des quartiers animés de la Capitale, les mènent rue de la Roquette, dans un pressing de 120 m2. Il y a tout à faire.
Des produits exclusifs
Chez Simone e Nicola, c’est l’identité italienne qui prime. Les produits sont exclusivement transalpins. Le mobilier, le carrelage aussi. Mais pas besoin de faire appel à un décorateur. Les associés savent ce qu’ils veulent tout en maîtrisant les coûts, à l’image des coussins réalisés maison à partir de chutes de tissus des grandes marques italiennes Moschino, Pucci, Prada… Ils ont investi environ 300 000 € dans la création complète du lieu.
Depuis l’entrée, le client découvre les produits, est invité à les goûter en toute simplicité. Ensuite, il peut faire ses courses, s’asseoir et déguster une assiette accompagnée d’un choix de vins entre 15 et 100 € la bouteille ou un café italien très serré, tout comme il peut se faire confectionner un plat à emporter. La livraison devrait être opérationnelle assez rapidement. Pour l’instant, l’affaire compte 8 salariés (2 chefs, 2 vendeurs, 2 serveurs et 2 plongeurs).
Le restaurant est aussi privatisable. Des prestations telles des cours de cuisine et des cocktails dînatoires sont déjà vendues. Pour un repas (entrée, plat, dessert, café, un verre de vin), le ticket moyen atteint 25 €. Une formule (entrée, plat, dessert) est proposée à 16 € au déjeuner, 18 € le soir. “Le client est libre. S’il veut choisir, côté boutique, ce qu’il a envie de déguster, on facture au poids comme s’il emportait les produits. Nous voulons que ce soit simple, surtout pas sophistiqué.”
Aujourd’hui, le restaurant compte 30 places assises. 20 places supplémentaires viendront s’y ajouter aux beaux jours sur le trottoir. De l’autre côté de la rue, sur le mur de l’immeuble, les deux hommes ont l’intention de projeter des films choisis dans l’âge d’or du cinéma italien version Cinecitta, en VO bien sûr.
Chef de cuisine au Trianon Palace, chef d’entreprise à Bastille, créateur de concepts (lire ci-dessous), Simone Zanoni vit à 100 à l’heure et multiplie les projets. Et au milieu de toutes ses activités, dans quelques jours, il deviendra père.